Grand Prix de l'Age d'Or 2004

Pour cette ultime édition organisée sur le circuit de Montlhéry, les amoureux de mécaniques anciennes étaient venus nombreux pour voir évoluer une dernière fois les voitures sur ce monument historique de l'automobile.

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AUSTIN HEALEY 100 S

Gilles Bonnafous le 19/06/2004

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Premier projet indépendant de la Donald Healey Motor Company après son alliance avec la BMC, la 100S naît en 1954. Si elle a pour origine les Healey 100 qui ont pris part aux 24 Heures du Mans de 1953, elle doit son nom à l’une des voitures préparées en vue de la saison 1954 et qui a pris la troisième place aux 12 Heures de Sebring, une performance au retentissement commercial important (S pour Sebring). La 100S est dévoilée en tant que modèle de production au salon de Londres de 1954. Les cinq voitures de course d’usine construites, comme les cinquante exemplaires produits qui dérivent de ces dernières, ont été réalisées chez Healey à Warwick — du reste, les plaques constructeur des châssis ne portent que le nom Healey.
AUSTIN HEALEY
Motorlegend.com
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La 100S s’avère très différente des Healey 100/4. Destinée aux clients sportifs, elle développe 132 ch grâce à une culasse préparée chez Weslake, sur laquelle l’admission et l’échappement sont implantés sur le même côté (contrairement aux 100/4) et à des carburateurs SU de plus gros diamètre. Côté transmission, la boîte de vitesses est dépourvue d’overdrive et la voiture reçoit normalement un long pont (2,92 à 1) de manière à favoriser la vitesse de pointe — toutefois, la 100S peut recevoir d’autres rapports (2,69, 3,66 et 4,12). Les voitures d’usine ont souvent utilisé une boîte de vitesses David Brown (Aston Martin) à quatre rapports (ainsi que des roues Dunlop en magnésium).

Dotée de quatre freins à disque Dunlop, la 100S dépasse les 210 km/h. Réalisée en aluminium chez Jensen, sa carrosserie, qui ne pèse que 750 kilos, est reconnaissable à sa calandre de forme ovale, la première à abandonner la traditionnelle grille Healey en cerf-volant. Elle est également dépourvue de capote et de vitres latérales. Quant au pare-brise, il cède la place à un saute-vent en plexiglas. La contenance du réservoir de carburant est de 110 litres et la voiture est dotée de deux pompes électriques SU, l’une positionnée en haut, l’autre plus bas.
AUSTIN HEALEY
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Des cinquante 100S « replicas », il ne reste aujourd’hui que 37 exemplaires répertoriés. Celle au volant de laquelle Marco Trevisan, un Suisse originaire du Tessin, est venu à Montlhéry, porte le numéro de châssis AHS 3602. La voiture a été importée en France par AFIVA et livrée à Paris en février 1955 à François de Vries. Inscrite aux 24 Heures du Mans de la même année, elle dut être retirée quand Donald Healey décida d’envoyer deux voitures d’usine (dont l’une sera impliquée dans la tragédie).
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La passion Healey, Marco Trevisan l’a contractée en 1967, quand il a restauré sa première voiture, une 3000 Mk I BT7. Il la possède toujours (elle a parcouru depuis environ 300 000 kilomètres) et l’a passée à ses enfants. Aujourd’hui, sa collection ne comporte pas moins de quatre Austin Healey, dont l’une se trouve au Canada (où il a vécu dix ans) avec laquelle il participe à des rallyes américains.

C’est en 1994 que Marco Trevisan a acquis sa 100S à un garagiste de Belfort, qui l’avait proposée dans un magazine sous la forme d’une petite annonce. Le professionnel la possédait depuis 1962, quand un client lui avait laissée, moteur cassé. Le garagiste avait entrepris de la restaurer sans jamais la terminer. La voiture était en pièces détachées.
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Marco Trevisan a restauré lui-même la mécanique, un chantier de trois ans. Quant à la carrosserie, en aluminium, elle a été confiée à un spécialiste anglais, qui a passé trois mois chez lui à lui redonner son état originel. Pour mener à bien son projet, Marco Trevisan s’est beaucoup documenté. Voyageant fréquemment pour les besoins de sa profession, il a photographié des 100S en Australie et aux Etats-Unis. Aujourd’hui, il connaît sa voiture par cœur.
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Il a également répertorié les 100S à travers le monde. Cinq se trouvent en Suisse (c’est lui qui a inoculé le virus aux Helvètes !), une en France, qui a été restaurée en Angleterre — outre la sienne, une seconde voiture fut importée à l’époque dans notre pays, elle fut vendue ensuite en Australie avant de se retrouver aujourd’hui en Angleterre. Les autres 100S sont ainsi réparties : une quinzaine en Amérique, sept en Grande-Bretagne, quelques-unes en Australie et une en Suède.

Depuis que sa restauration a atteint son terme en 1997, la 100S de Marco Trevisan a parcouru 40 000 kilomètres. A son volant, ce dernier participe à de nombreux rallyes, dont les Mille Milles à quatre reprises. Il lui arrive même de la prendre pour aller travailler. C’était la première fois qu’il venait à Montlhéry et il ne le regrette pas…
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