Tour Auto 2005

Pour la première fois depuis la réédition du Tour, les 240 concurrents sont partis de l’Esplanade des Invalides, où était installé la veille le parc fermé.

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LANCIA Aurelia B 20

Gilles Bonnafous le 26/04/2005

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La Banque Pictet fête cette année son bicentenaire. Quel rapport avec l’automobile ? Chose suffisamment rare pour être soulignée, c’est au sein de la banque genevoise qu’est née, au début du XXe siècle, l’une des marques automobiles suisses, Pic-Pic — pour Piccard et Pictet. Car la Confédération helvétique a donné naissance à un nombre respectable de firmes, qui ont produit voitures et camions tout au long du siècle. Si quelques-unes sont renommées comme Saurer ou Monteverdi, la plupart sont méconnues.

La banque Pictet s’attache à perpétuer la tradition automobile de l’établissement. Sponsor du Tour Auto, elle présentait dans le parc fermé une splendide Pic-Pic R2 de 1920 au quatre cylindres sans soupapes, dont le gabarit impressionnant et la majestueuse calandre ne sont pas passés inaperçus sur l’Esplanade des Invalides. Elle a également engagé deux voitures, une MGA et une Lancia B 20.
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La B 20 est la propriété de Claude Demole, l’un des associés de la banque. Passionné de Lancia, ce dernier a réalisé un rêve de jeunesse quand il l’a acquise en 2004. Il s’agit d’une troisième série de 1953, qui a participé à l’époque aux épreuves les plus importantes : Mille Milles en 1954, Targa Florio en 1955 et Coupe des Alpes la même année. Au cours de son histoire, la voiture est passée entre les mains de trois amateurs italiens, dont le dernier, un résident de Monaco, l’a fait restaurer il y a quelques années.

Lancé au salon de Turin de 1951, le coupé B 20 est exemplaire de la tradition Lancia. Son design magnifique apparaît comme le reflet esthétique de sa technique sophistiquée. Créée par Ghia, la carrosserie originale de la B 20 a été reprise par Pinin Farina, qui lui a donné son allure définitive et en a fait un grand classique du design italien.
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G. Bonnafous
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Première berline au monde à recevoir un moteur V6 en 1950, la berline Aurelia a offert à la B 20 cette mécanique, dont l’angle peu ouvert (60°) permet d’obtenir un ensemble très compact. Au cours de ses sept années de vie, la B 20 connaîtra six séries successives. Le moteur de la première série diffère peu de celui de la berline dans sa version de deux litres. Outre un look plus agressif et une puissance portée à 80 ch, la deuxième série bénéficie d’une tenue de route améliorée.

Baptisée B 20 - 2500 GT, la troisième série reçoit en 1953 la nouvelle version du V6, dont la cylindrée a été portée à 2,5 litres. La puissance passe alors à 118 ch, ce qui permet à la voiture d’atteindre la vitesse de 185 km/h. La B 20 de Claude Demole bénéficie d’une préparation Nardi, dont la pipe d’admission portant le nom du spécialiste italien est visible sous le capot. Elle reçoit également deux carburateurs Weber double corps de quarante millimètres. Avec une puissance de l’ordre de 140 ch, la voiture frise les 200 km/h.
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Le moteur ne constitue pas le seul intérêt technique de la B 20. La voiture est équipée d’une boite-pont, une innovation due au grand ingénieur Vittorio Jano. Dans cette formule, la boîte de vitesses à quatre rapports est accolée au pont arrière dans le but d’offrir une meilleure répartition des masses.

Voiture anti-frime par excellence, la B 20 appartient à cette race d’automobiles qui dédaignent les effets tapageurs et se distinguent par leur raffinement. Cet esprit exigeant allié à une grande qualité de fabrication fit de la B 20 une pionnière du concept moderne de GT.
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