Tour Auto 2005

Pour la première fois depuis la réédition du Tour, les 240 concurrents sont partis de l’Esplanade des Invalides, où était installé la veille le parc fermé.

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ALPINE A110 1800 Gr IV

Gilles Bonnafous le 27/04/2005

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A l’instar de la 1800 Groupe IV de Francis Mercier pilotée par Jean Ragnotti et des berlinettes du Comas Racing d’Eric Comas, l’A110 1800 Groupe IV de Jean-Pierre Prévost fait partie de l’important aréopage d’Alpine rassemblées autour de Renault Histoire et Collection. Le département dédié au patrimoine Renault, aux destinées desquelles préside Christian Schmaltz, leur apporte son soutien financier et logistique. Jean-Pierre Prévost fait équipe avec Alain Serpaggi, le célèbre pilote Alpine, qui sera aux commandes.
Alain Serpaggi et Jean-Pierre Prévost
Alain Serpaggi et Jean-Pierre Prévost G. Bonnafous
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La berlinette de Jean-Pierre Prévost est remarquable à plus d’un titre. En premier lieu, il s’agit d’une voiture unique construite par Alpine pour participer au Tour de France Automobile de 1975 et motorisée par le 1800 cm3 double arbre seize soupapes — elle porte le numéro de châssis 20503. Mais suite à un problème lié aux pneumatiques (une affaire entre Michelin et Firestone), Renault n’a pu l’engager. Il fallait en effet changer les gommes et, par conséquent, reprendre les réglages, ce que le temps disponible ne permettait pas de réaliser.

En 1976, la berlinette est confiée à Bruno Saby, qui mène à son volant la Ronde Limousine avant d’être victime d’une crevaison — les pneus, une vraie fatalité ! Il terminera troisième. Vendue à Hervé Poulain, la voiture participera à plusieurs épreuves, dont le Rallye de Touraine. Le commissaire-priseur le plus rapide de France la cède au début des années 80 à Benny Raepers, le célèbre préparateur belge d’Alpine. Ce dernier continue de l’aligner en course, obtenant d’excellents résultats notamment sur les circuits de Zolder et de Spa. Après quoi, l’Alpine s’endormira au fond du garage de Benny, où elle sera remisée à partir de 1988.
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G. Bonnafous
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C’est en 2000 que l’Alpiniste passionné qu’est Jean-Pierre Prévost (à vingt ans, il possédait déjà une 1600 S) sort la berlinette de sa léthargie quand il la découvre chez Benny Raepers. Fasciné par la voiture, sa conception, son look très particulier et enthousiasmé par son état, il l’acquiert et la ramène en France.
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G. Bonnafous
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Outre le caractère unique de cette Alpine, il convient de souligner qu’à travers le temps et les diverses compétitions auxquelles elle a pris part, ses propriétaires successifs l’ont conservée dans sa configuration d’origine. Tout se trouve en l’état où l’A110 est sortie des ateliers Alpine.
La carrosserie (portes, ailes, roues de 13 pouces avec les jantes montées sur les prototypes, etc.), l’habitacle avec son arceau et ses sièges, rien n’a été modifié. Et surtout pas la partie arrière allongée et l’ouverture totale de son capot moteur en forme de hayon, ainsi dessinés pour loger le moteur sensiblement plus haut en raison de sa culasse double arbre. De plus, la voiture n’a jamais été accidentée.

Carrossier de métier installé à Chalain, dans l’Ain, Jean-Pierre Prévost a lui-même conduit la restauration. Une intervention assez légère, la voiture ayant très peu souffert au cours de sa carrière. Il l’a naturellement repeinte dans le jaune 356, la couleur Renault d’époque.

Le 1800 cm3 seize soupapes a été ouvert et remonté avec les pièces d’origine. Sans ajout de composants modernes tels que les bielles en titane par exemple. Les deux carburateurs Weber double corps de 45 millimètres ont été conservés (il aurait été possible d’installer une injection), tout comme l’allumage traditionnel. Ce travail a été confié à Arthur Bozian, qui préparait à l’époque les moteurs pour Alpine et connaît particulièrement bien le seize soupapes. Le bloc développe près de 200 ch, ce qui, avec les 720 kilos de la voiture, représente un respectable rapport poids-puissance.
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G. Bonnafous
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Les trains roulants ont également été révisés, ainsi que la boîte de vitesses, où un dysfonctionnement des synchros a été réparé. Quant aux freins, ils ont conservé leurs flexibles et leurs disques d’origine, non ventilés, qui sont ceux de la R16.

Jean-Pierre Prévost ne tarit pas d’éloges sur le comportement routier « fabuleux » de sa berlinette, en particulier grâce à son train arrière de compétition monté à l’époque sur les Sports-prototypes et les monoplaces. Le Tour Auto 2005 constitue la première sortie de l’Alpine depuis sa renaissance. Moment d’émotion donc, teintée d’une petite incertitude quant à la fiabilité du 1800 cm3 seize soupapes sur une épreuve longue, ce type de moteur n’ayant que très peu roulé en rallyes… Croisons les doigts !
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G. Bonnafous
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