Essai AUDI RSQ3

Loïc Bailliard le 07/12/2013

Avant la nouvelle RS3 l'année prochaine, Audi s'offre un petit plaisir et dévergonde son petit SUV avec le RSQ3. Mais mérite-t-il ce fameux label RS ?

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Plus S que RS

L'année 2013 fut prolifique pour Quattro GmbH. Le préparateur officiel d'Audi en charge de la R8 et des modèles RS a en effet dévoilé nombre de nouveautés durant ces 12 derniers mois, dont un duo RS6/RS7 hautement explosif et une R8 V10 Plus particulièrement séduisante. Pour boucler cette année, les décideurs de la marque ont cependant choisi de faire faire des heures sup' aux ingénieurs en leur demandant de concrétiser le concept de Q3 2.5 TFSI sous l'appellation Audi RSQ3. Un choix de patronyme logique, puisqu'il reprend le moteur des RS3 et TT RS. Mais un choix également risqué, puisque ces deux lettres désignent désormais dans l'imaginaire collectif les Audi les plus radicales qui soient. En étant apposé sur un SUV, le blason s'accole donc à un engin par essence plus vaniteux que radical. Alors, mérite-il son RS, cet Audi Q3 ?

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Sportivité contenue

C'est sous un soleil éclatant que nous découvrons quelques exemplaires de l'Audi RSQ3, alignés sur le parking de l'aéroport de Marrakech. Et le premier contact révèle une des caractéristiques de ce petit RS : son look se montre adaptable. D'un côté, nous avons un exemplaire rouge flamboyant, équipé de grosses jantes de 20 pouces et profitant du pack chrome dont l'effet le plus visible reste le logo « quattro » chromé sur le bouclier avant. Dans cette configuration, le RSQ3 apparaît bien campé sur la route et déborde d'agressivité.

Toujours très sérieux

Une fois la porte ouverte, le premier contact visuel avec l'habitacle de l'Audi RSQ3 laisse présager du meilleur. On découvre en effet une paire de baquets accueillants, mis en valeur par un beau cuir clair. Malheureusement, ce côté plaisant se ternit légèrement une fois qu'on a pris place à bord. Comme d'habitude chez Audi, la présentation s'avère en effet d'excellente qualité, mais l'ensemble manque de panache. Très studieuse, l'ambiance ne parvient pas à donner le sentiment que l'on se trouve à bord d'un engin d'exception.

Un dernier tour de piste

Ce bloc, c'est un 5 cylindres 2,5 litres TFSI. Déjà largement étrenné dans les RS3 et TT RS, il tire ici sa révérence. Car la prochaine RS3 aura bien un 5 cylindres, mais pas celui-ci. Dans l'Audi RS Q3, il a été travaillé et emploie ainsi des éléments en magnésium, dérivés de la compétition. Pour autant, il se montre moins puissant ici que dans la RS3 ou le TT RS. Quand cette dernière revendique 360 ch dans sa version « Plus », le RSQ3 doit se contenter de 310 ch délivrés à 5 200 tr/min et de 420 Nm de couple disponibles entre 1 500 et 5 200 tr/min. Des valeurs qui restent malgré tout très respectables (le 0 à 100 km/h est d'ailleurs annoncé en 5,2 secondes) et qui, surtout, ne peuvent retransmettre les véritables atouts de ce moteur, notamment la partie auditive.

Routière

Mais avant de pousser le RSQ3 dans ses retranchements, il nous faut quitter Marrakech et rejoindre Ouarzazate. Les premiers kilomètres permettent ainsi d'apprécier la compacité du SUV, facile à manœuvrer dans la circulation chaotique de la capitale marocaine. Puis on rejoint des nationales et le Q3 s'ébroue un peu plus librement. En mode automatique, la boîte demande à ce qu'on anticipe un peu pour les dépassements, ne rétrogradant pas toujours aussi instantanément qu'on le souhaiterait. Mais sur ce genre de tracés, l'Audi RSQ3 se montre à l'aise, plutôt confortable vu son positionnement ultra sportif et l'état de dégradation avancé de certaines routes, assez silencieux et généralement agréable à vivre. Pour avoir traversé l'Europe en RS3 lors de son lancement, je peux confirmer que les petites RS font d'excellentes GT et cet aspect s'est encore amélioré sur le Q3.

Du sport

Puis enfin l'horizon se remplit des premiers reliefs de l'Atlas et l'on entame l'ascension du col de Tichka par où passe la plus haute route du Maroc (2 260 mètres). A flanc de falaise, on ouvre les fenêtres et le toit ouvrant pour profiter enfin du meilleur atout du RSQ3 : sa sonorité. Un peu trop discrète depuis l'habitacle, elle résonne enfin sur les parois et on apprécie les feulements et aboiements caractéristiques du 5 cylindres turbo.

À retenir

quoteFacile, sûr, efficace, sportif mais sobre, superbement fini… L'Audi RSQ3 apparaît objectivement comme bourré de qualités. Mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il lui manque un petit quelque chose en plus, qui ferait de lui un véritable RS. Dans l'état, il s'agirait d'un fabuleux SQ3. Mais il réclamerait un brin de sauvagerie supplémentaire, un peu de puissance en plus ou des détails vraiment déjantés pour achever de nous convaincre. D'autant qu'à 61 400 €, il facture cher son badge. Mais il compense ces défauts par une véritable exclusivité : seuls 90 exemplaires seront alloués à la France chaque année.
points fortsStyle finement dosé, qualité de l'habitacle, moteur mythique, précision du châssis, exclusivité, compromis confort/maintien, polyvalence
points faiblesManque de férocité, habitacle un peu trop classique, boîte parfois lente, tarif élevé, consommation
15.7

20
Les chiffres
Prix 2013 : 61400 €
Puissance : 310 ch
0 à 100km/h : 5.2s
Conso mixte : 8.8 l/100 km
Emission de CO2 : 206 g/km
Notre avis
Note de coeur : 16/20
Agrément de conduite : 15/20
Sécurité active et passive : 20/20
Confort et vie à bord : 16/20
Budget : 11/20

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