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Acheter une FERRARI 328 GTB/GTS (1985-1989)

Stéphane Schlesinger le 19/10/2018

Ferrari, c'est l'excès, jusque dans les fluctuations de cotes ! Habituellement, nous évoquons des modèles dont ladite cote devrait connaître une hausse, ou poursuivre une ascension synonyme de plus-value. Avec la Ferrari 328, nous dérogeons partiellement à ce principe.

Valeur à suivre

FERRARI 328 GTB/GTS (1985-1989)

Ferrari, c'est l'excès, jusque dans les fluctuations de cotes ! Habituellement, nous évoquons des modèles dont ladite cote devrait connaître une hausse, ou poursuivre une ascension synonyme de plus-value. Avec la Ferrari 328, nous dérogeons partiellement à ce principe.

En effet, cette sportive a vu sa valeur littéralement s'envoler en quelques années, passant de 35 000 € en 2008 à parfois plus de 120 000 € en 2016. Une augmentation excessive vu le nombre d'exemplaires produits (environ 7 500), synonyme d'abondance sur le marché, y compris en très bel état. Du coup, le soufflé retombe de façon tout aussi irraisonnée, puisque à l'heure actuelle, on trouve parfois ce modèle à moins de 60 000 €. Seulement, on peut tout à fait penser que la 328 a atteint un plancher sous lequel elle ne devrait plus redescendre. Il est même fort possible que les plus beaux exemplaires connaissent un nouvel envol. Car cette voiture représente l'aboutissement de l'excellente série initiée par la 308 GTB en 1975.

Vendue l'équivalent de 77 000 €, elle succédait tardivement à la Dino 246 GT en entrée de gamme, et son V8 3,0 l développait 255 ch à son lancement - avec des réglages au top, ce qui est rare. Magnifiquement dessinée par Leonardo Fioravanti chez Pininfarina, elle a tout de même été conçue dans l'urgence, face à la relative mévente de la 308 GT4. Du coup, pour gagner du temps, on a décidé de fabriquer sa carrosserie en polyester, ce matériau très léger étant alors suffisamment bien maîtrisé pour obtenir une finition impeccable. Belle, performante et nantie de grandes qualités dynamiques, la 308 GTB a ravi les observateurs les plus blasés. Seulement, en 1977, sa robe légère passait à l'acier, plus lourd d'une centaine de kilos, et le pire restait encore à venir. En 1980, sa cavalerie chute à 214 ch (et même 208 ch aux États-Unis), quand elle doit, pour satisfaire aux normes de pollution américaines, se doter d'une injection (versions GTBi/GTSi). Elle perd au passage le carter sec y compris en Europe et gagne de très chers pneus Michelin TRX.

De remarquables, ses performances deviennent banales. La Porsche 911 SC devient alors une très dangereuse concurrente, aussi véloce mais plus fiable et bien moins chère : 173 212 F contre 216 000 F en 1981 (soit respectivement 65 000 € et 81 000 € actuels). Il fallait réagir et, dès la fin 1982, la 308 gagne des culasses à 4 soupapes par cylindre ainsi qu'une appellation Quattrovalvole, lui ramenant une cavalerie à même de fournir quelques frissons : 240 ch, même si les chronos de la première version ne sont pas retrouvés.

Le miracle intervient en 1985. Largement refondue, la 308 devint 328 en troquant son V8 3,0 l contre un 3,2 l à 32 soupapes développant 270 ch, procurant des performances encore en hausse, le maxi se situant à 263 km/h contre 250. Évidemment, à 400 000 F (104 000 € actuels), son prix s'envole (+ 38 000 F), mais elle compense en actualisant son look avec des boucliers enveloppants et un museau inspiré de celui de la Testarossa, ainsi qu'un cockpit bien mieux fini. Un ABS est même disponible à partir de 1988. Surtout, sa qualité de fabrication progresse nettement ainsi que la durée de vie de son nouvel échappement en Inox. La 328 est donc la meilleure de la série, par sa motorisation et sa qualité générale.

Apparue en 1977, la version découvrable GTS, popularisée par Magnum, représentera vite une part importante des ventes, les deux tiers dans le cas de la 328 qui a connu un franc succès, avant d'être remplacée, fin 1989 par la discutable 348 tb.

Le marché privilégie toujours la rareté, donc dans le cas des séries largement fabriquées, il est recommandé de porter son choix sur des exemplaires faiblement kilométrées et matching numbers. Ainsi, une belle 328 GTS à l'historique limpide et à moins de 20 000 km pour 80 000 € semble un placement intéressant. Bien que plus rare, la GTB est moins chère car moins demandée, mais il n'en demeure pas moins que la 328 concilie avec un bonheur rare beauté classique, performances modernes et régularité de fonctionnement. L'orage financier touchant à sa fin, le marché devrait revaloriser ce modèle Ferrari dans ses différentes versions.

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