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Acheter une CITROEN CX GTI/Prestige Turbo (1984 - 1989)

Stéphane Schlesinger le 19/10/2018

Nul n'est prophète en son pays. La Citroën CX en est une excellente démonstration, cette berline extraordinaire étant souvent plus appréciée à l'étranger qu'en France.

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CITROEN CX GTI/Prestige Turbo (1984 - 1989)

Nul n'est prophète en son pays. La Citroën CX en est une excellente démonstration, cette berline extraordinaire étant souvent plus appréciée à l'étranger qu'en France. Chez nous, elle a du mal à se départir de son image de voiture de papy, alors qu'en Allemagne, par exemple, sa technologie a été très appréciée. Toujours est-il que lors de sa sortie, en 1974, la CX déçoit quelque peu les citroëniste, qui lui reprochent de ne pas être aussi révolutionnaire que sa devancière DS en 1955. De plus, elle rappelle nettement la plus petite GS, apparue en 1970. Ces deux-là s'inspirent ouvertement des concepts Pininfarina Aerodinamica sur base BMC 1800 et 1100 exposés en 1967 et 1968, même si Robert Opron, patron du design Citroën, s'en défend. Heureusement, la CX plane très au-dessus de ses concurrentes, et pas uniquement grâce à sa fameuse suspension hydropneumatique.
Sous sa carrosserie aérodynamique (Cx de 0,37, quand les rivales étaient bien au-delà de 0,45), elle cache une structure très originale, composée d'une caisse posée via des silentblocs sur un cadre accueillant la mécanique (en position transversale avant) ainsi que les trains roulants. Ces derniers sont d'un raffinement unique à l'époque, se composant à l'avant de bras superposés dotés d'épures anticabrage et antiplongée ainsi que de pivots dans l'axe. N'oublions pas la fameuse direction assistée à rappel asservi Diravi. A l'arrière, on trouve des bras tirés indépendants, le tout se fixant sur des berceaux. De surcroît, la CX s'avère rigoureusement étudiée pour protéger ses passagers contre les chocs, depuis sa structure jusqu'au tableau de bord aux formes douces, dont par ailleurs l'ergonomie se veut soignée (avec la curieuse lunule et ses satellites de commandes).

Dès sa sortie, elle subjugue les spécialistes par ses qualités routières hors normes tous temps et par son confort. Aussi est-elle élue voiture de l'année 1975, malgré une finition risible et des moteurs manquant de puissance : version de haut de gamme, la 2200 (112 ch) reste loin des 130 ch de la DS 23ie. Ce qui ne l'empêche pas de regorger de caractère : une vraie Citroën, et la dernière qui plus est ! En effet, Peugeot vient de prendre le contrôle du Double Chevron, dont les créations suivantes partageront énormément d'éléments avec les productions du Lion. En tout cas, la CX connaît un grand succès commercial. Dès 1975, une version de luxe Prestige apparaît, rallongée (+ 25 cm), qui voit son pavillon rehaussé deux ans après. Le président Giscard d'Estaing se serait plaint du manque de garde au toit arrière... Car la CX devient vite une habituée des préfectures et ministères, Jacques Chirac comptant parmi ses illustres utilisateurs. Rapidement, la puissance évolue : moteur 2.4 de 115 ch en 1976, injection avec la GTI en 1977 (128 ch), cylindrée portée à 2,5 l en 1983 (138 ch), puis en 1984, l'apothéose commence. Loin d'être dépassée malgré ses 10 ans, la grande Citroën reçoit sous son capot un turbo, alors très à la mode. Avec 168 ch, elle pointe à 220 km/h et tient la dragée haute à des concurrentes nommées BMW 528i, Mercedes 280 E, Audi 200 Turbo, ou Renault 25 V6 Turbo, qu'elle domine encore et toujours par son comportement routier. A l'heure actuelle, aucune française ne peut ne serait-ce qu'approcher les fleurons allemands.

Comme les temps ont changé ! Et l'arrivée de l'ABS en 1985 (elle est la première française à le recevoir) renforce la supériorité de la CX. Restylée en juillet de cette année, elle adopte un échangeur en 1986, qui abaisse sa consommation (GTI Turbo 2), tandis qu'avec la nouvelle carrosserie, la Prestige adopte elle aussi la suralimentation, devenant la Citroën la plus chère (182 000 F, soit 48 600 € actuels). En 1989, la CX est remplacée par la XM. La GTI Turbo a été produite à 12 192 exemplaires, la Prestige Turbo à seulement 1 190 unités. Ces autos demeurent de redoutables autoroutières, sûres, performantes et confortables, surtout la Prestige. De surcroît, leur mécanique se montre d'une robustesse étonnante. Ces pures Citroën profitent ainsi d'une cote en hausse, dans la foulée des illustres DS et SM. Avis aux amateurs de grandes berlines françaises...

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