Acheter une BMW 335i (E90) (2006 - 2011)

Stéphane Schlesinger le 16/02/2022

Dotée du premier 6-cylindres essence suralimenté depuis le bloc de la 745i, la 335i propose des performances stupéfiantes à un tarif désormais très accessible...

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Surpuissance accessible

BMW 335i (E90) (2006 - 2011)

Si les Série 3 E36 et E46 se déclinent en des modèles performants, aucun n'approche les performances de leurs versions M. Il en va différemment pour la génération E90, présentée en 2004. Dessinée par Joji Nagashima, également auteur de l'E39 sous la houlette du brillant (autant que controversé) Chris Bangle, elle apparaît très moderne mais ne prend aucun risque stylistique. Et sa déclinaison coupé (E92) se prévaut même d'une élégance classique. Dès 2006, elle accueille un très intéressant 6-cylindres N54. Il ne dérive pas du N53 monté dans la 130i, mais bien de l'ancien M54 apparu en 2000, de sorte qu'il se compose d'alliage d'aluminium, sans trace de magnésium. Il se passe aussi du Valvetronic (levée variable des soupapes), mais compense par une injection directe, et grâce à deux petits turbos Mitsubishi, soufflant chacun à basse pression (0,6 bar) dans 3 cylindres, il développe 306 ch pour un couple plantureux de 400 Nm disponible au régime incroyablement bas de 1 300 tr/mn. La M3, apparue en 2007, ne revendique pas une meilleure valeur, et encore la place-t-elle bien plus haut (3 900 tr/min), de sorte que la 335i n'est qu'à peine moins véloce en usage réel. Le N54 a même reçu 5 fois le titre de Moteur de l'année. Alors, évidemment, la 335 ne profite pas de la préparation châssis de la M3 et se passe de différentiel à glissement limité, restant donc en retrait aussi bien en efficacité qu'en confort de roulement, mais elle ne démérite pas. Surtout, elle se contente de 9,5 l/100 km en mixte, qui, suralimentation oblige, peut augmenter de façon exponentielle en usage sportif. Excellent, ce moteur évoluera en N55 dès 2009. Un turbo à double entrée remplace les deux turbines japonaises, tandis qu'un Valvetronic est installé, des injecteurs à solénoïde remplaçant les anciens piézoélectriques, plus chers. Globalement, ce bloc se montre surtout plus sobre, sa puissance et son couple n'évoluant pas, à ceci près que ce dernier est obtenu 100 tr/mn plus bas. Si la boîte 6 manuelle demeure, l'automatique optionnelle n'est plus à convertisseur mais à double embrayage DKG (7 rapports contre 6) sur les coupés et cabriolets à propulsion depuis 2008.

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Au volant

Face à l'E46, exceptionnelle, notre E90 manuelle de 2007 n'offre pas tout à fait une finition aussi léchée, ni un tableau de bord aussi élégant. Néanmoins, l'ergonomie est impeccable, et le siège conducteur, pour peu qu'il bénéficie de l'indispensable option Sport (longueur d'assise réglable), présente un confort quasi parfait. En usage courant, l'auto est très agréable, silencieuse, souple et douce. Mais quand on met pied dedans, le moteur catapulte la 335i avec une vigueur étonnante dès les plus bas régimes, connaissant un regain de punch vers 4 000 tr/mn, le rupteur n'intervenant qu'à 7 000 tr/mn, un chiffre très élevé pour un suralimenté. Quel plaisir ! En comparaison, une M3 V8 ne semble prendre le large qu'après 100 km/h.
Seulement, si saine soit-elle, la 335i n'offre pas le même amortissement, sans parler de la précision. Elle demeure une berline sportive, homogène et équilibrée, mais laisse le circuit à la M3. Pas gênant du tout au quotidien, non plus que le léger manque d'endurance du freinage. Tout juste trouvera-t-on l'amortissement un peu sec sur les aspérités.

Avenir

Le N54 a connu quelques soucis de fiabilité, notamment du côté de la pompe haute pression et des injecteurs. Des rappels ont eu lieu : vérifiez que l'auto en a bénéficié ! Le reste est solide, si la voiture a été respectée. La fiabilité progresse en 2009, puis avec le N55. Vu la très grande variété de versions (berline, coupé, break cabriolet, 2 ou 4 roues motrices, boîte manuelle, automatique ou DKG), il est bien difficile d'établir une cote, d'autant plus qu'elle varie selon les finitions et les options. Les autos dotées du Pack M, du GPS, du cuir et du toit ouvrant partent plus facilement, alors que le type de carrosserie ou de boîte influe relativement peu. En réalité, plus que l'âge, c'est le kilométrage qui fait baisser la cote, les exemplaires de 80 000 km tournant autour de 20 000 € depuis quelques années déjà, les premiers prix se situant vers les 13 000 €.

3 points clés

- Moteur exceptionnel
- Châssis efficace
- Cote en baisse, en phase de stabilisation

Chronologie

- 2005 : Lancement de la Série 3 E90.
- 2006 : Apparition du coupé E92, du cabriolet E93, du break E91 et de la 335i.
- 2007 : Lancement de la M3.
- 2008 : Restylage de la berline. Les coupés et cabriolets reçoivent la boîte 7 DKG.
- 2009 : Le bloc N55 remplace le N54.
- 2010 : Restylage des coupé et cabriolet.
- 2013 : Fin de production.

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