Acheter une ALFA ROMEO 156 GTA (2001 - 2005)

Stéphane Schlesinger le 15/02/2022

Nantie du V6 Busso dans son évolution ultime, l'Alfa Romeo 156 GTA concilie efficacité, mélodie et vélocité. Et elle demeure abordable malgré sa rareté, mais plus pour longtemps.

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Diva musclée

ALFA ROMEO 156 GTA (2001 - 2005)

L'histoire d'Alfa se jonche de voitures miracles, et la 156 en est une. Apparue fin 1997, elle coche toutes les cases pour séduire les passionnés de la marque, malgré son châssis dérivant lointainement de celui de la Fiat Tipo. D'abord, sa robe signée Walter de Silva est de toute beauté ! Ensuite, elle bénéficie de liaisons au sol spécifiques et très soignées : double triangulation à l'avant et essieu multibras à l'arrière. Inaugurant la technologie du common rail, elle rencontre un grand succès, ce qui permet au constructeur de lui développer une version hors normes. Celle-ci apparaît fin 2001 au salon de Francfort, et reçoit l'ultime évolution du traditionnel V6 “Arese” (du nom de la ville où il était fabriqué) : un 3,2 l atmosphérique de 24 soupapes totalisant 250 ch. Cette 156 supersportive reprend une appellation historique chez le constructeur : GTA, pour “Gran Turismo Alleggerita”. Étrenné en 1965, ce badge désignait alors une Giulia Sprint GT allégée. Ce dernier qualificatif ne sied pas à la 156 GTA, qui dépasse les 1 400 kg, mais comment reprocher à Alfa de raviver ces trois lettres mythiques ? D'autant que côté châssis, la GTA ne démérite pas. L'assiette se voit abaissée de 20 mm tandis que les ressorts et amortisseurs durcissent, afin d'augmenter l'efficacité. En outre, la direction se fait plus rapide, les barres antiroulis s'épaississent et les freins se renforcent, adoptant des disques avant de 305 mm pincés par des étriers Brembo à quatre pistons. Cela dit, il n'y a ni transmission intégrale, ni amortissement piloté, ni même de différentiel à glissement limité, ces deux dernières solutions équipant pourtant la Delta II HF, établie sur une plateforme similaire. La 156 GTA compense par un antipatinage mais se passe d'ESP. Elle offre aussi en option la boîte séquentielle mono-embrayage Selespeed, alors très à la mode car rappelant ce qui se faisait en F1. Malgré un prix élevé (40 500 €, 51 300 € actuels selon l'Insee), la GTA séduit la presse et les puristes. Certains regretteront toutefois le kit carrosserie très voyant, qui trahit la finesse originelle de la 156. Malheureusement, cette sportive familiale n'évoluera pas, passant à côté du restylage dont bénéficient les 156 en 2003, et disparaîtra en 2005, après avoir été produite à 3 185 unités et berline et 1 668 en break. Des chiffres modestes qui font de l'Alfa 156 GTA un pur collector !

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Au volant de la 156 GTA

Dans l'habitacle, si les matériaux sont plutôt de bonne qualité, l'assemblage semble un peu lâche, comme en témoigne le couvercle d'airbag passager qui rebique. Heureusement, le siège à longueur d'assise réglable offre un maintien parfait et la position de conduite n'appelle pas la critique. Surtout, dès son réveil, le V6 fait oublier tout le reste. Quelle musique ! Et ce n'est que le début de la partition : ce bloc se révèle doux, onctueux, souple et rageur. À lui seul, il justifie l'achat de cette auto, par ailleurs très agréable par sa direction rapide, informative et précise, son excellente commande de boîte, ses freins puissants et son grip général. Certes, en conduite active, on relève pas mal d'effets de couple tandis que l'amortissement, très ferme, compromet le confort. Et la consommation tombe rarement sous les 12 l/100 km en roulant pépère. Mais ce ne sont que des peccadilles face au plaisir procuré !

Avenir

Hormis l'onéreux trio distribution/triangles avant/embrayage à renouveler vers les 80 000 km, la 156 GTA est une auto sans gros ennuis. L'entretien reste assez cher, surtout que les bougies sont peu accessibles. Quant à la cote, depuis notre dernier focus en 2018, elle remonte. À l'époque, un exemplaire de moins de 80 000 km réclamait 17 000 € : désormais ce sont 21 000 €. À 100 000 km, comptez actuellement 15 000 € minimum, alors que le plancher est remonté de 10 000 à 12 000 € pour des autos en bon état. Les versions manuelles sont plus demandées que les perfectibles Selespeed, sans que cela ne se traduise par un surcoût notable, car ce qui compte avant tout, ce sont l'état et le kilométrage.

Evolution

1997 : Lancement de l'Alfa 156 à l'automne.
2000 : Version break dite Sportwagon (SW) présentée à Genève.
2001 : Arrivée de la GTA au salon de Francfort, en berline et break SW.
2005 : Fin de commercialisation.

3 points clés

- Moteur fantastique
- Ligne charmeuse
- Cote en hausse

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