Acheter une ALPINA B7 S Turbo E12 (1981 - 1982)

Stéphane Schlesinger le 16/09/2020

Si la Jaguar Mk II a été la première sportive familiale, elle n'a pas eu de descendance. Heureusement, Alpina a concocté dans un esprit similaire l'incroyable B7 Turbo E12.

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Valeur à suivre

ALPINA B7 S Turbo E12 (1981 - 1982)

La préparation automobile, c'est sacré en Allemagne. Deux ans avant AMG, spécialisé dans les Mercedes, c'est Alpina qui est fondée, en 1965. Créée par Burkard Bovensiepen en Bavière, la firme se signale par la qualité de ses préparations de BMW, à tel point que le constructeur de Munich leur accorde sa garantie usine dès le début. Les résultats en compétition sont très bons, mais la crise du pétrole pousse Alpina à plutôt se concentrer sur les modèles de route. Très proche de BMW qui a dès 1973 joué les pionniers du turbocompresseur avec sa 2002 Turbo, Alpina, par le biais de Fritz Indra, son ingénieur en chef, plus tard débauché par Ferdinand Piëch pour travailler sur l'Audi Quattro, greffe sur le 6-cylindres d'une familiale Série 5 E12 une suralimentation KKK. Ainsi, quand cette bombe sort, en décembre 1978, elle devient la berline la plus rapide du monde grâce à ses 300 ch et son couple colossal de 463 Nm. Elle pointe en effet à 250 km/h ! Rigoureux, Indra a préparé le moteur aux petits oignons : nouveaux pistons pour abaisser le taux de compression, deux valeurs de pression du turbo : 0,6 bar pour l'usage courant (le moteur s'en tient alors à 250 ch) et 0,9 bar pour la conduite sportive, le pilote disposant alors des 300 ch. Allumage et injection sont spécifiquement développés, un échangeur air/air est monté, alors que le pont arrière bénéficie d'un refroidissement. La boîte est une Getrag à 5 rapports, à 1re inversée, initialement développée pour la 745i. Naturellement, les trains roulants sont adaptés tandis que l'habitacle bénéficie d'un traitement non pas sportif mais luxueux.

Fin 1981, alors que, profondément modifiée, la Série 5 E12 devient E28, Alpina lance sa B7 S Turbo, toujours sur base E12. Cette fois, la cylindrée passe à 3,5 l et la puissance à 330 ch ! Le couple culmine à 500 Nm, bagatelle. Songez tout de même que toute cette fureur mécanique transite sur la route via un train arrière de conception ancienne et dépourvu, bien sûr, de toute aide électronique. Pied droit très léger requis sur sol mouillé ! Quand il fait beau, et en Allemagne, on peut profiter de la belle homogénéité de cette superberline, de l'étonnante souplesse de son moteur, signe d'une adaptation sérieusement réalisée, et la pousser à quelque 260 km/h. Évidemment, on n'a rien sans rien, et ces autos coûtent fort cher : près de 220 000 F en 1981. Et 290 000 F pour le coupé Série 6 qui en dérive, celui qui a popularisé l'appellation B7 Turbo, alors qu'il est apparu après la Série 5. La production de l'Alpina E12 prend fin en 1982, mais le préparateur, qui accèdera au statut de constructeur en 1983, déclinera en B7 Turbo sa descendante E28. Au total, entre 1978 et 1982, ce sont 149 Série 5 qui reçoivent le turbo KKK par les bons soins d'Alpina, dont 60 B7 S.

Une B7 300 ch coûte au minimum 80 000 €, quand on en trouve une. Et c'est encore davantage pour la S, en raison de sa rareté : RM Sotheby's en a vendu une durant Rétromobile 2019 à 138 000 €, et en propose encore une cette année à Paris. Une valeur sûre dont la cote est en hausse.

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