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Acheter une ALFA ROMEO Giulietta/Giulia Spider (1955 - 1966)

Stéphane Schlesinger le 19/10/2018

Contrairement à ses rivaux d'avant-guerre français, Delahaye, Talbot, voire Bugatti, Alfa Romeo a su se réinventer intelligemment après le conflit mondial.

Valeur à suivre

ALFA ROMEO Giulietta/Giulia Spider (1955 - 1966)

Contrairement à ses rivaux d'avant-guerre français, Delahaye, Talbot, voire Bugatti, Alfa Romeo a su se réinventer intelligemment après le conflit mondial.

Dans une Italie exsangue, la vente des grosses 6C et 8C ne suffit plus pour financer les activités du Biscione en compétition. Une descente en gamme s'impose, qui donne lieu d'abord à la berline 1900 de 1950, très moderne avec sa carrosserie ponton et son moteur à double arbre à cames en tête. Financée grâce au plan Marshall, elle rencontre un succès inédit pour le constructeur, suffisant pour le mettre hors de danger. Aussi décide-t-on de lancer une auto encore plus petite destinée à des volumes bien supérieurs. Après avoir imaginé lui donner un tout petit moteur de 750 cm3, qui donne son nom au projet en 1952, on se décide pour une cylindrée de 1,3 l, afin de ne pas concurrencer frontalement la 1100 de la toute-puissante Fiat.

A la fin 1954, c'est un très joli coupé, dessiné par Felice Boano mais largement corrigé par Franco Scaglione pour le compte de Bertone, qui apparait : la Giulietta Sprint. Conçu par Giuseppe Busso, son moteur est un petit bijou. Réalisé tout en alliage léger, il conserve la distribution à double arbre de la 1900 et se dote d'un vilebrequin à cinq paliers, alors rarissime sur les quatre-cylindres. Fabriqué avec une infinie minutie, il se montre très agréable, performant (65 ch pour un 1300, c'était alors énorme) et très robuste. Ce moteur, peut-être alors le meilleur du monde dans sa catégorie, perdurera, moyennant de nombreuses mises à niveau, jusqu'au milieu des années 90, sans jamais être dépassé ! Sur la Giulietta, il s'accouple à une boîte 4 entièrement synchronisée, autre rareté à l'époque. Côté trains roulants, la petite Alfa reçoit à l'avant une double triangulation et à l'arrière un essieu rigide très bien guidé : du tout bon.

L'auto est une réussite totale, qui va se décliner en de multiples carrosseries, une quatre-portes en avril 1955 ainsi qu'en septembre une découvrable. Superbement dessinée par Pininfarina sur un empattement raccourci de treize centimètres, elle est l'incarnation parfaite de la Dolce Vita ! Dénommée Spider, elle doit pourtant son existence à Max Hoffmann, qui importe alors les européennes aux États-Unis : il s'est engagé à en vendre 600 avant même sa création. Codée 750 D, la Spider rencontre un vif succès, renforcé en 1956 par la version Veloce (type 750 F), forte de 80 ch. Il faut dire que sa beauté s'accompagne d'un vrai tempérament sportif, l'auto dépassant déjà 160 km/h. En outre, elle est plus moderne qu'une rivale anglaise comme la Triumph TR3, plus facile qu'une Porsche 356 et moins chère qu'une Mercedes 190 SL.

En 1959, la gamme Giulietta, remaniée, adopte un nouveau code : 101. La Spider (type 101.03) passe à 80 ch et la Veloce (type 101.07) à 90 ch, alors que l'empattement croît de cinq centimètres, une nouvelle capote et des déflecteurs de portière étant adoptés.

En 1961, la capote est à nouveau modifiée tandis que des feux agrandis sont installés, et, en 1962, la Giulietta tire sa révérence : 17 096 exemplaires de la découvrable, dont 2 796 Veloce ont été fabriquées. Alfa a réussi sa mue !

A la Giulietta succède la Giulia Spider, type 101.23. Une nouveauté ? Non ! C'est pratiquement la même voiture, à ceci près qu'elle adopte le nom, le moteur 1.6 de 92 ch et la boîte 5 de la nouvelle berline Giulia TI. Extérieurement, le Spider renouvelé se distingue de l'ancien par sa prise d'air de capot notamment. Fin 1963, la version Veloce revient (112 ch, et plus de 180 km/h en pointe), des freins avant à disque sont disponibles en option, puis, en 1966, l'adorable découvrable cède la place à la fameuse Duetto. Ainsi, 10 340 Giulia Spider ont été produites, dont 1 090 Veloce. Mission accomplie !

Belles, fiables et toujours agréables à conduire, les Giulietta/Giulia Spider profitent d'une cote en ascension continue, même si la hausse ralentit. Au sein des Giulietta, les types 750 sont globalement les plus recherchés, les versions Veloce, bien moins répandues, demandant au minimum 50 % de plus. Les Giulia, plus rares et puissantes, cotent très légèrement plus.
Alors que la valeur des Porsche 356 et Mercedes 190 SL tend à régresser, ces Alfa n'en revêtent que plus d'intérêt !

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