Salon du Cabriolet & du Coupé 2004

Compte rendu

Gilles Bonnafous le 03/04/2004

Nous avons rencontré le responsable Marketing de Maserati France. Il nous parle de la situation actuelle et des perspectives de la marque en France.

Importateur Maserati depuis 1998, Ch. Pozzi SA a été filialisé au début 2004. De plus, l'entreprise est responsable du pôle Europe de l'Ouest incluant, outre la France, le Benelux, l'Espagne et le Portugal. Désormais, cette entité centralise et harmonise les activités commerciales, marketing et communication. Nous avons rencontré Timothée Malachard, responsable Marketing de Maserati France, et lui avons demandé de nous parler de la situation actuelle et des perspectives de la marque au trident en France.

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Motorlegend : Pouvez-vous nous faire un rapide historique de l'importation des Maserati en France depuis le lancement de la 3200 GT ?

Timothée Malachard : Ch. Pozzi SA a repris l'importation des Maserati en 1998. Mis à part quelques Bi-turbo Ghibli en fin de carrière, notre activité a porté sur le coupé 3200 GT et GTA (boîte automatique à quatre rapports). La voiture avait reçu un excellent accueil au salon de Paris, où nous avions enregistré près de 50 commandes fermes. Au total, nous avons vendu 400 voitures jusqu'en 2001, dont la moitié en région parisienne. La 3200 GT était équipée d'un moteur Maserati, un V8 3,2 litres biturbo qui avait été retravaillé pour en accroître la qualité et la fiabilité. Le Spider 4200 lui a succédé en 2001 avec une nouvelle mécanique, un 4,2 litres atmosphérique conçu par Ferrari. Puis, ce fut le tour du coupé Cambiocorsa doté d'une boîte de vitesses mécanique à embrayage piloté. L'usine de Modène a été entièrement reconditionnée. C'est une unité d'assemblage, les moteurs étant fabriqués chez Ferrari. Quant aux carrosseries, elles sont construites à Turin avant d'être peintes chez Ferrari.

Motorlegend : La renaissance de Maserati est passée par le réseau Ferrari.

Timothée Malachard : Maserati est reparti de zéro en 1998. Pour redorer son blason, la marque a offert une garantie de trois ans avec kilométrage illimité et, en France, nous nous sommes basés sur le réseau Ferrari. Nous disposons de quatorze concessionnaires implantés à Paris et dans les principales villes de province. A l'exception de celui de Tours, ils ont tous le double panneau Ferrari et Maserati.

Motorlegend : Combien vendrez-vous de voitures en 2004 ?

Timothée Malachard : L'objectif est de 200 voitures avec nos trois modèles. Nous ne faisons pas la chasse aux volumes. Maserati et Ferrari pratiquent une politique d'exclusivité. La production totale annuelle de Ferrari-Maserati ne dépassera pas 10 000 voitures (6000 Maserati et 4000 Ferrari).

Motorlegend : La clientèle Maserati est une clientèle de conquête. Quelle est sa sociologie et quels modèles reprenez-vous ?

Timothée Malachard : La clientèle de la 4200 est beaucoup plus large que celle de la 3200, qui était une voiture pour passionnés de la marque. Le coupé 4200 étant une quatre places, de nombreux clients viennent de Porsche et Jaguar, moins bien pourvues en places arrière. Nous reprenons des 911, des XK 8 et XK R, des BMW Z4, des Mercedes SLK, mais aussi des Range Rover et des X5 — la clientèle est devenue volatile. Dans leur majorité, nos clients ont entre 45 ans et 55 ans et ils exercent des professions libérales ou sont chefs d'entreprise. Leur Maserati est souvent leur unique voiture et elle roule pratiquement tous les jours.

Motorlegend : Vos clients ne sont-ils pas à la recherche d'une voiture différente et peu vue ?

Timothée Malachard : Effectivement. Notre clientèle apprécie que les Maserati soient peu connues, surtout par rapport aux Porsche, aux Mercedes et aux BMW. Du reste, nos voitures ne sont ni volées, ni braquées. Nos clients cherchent également la discrétion. On peut arriver dans une cour d'usine avec une 4200, les gens ne savent pas ce que c'est. Tel n'est pas le cas pour une Ferrari… Les couleurs choisies tournent autour du gris, jamais de rouge ni de jaune.

Motorlegend : Grâce à ce positionnement, Ferrari et Maserati évitent le risque de cannibalisation de leurs gammes.

Timothée Malachard : Oui, le risque est limité. Maserati joue la complémentarité avec Ferrari. Les modèles au trident ont une image moins sportive et une ligne plus classique. Ce sont des voitures qui roulent tous les jours et qui privilégient le confort de suspension. Les bêtes de circuit, c'est pour Ferrari. Les prix des Maserati sont également plus abordables (entre 30% et 40% moins cher).

Motorlegend : Parlez-nous de la Quattroporte.

Timothée Malachard : C'est une vraie berline de luxe, concurrente de Jaguar et des Allemandes, mais aussi des 4 x 4 de très haut de gamme. Elle est moins sportive que la Quattroporte Evoluzione, mais elle se révèle un ton au-dessus en qualité de finition et en fiabilité. Elle est vendue avec un forfait comprenant l'entretien et les révisions pendant trois ans.

Motorlegend : Quels est votre objectif en volume ?

Timothée Malachard : Le marché français des berlines essence de haut de gamme est de 600 à 700 unités. Pour la Quattroporte, notre objectif de pénétration est de 10% à 15%, soit entre 60 et 80 voitures par an.

Motorlegend : Verra-t-on bientôt en concessions le SUV Kubang dessiné par Giugiaro et présenté en 2003 au salon de Detroit ?

Timothée Malachard : Sa mise en production n'est pas confirmée pour l'instant. Maserati a beaucoup de chantiers en cours. Outre la Quattroporte, nous travaillons sur l'évolution du coupé et du spider. A l'image de la Gran Sport qui sera disponible en juillet et qui offre une définition plus sportive du coupé. La voiture est allégée et surbaissée, les passages de vitesses sont plus rapides. Avec cette ambiance course, elle s'inscrit dans l'esprit de la série limitée Asseto Corsa de l'ancienne 3200 GT.

Motorlegend : La MC 12 sera-t-elle importée en France ?

Timothée Malachard : Il est trop tôt pour le dire. Pour l'instant, le chiffre de production est limité à 25 exemplaires. J'en profite pour vous indiquer que le Festival Ferrari-Maserati aura lieu le 10 octobre 2004 à Magny-Cours. Il comprendra une manche de la formule Tropheo en même temps qu'une manche Ferrari Modena. Ceci permet à nos clients de tourner sur les circuits.

Motorlegend : Il est question du retour du Trident aux 24 Heures du Mans. Qu'en est-il exactement ?

Timothée Malachard : Rien n'est encore décidé. Si Maserati va au Mans, ce sera pour gagner. Et cela représente un budget très important. Pour l'instant, Audi est très fort.

Motorlegend : La firme a commencé à reconstituer une collection des modèles Maserati du passé et vous pratiquez une louable politique patrimoniale.

Timothée Malachard : Le grand public connaît peu Maserati. Nous communiquons donc beaucoup sur l'histoire de la marque, qui fut plus prestigieuse que Ferrari à certaines époques, notamment quand Fangio courait sur la 250 F. Nous établissons un lien entre le passé et l'actualité sans pour autant tomber dans le culte du rétro. Par ailleurs, nous soutenons le Club Maserati France. Il sera présent avec nous au Vigeant, ainsi qu'au Mans Classic avec au moins cinquante voitures.

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