Saga Maserati

Créé en 1914 par six frères, Maserati est l'archétype du constructeur de voitures de sport issues de la course. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que Maserati viendra à la production de GT concurrentes des Ferrari.

sommaire :

MASERATI Quattroporte (la génération)

Gilles Bonnafous le 10/05/2003

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La Quattroporte témoigne d'une période où Maserati opère une vaste opération de diversification de sa production. Epoque où, dans le sillage heureux de la 3500 GT, se multiplient les modèles, par ailleurs déclinés en plusieurs variantes de motorisations. La première Quattroporte naît en 1963 sous le règne de la famille Orsi. Elle sera suivie par trois autres générations marquées à chaque fois par la personnalité des repreneurs de la firme de Bologne.
Coupé 5000 GT Frua
Coupé 5000 GT Frua D.R
Maserati Quattroporte I
Maserati Quattroporte I D.R
L'histoire commence en 1963. Pour le Trident, c'est une année appelée à faire date : la naissance de la première Maserati quatre portes, la bien-nommée Quattroporte. Un type de véhicule qui concilie le confort et le luxe goûtés en famille avec les performances d'un moteur de GT. Brillamment illustré par les Jaguar Mk 2 et Mk X et la Mercedes 300 SEL 6,3, ce concept a, par contre, toujours été refusé par Enzo Ferrari. Aussi brillante que confortable, la très exclusive Quattroporte sera au cours des années soixante la plus rapide berline du marché.


L'élégant design de la voiture (malgré une poupe trop longue) est l'œuvre de Pietro Frua, dont le style nous paraît mieux adapté à une berline qu'à une voiture de sport en raison de la hauteur de ses pavillons. C'est peu dire que Frua s'est inspiré du coupé 5000 GT, qu'il a réalisé en 1962 pour Karim Aga Khan (exemplaire unique). Construite chez Vignale, la carrosserie monocoque, dotée d'un châssis auxiliaire à l'avant, est dotée d'un gabarit imposant (cinq mètres en longueur). D'où un poids élevé de 1800 kilos, qui grève quelque peu les performances, surtout en accélération - la vitesse réelle atteinte étant de 220 km/h. Pourtant, ce ne sont pas moins de 260 ch qui galopent sous le capot, où vrombit le V8 à quatre arbres à cames en tête de 4136 cm3 alimenté par quatre carburateurs Weber double corps. En fin de carrière (1969), le 4,7 litres de la Ghibli (monté en option) et ses 290 ch offriront à la voiture des prestations plus en rapport avec ses ambitions. La transmission est confiée à une boîte de vitesses ZF à cinq rapports, une Borg Warner automatique à trois vitesses étant disponible en option. Côté suspension, on relève des roues indépendantes à l'avant (bras triangulés) et un pont arrière de Dion. Pour des raisons de nuisances sonores mais sans doute aussi de coût, ce dernier sera remplacé dès 1966 par un banal essieu rigide de type Salisbury. Parmi les 772 Quattroporte construites jusqu'en 1970, certaines ont rejoint le garage de célèbres acteurs du Septième art, dont Anthony Quinn, Marcello Mastroianni, Alberto Sordi et Peter Ustinov.
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Maserati Quattroporte I
Maserati Quattroporte I D.R

Maserati Quattroporte II
Maserati Quattroporte II D.R
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Exposée aux salons de Paris et de Genève, la Quattroporte II, celle de l'ère Citroën, est conçue à partir de la SM, à laquelle elle emprunte le moteur porté à trois litres (celui de la Merak), la transmission et la suspension hydraulique. C'est donc, grande singularité pour une Maserati, une traction avant. Dessinée par Marcello Gandini alors chez Bertone, la voiture affiche un gabarit impressionnant - empattement de trois mètres et longueur de 5,13 mètres. C'est beaucoup pour le V6 de 190 ch, dont la boîte de vitesses à cinq rapports est placée devant le moteur. Appelée à concurrencer la Fiat 130 et très en retrait par rapport à sa devancière, la Quattroporte II ne sera pas mise en production suite au lâchage de Maserati par Citroën en 1975 - une version portée à 3,2 litres a pourtant été présentée au salon de Genève de la même année. Six véhicules de pré-production ont été réalisés et sept autres le seront à partir des pièces disponibles. Des treize Quattroporte II ainsi fabriquées, cinq subsistent aujourd'hui.
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Maserati Quattroporte III
Maserati Quattroporte III D.R
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Après la Quattroporte (avortée) de Citroën, place à celle d'Alessandro de Tomaso. Construite, comme la Kyalami, sur la base de la Longchamp, la Quattroporte III apparaît au salon de Turin avant d'être lancée en novembre 1976. Dessinée par Giugiaro et construite chez Innocenti à Milan, elle reprend le V8 Maserati de 4,2 litres. A partir de 1981, la voiture recevra le V8 de 4,9 litres et 270 ch, dont une version à taux de compression supérieur atteindra 300 ch en 1986. La Quattroporte III sera alors capable d'une vitesse de 230 km/h malgré un poids supérieur à deux tonnes. Une masse qui s'explique notamment par la richesse de l'aménagement intérieur de la voiture, qui lui vaudra le surnom de Rolls-Royce transalpine. Parmi ses illustres propriétaires, citons Luciano Pavarotti, le Président de la République italienne Sandro Pertini et le roi du Maroc. Produite jusqu'en 1990, la Quattroporte III connaîtra la meilleure diffusion de la série avec 2141 exemplaires construits en quatorze ans.
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Maserati Quattroporte IV
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Maserati Quattroporte IV V8 Evoluzione
Maserati Quattroporte IV V8 Evoluzione D.R
Due au crayon de Marcello Gandini, la quatrième génération apparaît en 1994 suite au rachat de Maserati par le groupe Fiat. Elle est extrapolée des quatre portes Biturbo 4.24v et 430 4v (V6 de 2,8 l), dont l'empattement a été allongé de cinq centimètres (2,65 mètres). De ces dernières, elle reçoit les V6 double turbo à quatre soupapes par cylindre et deux échangeurs : le 2 litres de la 4.24v, associé à une boîte de vitesses à six rapports, et le 2,8 litres (284 ch) de la 430 4v, accouplé également à une transmission automatique à quatre vitesses. En décembre 1995, la voiture hérite d'un V8 de 3,2 litres et 336 ch derivé de celui de la Shamal. Avec le passage de Maserati dans le giron de Ferrari, la Quattroporte est proposée en version Evoluzione 2800 et 3200 (jusqu'à 270 km/h). Cette quatrième génération sera produite à 1138 exemplaires (hors version Evoluzione).

Grâce au renouveau du Trident, la cinquième génération Quattroporte est en marche. Parmi les nombreux projets d'une marque aux d'ambitions retrouvées, figure en effet une nouvelle Quattroporte actuellement en préparation.
Projet de cinquième génération de Quattroporte
Projet de cinquième génération de Quattroporte D.R
Projet de cinquième génération de Quattroporte
Projet de cinquième génération de Quattroporte D.R
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