Saga Lotus

Sans aucun doute. Lotus doit tout à un seul homme. Colin Chapman, qui a su être à la fois ingénieur, mécanicien, pilote et industriel avisé.

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Histoire : Colin Chapman

Gilles Bonnafous le 11/05/2006

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Colin Chapman appartient à la cohorte des plus grands ingénieurs de l’automobile. Son Credo, c’est l’innovation conceptuelle et technique, son quotidien, l’invention de solutions nouvelles pour des machines toujours plus originales. Il a imaginé plus de 90 types de voitures, monoplaces, sport-prototypes et GT. Parti de rien, il a bâti une marque qu’il a portée au firmament du sport auto. Mais il n’a jamais réellement souhaité devenir un constructeur automobile. Ce qui l’a toujours intéressé, c’est la course, le nec plus ultra de l’automobile.
Colin Chapman
Colin Chapman D.R.
La MK I avec au volant sa fiancée Hazel
La MK I avec au volant sa fiancée Hazel D.R.
Anthony Colin Bruce Chapman naît le 19 mai 1928 à Richmond, dans le Surrey. Après son diplôme d’ingénieur obtenu à l’université de Londres, il passe une année dans la Royal Air Force comme élève pilote. Il en gardera une passion pour l’aviation. En 1947, Colin Chapman possède une Austin Seven qu’il transforme pour participer le dimanche à des « trials », ces épreuves typiquement britanniques courues sur des pistes boueuses avec pour cadre les champs et forêts. Jusqu’en 1952, il réalisera quatre voitures bricolées à partir d’Austin Seven (Mk I à Mk IV).

C’est en 1952 que Colin Chapman fonde Lotus avec l’aide et la complicité de sa fiancée, Hazel. Il ne dévoilera jamais l’origine du nom Lotus qui restera mystérieuse. Les débuts sont des plus modestes. Le premier atelier est installé dans une remise située derrière le pub que possède son père à Hornsey, dans le Nord de Londres. Salarié de la British Aluminium Company, Chapman y garde ses fonctions, qu’il ne quittera définitivement qu’en 1955 pour travailler à temps plein pour sa marque. Treize ans plus tard, Lotus sera introduit en bourse. Avec 51% des actions et la pleine propriété du Team Lotus, Chapman sera milliardaire à 40 ans.
Colin Chapman au volant de la MK III
Colin Chapman au volant de la MK III D.R.
Lotus MK VI
Lotus MK VI D.R.

Après avoir dessiné le châssis de la Mk VI, première vraie Lotus commercialisée, Colin Chapman se fait connaître en 1954 grâce au châssis multitubulaire de la Mk VIII. Sa réputation va vite : en 1956, il reçoit commande d’un nouveau châssis pour la Vanwall de Formule 1. La voiture remportera la Coupe des constructeurs (championnat du monde des marques avant la lettre) deux ans plus tard. Et en 1957, BRM fait appel à lui pour reprendre le châssis de sa F1.

Le concept de la 25, voiture de course révolutionnaire, la première monoplace monocoque de F1, viendra à Chapman en 1962 en essayant de dessiner des réservoirs latéraux capables de s’encastrer dans un châssis tubulaire. Ceci afin de réduire le maître-couple. D’où l’idée de réaliser un châssis composé de deux longerons formant réservoir.
la structure monocoque de la Lotus 25
la structure monocoque de la Lotus 25 D.R.
Jim Clark au volant de la Lotus 25
Jim Clark au volant de la Lotus 25 D.R.
La 77, « voiture réglable », dont l’empattement et les voies changent en fonction du tracé du Grand Prix n’a pas encore pris la piste que Colin Chapman invente l’effet de sol sur la 78. Ce dernier est augmenté grâce à l’étanchéité apportée par un nouveau système, celui des jupes coulissantes, monté sur la 79. Une fois de plus, tous les constructeurs vont copier Lotus.

Colin Chapman se trouve une fois de plus au sommet en 1978. Mais au lieu de développer la 79 et de tirer tous les dividendes de son avantage, il explore une technique encore plus avancée. La 80 possède des jupes allant de l’avant à l’extrême arrière jusqu’au porte-à-faux. Ce faisant, il se heurte au problème du pompage aérodynamique. C’est un échec et une saison perdue au profit de ceux qui, comme Williams avec la FW7, ont copié la 79….
Lotus 79
Lotus 79 D.R.
Lotus 80
Lotus 80 D.R.

Autre concept totalement nouveau développé sur la 88, le double châssis. Pour obtenir la déportance maximum, la solution est de durcir considérablement la suspension jusqu’à un point difficilement supportable par le pilote et peu compatible avec la fiabilité de la voiture. D’où l’idée de deux châssis, l’un classique doté d’une suspension souple, qui reçoit le pilote, le groupe motopropulseur et le réservoir, le second, qui rassemble les dispositifs aérodynamiques et ne dispose pratiquement pas de suspension. Bien que conforme à la lettre du règlement, la voiture sera refusée par la FISA.
Lotus 88
Lotus 88 D.R.
Colin Chapman avec Jim Clark
Colin Chapman avec Jim Clark D.R.
Colin Chaman est très loin d’avoir terminé son œuvre quand il est foudroyé par une crise cardiaque le 16 décembre 1982 à l’âge de 54 ans. Comme tous les inventeurs passionnés, son moteur aura été la quête perpétuelle du toujours plus. Avec le risque de passer à une invention nouvelle sans avoir suffisamment développé la précédente. Ainsi, les Lotus 12/16 vaudront à la marque une mauvaise réputation : des voitures peu fiables victimes d’ennuis qui feront désordre (ruptures de châssis et pertes de roues) par manque de mise au point. L’homme voulait trop en faire avec des moyens insuffisants.

Parfois, Colin Chapman a été trop loin, à l’image de la Mk VIII. Pour obtenir le meilleur rapport poids-rigidité sur cette voiture, le châssis enserre le moteur de si près qu’il est nécessaire de le déculasser pour l’installer et le sortir de la Mk VIII : d’où beaucoup de temps perdu et un lourd handicap pour la maintenance ! Certaines solutions hardies lui sont également revenues comme un boomerang, comme la caisse en plastique de l’Elite. Mais tel est l’inévitable revers du génie créatif, qui a marqué toutes les Lotus conçues par lui ou sous sa direction.
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