Saga Cadillac Eldorado

Représentation achevée du rêve automobile d'outre-Atlantique, la Cadillac Eldorado incarne l'Amérique triomphante des années 50. Place à l'excentricité, à l'opulence et au glamour capiteux d'une époque mythique…

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CADILLAC Eldorado 1967

Gilles Bonnafous le 15/06/2002

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Cadillac lance en 1967 un coupé entièrement inédit, dont la remarquable ligne sculptée et l'architecture à traction avant marquent une double rupture esthétique et technologique dans la généalogie du haut de gamme Cadillac. Baptisé Fleetwood Eldorado, suite à une refonte des appellations Cadillac intervenue deux ans auparavant et qui fait de l'Eldorado un modèle de la série Fleetwood, le nouveau modèle a nécessité un long développement.
Cadillac coupé Fleetwood Eldorado 1967
Cadillac coupé Fleetwood Eldorado 1967 D.R
A l'image de la Ford Thunderbird et de la Buick Riviera, l'Eldorado 1967 intègre la famille des "personal cars", un concept automobile américain destiné à la clientèle des seniors. Il s'agit de coupés de moyen-haut de gamme dotés d'un châssis, d'une carrosserie et d'un équipement spécifiques. Avec sa nouvelle Eldorado, c'est une définition très haut de gamme de la " personal car " que propose Cadillac, aussi bien par le classicisme du design que par la richesse de l'équipement - et par le prix !

Techniquement, l'Eldorado partage sa plate-forme avec la Buick Riviera et l'Oldsmobile Toronado. Surtout, elle empreinte à cette dernière, apparue deux ans plus tôt, le système fort complexe de sa traction avant. Depuis longtemps, Oldsmobile est la marque de la General Motors, qui jouit du privilège de lancer les innovations technologiques du groupe - citons la transmission automatique Hydra-Matic en 1939 et le V8 Rocket culbuté en 1949. Un rôle de pionnier qui est aussi celui de cobaye… Lancée en 1965, l'Oldsmobile Toronado est la première traction avant américaine depuis la guerre. En plus de sa magnifique ligne futuriste, elle apparaît comme la plus grosse et la plus puissante traction de l'histoire de l'automobile -- V8 de 7 litres et 385 ch.
Cadillac Fleetwood Eldorado 1968
Cadillac Fleetwood Eldorado 1968 D.R

Cadillac Fleetwood Eldorado 1967
Cadillac Fleetwood Eldorado 1967 D.R
Cadillac Fleetwood Eldorado 1967
Cadillac Fleetwood Eldorado 1967 D.R
Sur la Toronado, comme sur l'Eldorado de conception semblable, les ingénieurs de la General Motors ont judicieusement placé la boîte de vitesses sur le côté du moteur, et non devant, comme on l'observe souvent sur ce type de véhicules. Ils ont dessiné une nouvelle transmission où le convertisseur de couple, en bout de vilebrequin, forme avec la boîte - elle-même placée le long du côté gauche du carter - un angle de 180°, les deux organes étant reliés par une chaîne. Le différentiel est ainsi décalé vers la gauche, d'où des arbres de transmission de longueurs inégales. Une complexité qui vaudra aux premières Toronado d'essuyer quelques plâtres, dont l'Eldorado sera épargnée.
Cadillac Fleetwood Eldorado 1968
Cadillac Fleetwood Eldorado 1968 D.R.
Cadillac Fleetwood Eldorado 1968
Cadillac Fleetwood Eldorado 1968 D.R.
Motorisée par un V8 de sept litres développant 340 ch, l'Eldorado dépasse les 195 km/h. Des performances de haut niveau servies par un comportement routier remarquable pour une américaine de ce gabarit et par un système de freinage pourvu de disques à l'avant. Une direction à assistance variable en fonction de la vitesse et une garde au sol à niveau constant complètent un équipement sophistiqué.

Originale par sa technique, la Fleetwood Eldorado 1967 l'est aussi par son style. Différente de toutes les autres Cadillac, sa magnifique carrosserie constitue une date dans l'histoire de la marque. Sa ligne géométrique d'une grande pureté, tout en droites tendues, est empreinte d'une grande noblesse. Quant au pavillon et son profil très racé, il est à peine plus long que l'immense capot moteur terminé en étrave de bateau ! L'Eldorado inaugure également chez Cadillac les premiers phares dissimulés sous trappe.

Cadillac Fleetwood Eldorado 1972
Cadillac Fleetwood Eldorado 1972 D.R
Cadillac Fleetwood Eldorado 1975
Cadillac Fleetwood Eldorado 1975 D.R
Proposée à un prix supérieur de 1000 $ à celui d'un classique " coupé de ville " Cadillac (et plus chère de 2000 $ que la Toronado), la voiture va connaître un large succès, qui lui assurera une diffusion sans commune mesure avec les Eldorado précédentes - soit une production moyenne annuelle supérieure à 20 000 exemplaires. Elle sera construite sans retouches notables jusqu'en 1970.
Cadillac Fleetwood Eldorado Indy 500 Pace Car
Cadillac Fleetwood Eldorado Indy 500 Pace Car D.R.
Cadillac Eldorado Bicentennial Edition 1976
Cadillac Eldorado Bicentennial Edition 1976 D.R.
C'est en 1971 que s'amorce, hélas, une dégénérescence esthétique. L'Eldorado va progressivement s'empâter et s'alourdir pour devenir une caricature de la si belle sculpture de 1967. Côté mécanique, la même inflation va se manifester, la marque cédant au penchant américain du " toujours plus ", du " bigger is better ". Dès 1968, la cylindrée passe à 7,7 litres et la puissance à 375 ch, avec 72 mkg de couple ! En 1970, Cadillac bat le record de la plus forte cylindrée (de l'ère moderne) avec 8,2 litres et 400 ch… Une euphorie qui sera de courte durée, les " big blocks " étant vite rattrapés par les normes anti-pollution mises en place outre-Atlantique. La puissance est ramenée en 1971 à 365 ch, avant que ne s'amorce une chute vertigineuse : 235 ch en 1972, puis 190 ch en 1975 !
Après que le coupé est resté seul en lice depuis 1967, le cabriolet Eldorado renaît de ses cendres en 1971. Une résurrection très provisoire, puisque 1976 sera la dernière année de production du cabriolet de la grande époque.
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