La Carrosserie Touring

ASTON MARTIN DB4

Gilles Bonnafous le 10/01/2005

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La collaboration entre Touring et Aston Martin a débuté par l’étude de prototypes pour les deux marques rachetées par David Brown en 1947, Aston Martin et Lagonda. Pour cette dernière, Touring travaille sur plusieurs projets, un cabriolet quatre portes et des berlines, dont l’une sera réalisée, la Rapide, produite de 1961 à 1964 à 55 exemplaires.
Prototype de spider DB4 présenté au salon de Turin 1956
Prototype de spider DB4 présenté au salon de Turin 1956 D.R
Prototype de spider DB4 présenté au salon de Turin 1956
Prototype de spider DB4 présenté au salon de Turin 1956 D.R
Avec la DB4 appelée à succéder à la DB2/4, Aston Martin ambitionne de concurrencer les meilleures GT continentales. A cette fin, la firme de Newport Pagnell s’adresse à Touring pour dessiner une carrosserie à la fois séduisante et légère. Le travail en commun commence par la construction d’un prototype de spider. Présenté au salon de Turin 1956, puis à celui de Londres, ce dernier présente une certaine parenté de style avec la Lancia Aurelia B24. Le projet en restera là.

Le contrat passé entre les deux firmes pour le coupé DB4 prévoit la cession de la licence Superleggera. La DB4 sera donc construite en Angleterre selon le procédé Touring. L’accord sera reconduit pour la DB5. Le design Touring a évolué. Fini le style Villa d’Este, les surfaces de la DB4 sont lisses. Une évolution esthétique qui était déjà en germe sur l’Alfa Romeo 1900 Super Sprint de 1956. Plus de nervures, le style est empreint d’une grande sobriété, que l’on retrouve sur la version Touring de la Lancia Flaminia.
Maquette à l’échelle 1/10 du projet DB4
Maquette à l’échelle 1/10 du projet DB4 D.R
Maquette à l’échelle 1/10 du projet DB4
Maquette à l’échelle 1/10 du projet DB4 D.R

Pratiquement identique au prototype original, la DB4 de série est présentée au salon de Paris 1958. Elle sera disponible dans le courant de l’année suivante. Elle est motorisée par le six cylindres double arbre conçu par Tadek Marek. Alimenté par trois carburateurs SU, il développe 220 ch réels. La production démarre à Feltham, avant de se poursuivre par la suite à Newport Pagnell. Les carrosseries sont réalisées chez Mulliner, puis chez Tickford, une entreprise intégrée au groupe de David Brown.
La structure Superleggera de la DB4.
La structure Superleggera de la DB4. D.R
La coque terminée de l’un des premiers exemplaires de la DB4.
La coque terminée de l’un des premiers exemplaires de la DB4. D.R
La DB4 Vantage, version plus puissante de la DB4 affichant 250 ch, reçoit des phares carénés (du moins la plupart des exemplaires produits). Encore plus sportive, la DB4 GT, également à phares carénés, s’analyse comme une DB4 Vantage réalisée sur un empattement raccourci de cinq pouces (75 voitures fabriquées). Jusqu’en juin 1963, Aston Martin construira cinq séries de DB4 pour un total de 1100 exemplaires, tous sur carrosserie Touring — à l’exception des 19 DB4 GT Zagato.

Le passage de la DB4 à la DB5 se fait en douceur, le prototype de cette dernière étant une DB4 Vantage — du reste sa première appellation est DB4 série 6. Identique à sa devancière par son design, la DB5 en reçoit les phares carénés des versions Vantage et GT. Quant au moteur, il passe à quatre litres (course allongée) et délivre 240 ch avec un couple plus important. Disponible à partir de septembre 1964, la nouvelle version Vantage bénéficie de trois carburateurs Weber (260 ch). Mille exemplaires de la DB5 seront construits de 1963 à septembre 1965.
L’une des toutes premières DB4
L’une des toutes premières DB4 D.R
La DB4
La DB4 D.R

Popularisée par la version gadgétisée de James Bond dans le film Goldfinger de Guy Hamilton, la DB5 profitera d’une publicité qui fera plus pour la renommée d’Aston Martin — du moins auprès du grand public — que la qualité de ses voitures et le titre de champion du monde acquis en 1959. A travers les carrosseries des DB4 et DB5, Touring a également et largement contribué à l’image valorisée de la firme de Newport Pagnell.
La DB4
La DB4 D.R
La DB4 série 5
La DB4 série 5 D.R
Embourgeoisée et plus spacieuse, la DB6, qui prend la relève de la DB5 en 1965, est dotée d’une carrosserie en acier qui échappe au brevet Superleggera. Présentée en septembre 1967 et construite parallèlement à la DB6, la DBS a été précédée à l’automne 1966 d’un prototype réalisé en deux exemplaires par Touring. Aston Martin a envoyé à Milan deux châssis avec moteur reculé pour améliorer la répartition des masses, car la voiture a été conçue pour accueillir le V8 à quatre arbres à cames en tête de Tadek Marek. Celui-ci n'étant pas prêt, la voiture reçoit en attendant le six en ligne de la DB6. Ce prototype ne connaîtra pas de postérité suite à la faillite du carrossier.

Produite uniquement en coupé, la DBS a été dessinée par William Towns, un ancien de chez Rootes qui a rejoint Aston Martin en 1966. Plus large que la DB6 et plus lourde de cent kilos, la DBS est construite sur un châssis plate-forme élargi et à l’empattement allongé. La voiture offre donc un gabarit notablement augmenté. Son design est aussi très différent et la fin de l’esthétique Touring représente une rupture stylistique dans la famille des Aston Martin DB — que beaucoup déplorent assez injustement car la DBS est également très réussie.
Le prototype DBS de 1966
Le prototype DBS de 1966 D.R
Le prototype DBS de 1966
Le prototype DBS de 1966 D.R
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