Vente Bonhams à Rétromobile

Records et désillusions chez Bonhams

Serge Bellu le 17/03/2008

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L’un des grands rendez-vous de Rétromobile fut la vente aux enchères de Bonhams, le 9 février dernier. Un plateau impressionnant avait été rassemblé et constituait incontestablement l’un des stands les plus attractifs du salon parisien.

L’animateur de la cérémonie est désormais Philip Kantor dont la silhouette joviale est indissociable de Rétromobile. Aujourd’hui, c’est sous l’enseigne de la belle de la maison Bonhams que Philip Kantor exerce son art, après avoir défendu les couleurs de Christie’s.

La vente de Rétromobile était importante et symbolique puisqu’il s’agissait de la première vente organisée en France par la maison anglo-saxonne. Il y a toujours des insatisfaits pour critiquer le résultat des ventes. Toutefois, même si quelques lots ne trouvèrent pas preneur, la vente Bonhams connut cependant quelques respectables enchères, notamment les 2,1millions d’euros pour la singulière Mercedes-Benz « S » signée Saoutchik. Les amoureux de l’étoile pouvaient se tourner vers une célèbre 500 K au pedigree prestigieux puisqu’elle fut longtemps la voiture chérie par le peintre Georges Mathieu. Le roadster partit en échange d’un chèque de 800 000 euros.

Alfa Romeo 1600 Junior Z Loïc Bailliard

Lotus Elan Bonhams
L’adjudication d’une beaucoup plus courante 300 SL Roadster à 300 000 euros faisait mentir les grincheux en montrant qu’une voiture de légende, même quand elle fut produite en série, déclenche toujours les passions.
En revanche, contre toute attente, la Sauber C9 à moteur Mercedes-Benz est restée invendue. Cette voiture qui fut championne du monde en 1989, pilotée par Jochen Mass et Jean-Louis Schlesser, ne jouit pas aux yeux de la postérité d’un prestige digne de ses ancêtres.

Après la folie « 300 SL », on constatait qu’il y a toujours moins d’engouement pour les Aston Martin DB 4, malgré leur gracieuse carrosserie signée Touring. Un exemplaire changea de mains pour 170 000 euros.

Un homme de goût fut contraint de payer 190 000 euros pour acquérir une Cisitalia 202 rarissime, un roadster « Nuvolari » qui séjourna longtemps dans la belle collection Rosso Bianco, en Allemagne.

Citroën Traction Bonhams

Bugatti Type 57 Atalante Loïc Bailliard
Il ne faut pas oublier que nous étions en France où les DS 19 restent surestimées. Un cabriolet, strictement de série, n’appartenant pas à la lignée des « spéciales » de Henri Chapron (quoique quand même fabriquée chez le carrossier de Levallois), fut adjugée 118 000 euros. C’est quand même beaucoup pour une automobile équipée d’un modeste quatre cylindres sans noblesse !

Pour constituer son catalogue, Philip Kantor comptait sur quelques belles pièces de la collection néerlandaise de Willem « Pim » Hascher. Cet homme avait une attirance certaine pour le mélange des genres. Parmi ses automobiles, on reconnaissait une étrange Bugatti du Type 101, l’une des six produites, celle habillée d’une caisse que le carrossier Guilloré destinait habituellement aux Delahaye. Tout aussi incongrue, une Delahaye concotée en Suisse par la maison de Hermann Graber ou encore une HispanoSuiza H6B de 1928, sublimée en Angleterre par Freestone & Webb sous la forme d’un « Sedanca de Ville ».

Mais il n’y a pas que les automobiles dans la vie. Bonhams proposait aussi à la vente une sublime pendule de verre provenant du paquebot Normandie.

Aston Martin DB4 GT Loïc Bailliard
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