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Mercedes-Benz Type S : Baroque à la Française

Serge Bellu le 17/03/2008

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L’arrivée de Ferdinand Porsche à Untertürckheim marque une ère nouvelle dans l’évolution de Mercedes. En juillet 1923, l’ingénieur ombrageux claque la porte de la société Austro-Daimler, la filiale autrichienne de DMG qui l’hébergeait depuis 1905 et prend la direction technique de DMG, le fabriquant des automobiles Mercedes. À l’âge de quarante-huit ans, il prend la suite de Paul Daimler, le fils de Gottlieb Daimler, en partance pour l’usine Horch.

Tout en mettant de l’ordre dans la gamme des voitures particulières, Ferdinand Porsche travaille sur le développement de plusieurs modèles de compétition. L’un d’entre eux va faire le trait d’union entre la route et la piste, entre le tourisme et la compétition. Par sa polyvalence, par son aptitude à briller dans l’atmosphère raffinée des concours d’élégance comme dans l’ambiance plus tumultueuse des compétitions sportives, le Modell S va contribuer à façonner la notion de « grand tourisme ».

D.R. / Bonhams

Loïc Bailliard
Fondamentalement, le Modell S est élaboré sur la base du Modell K, un imposant châssis destiné à recevoir de lourdes et statutaires carrosseries. Son châssis conserve l’empattement et les voies de la K, mais il est sensiblement surbaissé. En faisant passer les ressorts à lames sous les longerons, la garde au sol diminue de quinze centimètres.

Le moteur est reculé pour améliorer la distribution des masses et pour abaisser la ligne faîtière du capot. Le radiateur, moins haut, est déplacé vers l’arrière pour s’enchâsser entre les longerons. Le moteur, du type M06, est un imposant six-cylindres suralimenté de 6 789 cm3. Il développe 120 ch à 2 800 tr/min en configuration normale, mais si l’on enclenche le compresseur, la puissance passe à 180 ch à 3 000 tr/min. Les voitures d’usine, préparées pour la course, peuvent atteindre jusqu’à 220 ch.

Les premiers exemplaires du Modell S sont fabriqués en 1926, mais la carrière sportive de la voiture ne commence que l’année suivante. Le Modell S apparaît le 19 juin 1927, à l’occasion de la course inaugurale du circuit du Nürburgring, dans le massif de l’Eifel.

D.R. / Bonhams

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L’atelier de carrosserie de Sindelfingen produit des caisses rudimentaires pour la course, des spiders à deux places, flanquées de simples garde-boue. Mais plusieurs carrossiers extérieurs s’emparent également de cette mécanique démesurée. Des allemands, bien sûr, tels que Papler ou Erdmann & Rossi, mais surtout le Français Saoutchik qui s’est exprimé à l’envi sur le long châssis.

Les années 1920 marquent l’apothéose du style classique de la carrosserie française. La carrosserie Saoutchik, à Neuilly-sur-Seine, développe un style baroque qui a du panache et de la personnalité. Slave, extraverti et romantique, Jacques Saoutchik conjugue exubérance avec élégance. Ses créations sont extrêmement sophistiquées, avec leurs ailes soulignées d’un trait de maillechort. À ce titre, Saoutchik est partie prenante dans la légende des Mercedes-Benz S et SS.

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