Viper, de la route à la piste

Viper : un nom évocateur pour une sportive de folie. Dodge qui a lancé ce "reptile" en 1992 sur le marché des roadsters l’a voulu brutale, sans concession et inaccessible avec son V10 de 8 litres et 400 chevaux.

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Interview de Michel Mac Burnie

Jean-Christophe Lefèvre le 19/10/2005

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Produite à plus de 12.000 exemplaires depuis 1992, la Viper comme la Mac Laren F1 lancée la même année s’est retrouvée très vite en compétition. Pour l’Europe, l’Asie et une partie des Etats-Unis, Chrysler a confié la préparation et l’entretien des versions course GTS-R au team Oreca installé en bordure du circuit du Castellet dans le midi de la France. Un choix judicieux se traduisant par un palmarès flatteur : 2 titres en ALMS (American Le Mans Serie), 3 titres en FIA-GT (1997,1998 et 1999), trois victoires consécutives de classe en 1998, 1999 et 2000 aux 24 Heures du Mans et une formidable victoire au général des 24 Heures de Daytona 2000. Responsable du service clients chez Oreca, Michel Mac Burnie nous révèle les petits secrets de cette saga à succès en répondant à nos questions.

D.R.

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Motorlegend: comment cette préparation s’est-elle orchestrée au départ ?
Michel Mac Burnie : On a commencé à travailler sur des châssis provenant des Etats Unis, sept indice P Prototype correspondant au règlement GT1 de l’époque avant de passer aux châssis indice C seconde génération. Environ 50 châssis sont effectivement passés dans nos ateliers, le 51ème ayant été livré récemment et nous avons attaqué le 52ème. Disposant d’une homologation jusqu’en 2009, nous continuerons d’honorer toutes les demandes de clients désireux de courir avec la Viper GTS-R et bien sûr l’entretien et la fourniture de pièces détachées.

ML : D’ou viennent les principaux composants ?
M.M.B : Des Etats Unis nous arrivent en partie le châssis sur lequel nous effectuons quelques modifications (notamment les points d’ancrage de suspensions), des pièces importantes comme le carter de pont et bien sûr le V10. Ce dernier traverse l’Atlantique en pièces détachées avant d’être assemblé dans nos ateliers de Magny-Cours et préparé pour obtenir entre 600 et 610 chevaux. La carrosserie en carbone/kevlar vient du Canada. Pour les transmissions, il existe trois sortes de boites, une Tremec dérivée de la Borg Warner de route d’origine. A 6 rapports avec commande classique, la Tremec, fabriquée au Mexique est extrêmement fiable et nous la montons pour des épreuves d’endurance comme les 24 Heures du Mans. Nous montons également une boite Ricardo (NDLR : préparateur anglais) à 6 rapports à crabots et commande séquentielle mais le plus souvent la boite Ollinger également à commande séquentielle.

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ML : Les écuries qui engagent des Viper en course gèrent elles-mêmes le suivi et l’entretien ou reviennent-elles à intervalles réguliers chez Oreca ?
M.M.B : C’est à la carte et en fonction de la demande des clients. Certaines nous ramènent leurs Viper pour des révisions complètes entre deux saisons. Mais la plupart disposent du personnel qualifié pour les remettre à niveau entre chaque course. Pour les pièces, cela passe par nous mais des écuries préfèrent utiliser par exemple des amortisseurs ou un système de freinage différent et elles font appel à d’autres fournisseurs. Ayant une exclusivité de Chrysler pour l’après vente depuis mi-2000, nous envoyons également des pièces aux Etats Unis et au Japon où sont engagées quelques autos.

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ML : Tous les châssis montés chez Oreca se retrouvent-ils sur la piste ou certains sont-ils aux mains de collectionneurs ?
M.M.B : Des collectionneurs comme Edwin Stucki ou Michaël Kroll en Suisse en possèdent dans leur collection et les sortent pour des courses de gentlemen drivers. Ils ne s’engagent pas dans des championnats officiels.

ML : Combien de Viper roulent encore en compétition ?
M.M.B : Trente neuf sur cinquante et une en Europe, aux Etats Unis et au Japon. La plupart des autres ont été détruites, certaines sont immobilisées pour servir de banques d’organes et la Viper victorieuse des 24 Heures de Daytona 2000 est conservée dans le musée Chrysler à Détroit.

ML : On a une idée de ce que coûte une Viper neuve prête à courir sortant de chez Oreca ?
M.M.B : Une Viper dernière évolution prête à courir revient à 425.000 € hors taxes. C’est une somme importante mais une Ferrari 575 coûte 750.000 € et une Maserati MC12 1 million d’euros.

ORECA S.A
Competition Customers' Service
Z.E de Signes. Allée de Dublin
83870 Signes. France
Tel : + 33.494.885.788
Fax : + 33.494.328.024
e-mail : [email protected]
www.orecaracing.com
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