Viper, de la route à la piste

Viper : un nom évocateur pour une sportive de folie. Dodge qui a lancé ce "reptile" en 1992 sur le marché des roadsters l’a voulu brutale, sans concession et inaccessible avec son V10 de 8 litres et 400 chevaux.

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La Viper GTS-R en compétition

Jean-François Destin le 19/10/2005

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La Viper SRT-10 se montrant délicate à conduire vite sur routes ouvertes, on imagine que la version GTS-R de course et ses 600 chevaux (soit 100 de plus que notre modèle d’essai) donne des sueurs froides aux pilotes sur circuits surtout sous la pluie comme à Lédenon en coupe GT-FFSA le 17 avril 2005. Vainqueur de la première manche, Jean-Claude Lagniez épaulé par Fred Makowiecksi sur la Viper N°3 de Mirabeau Compétition nous a pourtant affirmé le contraire.

« Avec son empattement rallongé, ses voies élargies et un allègement qui permet de descendre à 1150 kilos, la GTS-R de course s’avère très facile à conduire, explique t-il. Bien sur, il faut avoir une certaine dextérité pour rouler vite mais le couple phénoménal nous permet d’avoir les chevaux à 2500 tours en sortie de virage et par mauvais temps, il suffit de doser l’accélération pour maintenir la voiture en ligne. »

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Habitué de longue date aux voitures puissantes et aux 24 Heures du Mans qu’il a couru une vingtaine de fois, Lagniez, pilote de rallye puis de circuit et par ailleurs fondateur et patron de l’entreprise Cine Cascade spécialisée dans la cascade automobile au cinéma reconnaît que durant sa longue carrière de pilote professionnel, il n’a pas toujours été aux commandes de voitures aussi faciles que la Viper.

« La direction assistée ne nécessite pas des bras de camionneur et la commande séquentielle de la boite robotisée nous libère le pied gauche. Seul gros problème : la chaleur dégagée par le V10. Pendant les 24 Heures du Mans, on a relevé plus de 60° dans l’habitacle ! Heureusement que nous pouvions avoir recours à une combinaison réfrigérée. »

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Longtemps fidèle à Porsche (vainqueur en GT en 97 sur la 911 du Roock Racing), Jean-Claude Lagniez estime qu’une Viper offre les mêmes sensations qu’une Chevrolet Corvette.

« Avec le spectaculaire aileron monté sur le train arrière, on dispose d’une motricité impressionnante qui se traduit parfois par du sous-virage. La voiture évoluant à 40 millimètres du sol, on bénéficie aussi d’un certain effet de sol. Le freinage a été surdimensionné mais une molette nous permet, en fonction des difficultés de chaque circuit et de la température de mettre un peu plus de frein à l’arrière pour refroidir les disques avant. Sinon le réglage idéal exige une prédominance des freins sur le train avant. »

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Très rapides, les Viper sont capables en fonction des appuis aérodynamiques de dépasser les 300 km/h. Ce fut le cas aux 24 Heures du Mans où Jean-Claude Lagniez a terminé 5ème en GT en 2002 sur une Viper du team Belmondo.

Même si l’absence de toute Viper en 2005 au départ des 24 Heures du Mans atteste d’un changement de stratégie de Dodge, la nouvelle SRT-10 a donné lieu aux Etats Unis à la mise au point d’un coupé compétition au prix contenu (131.000 dollars) pour satisfaire les gentlemen drivers désireux de s’engager dans la Viper Racing League ou en SCCA (Sports Car Club of America), des championnats de passionnés exclusivement américains. Le groupe DaimlerChrysler entretient ainsi le mythe de son roadster hors normes qui sans égaler celui de la Corvette restera longtemps dans toutes les mémoires.

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