Nissan et la légende Z

Mise au point sur les ambitions sportives et les orientations stylistiques de Nissan, sous le prisme du modèle fédérateur, la 350 Z.

sommaire :

Interview de François Goupil de Bouillé

Jean-François Destin le 09/02/2004

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Lancé en Europe à l’automne 2003, le coupé Nissan 350 Z a fait revivre la légende. Une saga Z commencée en 69 avec la fameuse 240 Z badgée Datsun à l’époque et qui s’est poursuivie avec succès jusqu’en mars 96, date d’arrêt de la production de la belle 300 ZX biturbo. C’est à Carlos Ghosn, homme orchestre du sauvetage réussi du constructeur japonais et de l’alliance Renault/Nissan que l’on doit ce retour de Nissan parmi l’élite des constructeurs de sportives de haut niveau. Un retour à double détente puisque le coupé a donné lieu à un roadster déjà vendue aux Etats Unis et disponible en France en 2005.

Nissan 300 ZX 1995
Nissan 300 ZX 1995 Nissan

Nissan

Jugée indispensable par Carlos Ghosn lorsqu’il a débarqué au Japon en 1999, cette renaissance du mythe Z pouvait laisser présager une nouvelle politique d’implication sportive de la marque tournée vers le rallye ou le circuit. D’autant que si l’image Nissan n’a jamais faibli dans le domaine du 4X4 pur et dur, celle des produits «ville/route» reste floue. Se souvenant des vaines et coûteuses tentatives de Nissan pour gagner les 24 Heures du Mans, Carlos Ghosn se méfie de la compétition : «on sait ce que ça coûte, on ne sait pas toujours ce que ça rapporte» répète t-il souvent. Mais curieusement, alors que l’image Nissan s’est depuis longtemps solidement installée dans le monde du tout terrain, il a donné son feu vert pour la montée en puissance du Nissan Rally Team engagé au départ du Paris-Dakar pour la deuxième année consécutive.

Quatre pick-up d’usine notamment pour Vatanen et le champion du monde Colin Mc Rae, une dizaine de 4X4 (pick-up, X-trail, Pathfinder et Paladin préparés par Dessoude), huit camions d’assistance (dont 2 en course) laissaient augurer, face à l’armada Mitsubishi encore victorieuse, une « perf » voire une place sur le podium. Las, lors de cette 26ème édition jugée l’une des plus difficiles, l’équipe Nissan a été décimée. Seules consolations : les deux premières places obtenues en production (T1) par Ikemachi et Isabelle Patissier.

Pour faire le point sur cette stratégie sportive surprenante, Motorlegend a rencontré à Dakar, François Goupil de Bouillé, directeur commercial de Nissan France.

François Goupil de Bouillé, directeur commercial de Nissan France
François Goupil de Bouillé, directeur commercial de Nissan France Motorlegend.com
Nissan au Dakar 2004
Nissan au Dakar 2004 Motorlegend.com

ML : En dehors du Dakar, quel va être le programme sportif de Nissan en 2004 ?

F.G de B : Ce programme est centré essentiellement sur le championnat japonais de Grand Tourisme auquel participeront des 350 Z préparées. Plusieurs pilotes français dont Eric Comas piloteront pour nous durant toute la saison, l’épreuve, de mars à novembre, comprenant une dizaine de courses. Historiquement, Nissan a toujours été présent dans ce type de course avec la Skyline GTR mais évidemment la récente 350 Z a pris le relais en 2004. Très populaire au Japon, ce championnat commence à être connu en Europe grâce aux retransmissions télévisées. Chez nous sur Eurosport et Motors TV.

Nissan skyline GTR
Nissan skyline GTR Nissan
Nissan 350 Z
Nissan 350 Z Nissan

ML : Chacun a en mémoire les efforts réalisés par Nissan pour gagner le Mans. Peut-on imaginer de nouvelles tentatives et pourquoi pas l’engagement d’une GT élaborée à partir de la 350 Z ?

F.G de B : Actuellement, aucun plan indiquant un retour au Mans n’a été arrêté. Mais compte tenu de l’immense popularité de cette épreuve au Japon, rien n’est impossible à moyen terme.

ML : Récemment a été présentée par Nissan une Micra R (pour Racing) dessinée par Christopher Reitz, responsable du design de Nissan Europe. Ce petit bolide (240 km/h, 0 à 100km/h en 5s) répond déjà au règlement du Bristih Touring Car. La verra-t’on en compétition et ne peut-on pas imaginer une formule monotype Micra R en Europe ?

F.B de B : En France, rien n’est prévu. Mais d’autres pays comme la Grande Bretagne ont peut-être quelques projets.

Nissan Micra R
Nissan Micra R Nissan
Nissan Micra R
Nissan Micra R Nissan

ML : Commercialement parlant, ne serait-il pas intéressant de disposer d’un tel modèle ?

F.G de B : Avec son moteur central, la Micra R est trop spécifique mais on peut se poser la question de l’intérêt d’avoir au catalogue des variantes sportives de la Micra. Dans l’absolu, c’est toujours bien mais les ventes restent confidentielles. La seule évolution concrète est la Micra CC (coupé/cabriolet) attendue en France au milieu 2005.

Nissan Micra R
Nissan Micra R Nissan
Nissan au Dakar 2004
Nissan au Dakar 2004 Motorlegend.com

ML : Que nous réserve Nissan ces prochains mois ?

F.G.d.B : Un restyling assez profond du Patrol au milieu de l’année 2004 suivi d’une évolution de la Primera. En 2005 se succéderont le remplacement du Terrano et le lancement du roadster 350 Z et de la Micra CC coupe/cabriolet.

M.L : Compte tenu de la contre-performance au Dakar 2004, peut-on s’attendre à des bouleversements de l’équipe voire au choix d’un autre matériel ?

F.G.d.B : On le saura courant février mais les résultats obtenus cette année ne sont pas si négatifs. Nous avons gagné 4 étapes, ce qui atteste de la vélocité du pick-up et de la qualité des pilotes. Et puis, il y a ces deux premières places en production que nous allons exploiter en communication. La France est le premier marché européen du Patrol alors qu’elle ne se trouve qu’au cinquième rang des pays européens pour Nissan. En 2003, nous avons livré 1500 Patrol contre des prévisions évaluées à 1200 maximum. Après cette victoire en production, nous devrions encore accroître notre part de marché.


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