Grande Parade de Mulhouse 2001

À l'intérêt d'une vaste rétrospective historique, s'ajoutent le succès populaire et les multiples animations d'une cité en fête.

sommaire :

TALBOT Lago Grand Sport Chambas

Gilles Bonnafous le 20/07/2001

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Une abonnée des 24 Heures du Mans

Avec la Talbot Lago Grand Sport de 1948, châssis n° 110105, c'est une voiture réellement exceptionnelle qu'Yvan Bastin, le responsable du Musée du Circuit de Spa-Francorchamps, avait emportée dans ses bagages pour la Grande Parade de Mulhouse. Car, outre que cette voiture est unique dans sa carrosserie, elle possède une histoire hors du commun. Jugez plutôt : cinq participations consécutives aux 24 Heures du Mans de 1949 à 1953.

André Chambas et la Lago Grand Sport 110105 aux 24 Heures du Mans 1949 La Talbot Lago Grand Sport poursuit la lignée des Lago SS de 1937-1939. Après la guerre, Anthony Lago prépare la nouvelle voiture de course, qui apparaîtra en 1948, en même temps que la Lago Grand Sport lancée un an plus tôt. Les deux voitures sont dotées du moteur de 4,5 litres à double arbre à cames en tête dans une version plus poussée que sur la Record (culasse en alliage léger et taux de compression plus élevé). Avec trois carburateurs Zenith Stromberg, le six cylindres développe 190 ch qui entraînent la GT à 200 km/h. La transmission est assurée par une boîte présélective Wilson.

Le dessin du châssis est semblable à celui du modèle de course, mais pour permettre à deux occupants de prendre place dans des conditions minimum de confort, l'empattement est allongé à 2,65 mètres (contre 2,50 mètres), soit les dimensions de la Lago SS. La suspension avant est également identique à celle de la monoplace.
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Le châssis n° 110105 est le plus connu des Talbot Lago Grand Sport et celui qui possède l'histoire la plus riche. Cinquième de la série Grand Sport, la voiture est livrée le 16 octobre 1948 à André Chambas, un industriel de la chaussure établi à Vienne, dans l'Isère, qui l'achète pour réaliser son rêve, prendre part aux 24 Heures du Mans. C'est lui qui est l'auteur de la superbe carrosserie de berlinette qu'il a lui-même dessinée et dont il a modelé la maquette. La réalisation en aluminium est confiée à un carrossier local, Contamin, fabricant de cabines de grues.
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Pilotée par son propriétaire associé à André Morel, responsable des essais chez Talbot et vieux complice de Chambas, 110105 prend le départ des 24 Heures du Mans 1949, où elle termine quatrième. Elle sera hélas déclassée pour être tombée en panne sèche dans le tour supplémentaire qu'impose le règlement ! L'année suivante, elle termine à la treizième place, tandis que les deux Talbot d'usine de Rosier et Mairesse réalisent le doublé.
La Talbot Lago Grand Sport est pénalisée par un poids excessif en compétition. Aussi, en 1951, André Chambas fait recarrosser 110105 en barquette (toujours en aluminium) par Tunesi, à Vienne. Mais le résultat n'est pas à la hauteur des espoirs d'André Chambas, qui la dote en 1952 de deux compresseurs Rootes. Ainsi gréée, la barquette termine neuvième au Mans et première voiture française.

En 1953, Chambas perfectionne la suralimentation. Avec 240 ch, 110105 approche la puissance du 4,5 litres de compétition usine à double allumage. Charles de Cortanze remplace André Morel comme coéquipier, mais la voiture abandonnera sur bris de boîte de vitesses. Ainsi s'achève la carrière sportive de cette voiture, car, née en 1947, la Lago Grand Sport est maintenant dépassée en compétition. André Chambas fait remonter la carrosserie Contamin sur le châssis et met la berlinette en vente dans un garage lyonnais en 1957.
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On retrouve 110105 en 1958 aux Etats-Unis, où elle passe entre les mains de deux collectionneurs connus, avant d'être achetée en Angleterre par Bob King. Apparue dans les petites annonces des revues spécialisées britanniques en 1984, elle est acquise par un Belge, Adrien de Ghellinck, qui la cède peu de temps après à François d'Huart, collectionneur bien connu et déjà propriétaire de plusieurs Talbot Grand Sport (et ultérieurement d'une monoplace T26). L'heureux homme possède toujours cette superbe et attachante machine, qui, aussi fiable qu'entretenue avec soin, sait parfaitement se faire respecter dans le trafic moderne !

Signalons par ailleurs qu'après deux ans de fermeture pour travaux, le Musée du Circuit de Spa-Francorchamps rouvrira en octobre prochain. Parmi les nouveautés prévues, citons une Porsche 917 biturbo Canam de 1000 ch, une Maserati 250 F, une Chevron B8 et un bel ensemble de monoplaces : ERA, HWM de Formule 1, March 1972 ex-Niki Lauda (la première F1 du pilote autrichien) et Fittipaldi. Les marques belges seront à l'honneur avec une Impéria de 1930 et une FN de 1902 (une voiture), les motos de la célèbre marque de Liège étant également représentées, ainsi que les Saroléa et Gillet.
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Commentaires

avatar de Amiral 55
Amiral 55 a dit le 27-11-2007 à 09:20
un article sur Louis Rosier, un des pilotes exceptionnels qui a conduit cette voiture extraordinaire : http://www.fregate.info/article-14123399.html