Grand Prix de l\'Age d\'Or 2005

Le déménagement de l’Age d’Or à Dijon s’avère une réussite quant au spectacle, magnifique sur la piste comme dans les paddocks, où abondaient les voitures d’exception.

sommaire :

LOTUS Climax 16

Gilles Bonnafous le 07/07/2005

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Avec sa ligne de fin cigare, la Lotus 16 apparaît, avec la Maserati 250 F, comme l’une des plus belles Formule 1 de la seconde moitié du siècle dernier. Ses formes magnifiques en font également la plus réussie des monoplaces conçues par Colin Chapman.
LOTUS
G. Bonnafous
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Elle sera baptisée « mini Vanwall » en raison de la ressemblance de sa ligne aérodynamique avec la voiture créée par Tony Vandervell in 1956. Une bonne raison à cela, les deux machines ont été dessinées par le même ingénieur, Mike Costin. Mais la Lotus 16 s’avère beaucoup plus petite et plus fine. Elle doit notamment cette qualité à sa position très basse, obtenue grâce à l’arbre de transmission désaxé qui passe sous la jambe gauche du pilote — et non sous le corps de ce dernier comme sur les monoplaces conventionnelles.
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Historiquement, la Lotus 16 est la dernière F1 à moteur avant de Colin Chapman. Elle succède à la Lotus 12 apparue en 1957 pour la Formule 2. Plus sophistiquée, la 16 est alignée en Formule 1, mais elle pêche par son manque de fiabilité. De plus, les monoplaces à moteur avant ne sont plus compétitives face aux Cooper à moteur arrière. Colin Chapman réagira en concevant la 18 (moteur arrière), au volant de laquelle, en 1960, Stirling Moss offrira à Lotus sa première victoire en Formule 1 — à Monaco, dans une voiture engagée par Rob Walker.
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La Lotus 16 est motorisée par le quatre cylindres Coventry Climax de 2,5 litres, qui, dans cette version, développe 240 ch. Il est alimenté par deux carburateurs Weber double corps de 58 millimètres, les plus gros que le fabricant ait jamais construits ! Son couple généreux est obtenu dès 3000 tr/mn, le régime maximum se situant près 7000 tr/mn. La transmission est assurée par une originale boîte de vitesses séquentielle à cinq rapports, qui connaîtra pas mal de problèmes en course. La faute en revient à une navette, qui, chargée de sélectionner chaque vitesse en se déplaçant, sera victime de dysfonctionnements. Les conséquences en seront des rapports difficiles à sélectionner, voire des vitesses sautées — les pilotes ne savaient plus très bien sur quel rapport ils se trouvaient.

La Lotus 16 de Philip Walker, châssis n°368, a été construite en 1959 — au total sept Lotus 16 seront fabriquées. Elle est l’une des deux voitures d’usine qui courent cette année-là. Son meilleur résultat sera une sixième place prise par Graham Hill au Grand Prix des Pays-Bas couru à Zandvoort. Elle sera vendue ensuite à Bruce Halford, un pilote d’usine BRM, qui remportera à son volant de nombreuses courses historiques dans les années 70.
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Philip Walker a acheté sa Lotus 16 en 1993. Depuis, il s’illustre fréquemment dans les compétitions VHC, à l’instar de l’Age d’Or 2005, où il a dominé de la tête et des épaules la course des voitures de Grand Prix. Il était déjà venu à Dijon il y a deux ans, où il avait constaté que la boîte de vitesses ne tirait pas assez long sur la ligne droite du circuit. Cette année, la transmission avait été préparée pour atteindre les 275 km/h à 6500 tr/mn. Philip Walker adore le circuit de Dijon, où il prend un grand plaisir avec sa belle Lotus 16. Mais, dit-il, c’est une voiture fragile qu’il convient de piloter du bout des doigts…
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