Autojumble de Beaulieu 2006

L’Autojumble de Beaulieu a soufflé, les 9 et 10 septembre derniers, ses 40 bougies. C'est la première bourse d’Europe consacrée à l’automobile de collection.

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DAIMLER 2,5 L V8

Gilles Bonnafous le 20/10/2006

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Demi-sœur de la Jaguar Mk 2, la Daimler 2,5 litres V8 associe le meilleur des deux marques de prestige britanniques. Elle est le fruit du rachat en 1960 de la très ancienne firme Daimler, propriété de BSA depuis 1910, par la marque de Williams Lyons.

Présentée au salon d’Earl’s Court en 1962, la 2,5 litres V8 vise la clientèle Daimler, plus traditionnelle et plus huppée que celle de Jaguar. En témoigne son prix de 1568 £, de l’ordre de 100 £ supérieur à celui de la Jaguar équivalente.
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Les ingénieurs de Jaguar n’ont pas mis longtemps à réaliser le potentiel du V8 2,5 litres Daimler, finalisé peu de temps auparavant et qui se trouvait dans la corbeille de fusion des deux sociétés. Egalement monté sur le roadster Daimler SP 250, ce V8 à 90° de 2548 cm3 a été conçu par Edward Turner, le patron de BSA Automotive, qui a aussi dessiné le V8 4,5 litres de la Majestic.

Réalisé en aluminium, il affiche des cotes extérieures très compactes — seulement 76 centimètres de longueur. Moyennant quelques adaptations, il n’a pas été très difficile de lui faire sa place sous le capot de la Mark 2. Des modifications mécaniques ont encore été nécessaires, comme le tarage différents des ressorts de la suspension avant pour tenir compte de la légèreté du V8 par rapport au six cylindres double arbre Jaguar.
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Simplement culbuté, le V8 super carré (76 mm x 70 mm) reçoit toutefois des culasses hémisphériques. Alimenté par deux carburateurs SU HD6, le groupe développe 140 ch à 5800 tr/mn avec un couple de 210 Nm à 3600 tr/mn. Il est accouplé à une transmission automatique Borg Warner type 35 à trois vitesses montée en série.
Une boîte manuelle à quatre rapports sera disponible en option à partir de 1967 — avec overdrive également en option. La Daimler 2,5 litres V8 atteint la vitesse de 175 km/h et parcourt le 0 à 100 km/h en 13,8 secondes.
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Pour des coûts de développement très faibles, le nouveau modèle a relancé et donné un coup de jeunesse à Daimler. Tout en restant fidèle à la tradition d’exclusivité de la marque. Ce qui en a fait une voiture assez peu connue, et demeurée dans l’ombre de la Jaguar.

Si la 2,5 litres est nettement moins puissante que les Mk 2 3,4 litres et 3,8 litres de cylindrées très supérieures, elle taille des croupières à la Mk 2 de 2,4 litres. Avec en plus un grand agrément de conduite dû à sa mécanique douce et souple.
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Extérieurement, le principal élément d’identification de la Daimler par rapport à une classique Mk 2 est la calandre cannelée de la marque surmontée du logo (un D ailé), ainsi le décor de la plaque d’immatriculation arrière. On ajoutera quelques marquages ça et là et la lettre D disposée sur les enjoliveurs de roues.

En 1967, alors que les Mk 2, rebaptisées 240 et 340, perdent leur luxueux équipement standard, dont la sellerie cuir, la Daimler conserve quant à elle ses privilèges. Elle adopte toutefois, comme ses demi-sœurs, les fins pare-chocs empruntés à la Jaguar Type S, tandis que son appellation devient Daimler V8-250. Au total, un peu moins de 18 000 exemplaires du modèle seront produits jusqu’en 1969.
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Millésime 1963, la Daimler 2,5 litres V8 du marché de Beaulieu est l’une des premières construites. Elle apparaît dans sa superbe livrée en deux tons de bleu marine (très foncé) et or, des couleurs d’époque. Proposée à 6500 £, une valeur des plus raisonnables, elle a bénéficié d’une restauration partielle en 1998. La carrosserie a été repeinte dans les couleurs d’origine et des améliorations ont été apportées à la mécanique, comme la pose d’un alternateur et de freins Zeus sur les quatre roues.

Tim Laam, son propriétaire, l’a acquise en 2000. Amoureux (comme tout le monde !) de la ligne de la Mk 2, il souhaitait en même temps une voiture différente, moins courante que la Jaguar. Et puis, il voulait aussi goûter à l’onctuosité de l’excellent V8 Daimler. Pourquoi la vendre alors ? « Pour acquérir une voiture moins sophistiquée convenant mieux à un usage quotidien… »
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