Autojumble de Beaulieu 2006

L’Autojumble de Beaulieu a soufflé, les 9 et 10 septembre derniers, ses 40 bougies. C'est la première bourse d’Europe consacrée à l’automobile de collection.

sommaire :

EDSEL Corsair Cabriolet

Gilles Bonnafous le 19/10/2006

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Le cabriolet Edsel Corsair de 1959 présent à Beaulieu est un véhicule rare en Europe. Il représente une marque, qui, bien que portant le prénom du fils d’Henry Ford, président de la Ford Motor Company de 1919 à 1943, connut une histoire aussi courte que surprenante. Ne totalisant que 64 000 miles d’origine et n’ayant eu que deux propriétaires, la voiture était proposée à 13 850 £. Sous son capot, ronfle un V8 de 332 c.i. (5441 cm3), développant 225 ch.

Edsel constitue l’un des bides les plus célèbres de l’histoire de l’automobile. Bien qu’inventeurs du marketing, les Américains ont fait la preuve qu’ils pouvaient se fourvoyer magistralement en mettant sur le marché des produits incapables de trouver leur public. Avant Ford avec Edsel, Chrysler avait connu pareille infortune avec l’Airflow dans la seconde moitié des années trente.
EDSEL
Gilles Bonnafous
EDSEL
Gilles Bonnafous
Dans le milieu des années cinquante, la stratégie de Dearborn mise en place par Henry Ford II consiste à attaquer la General Motors sur tous les fronts, particulièrement en direction de la gamme moyenne (Pontiac-Buick).

Le but est également de repositionner les marques du groupe face à son concurrent en faisant remonter Lincoln face à Cadillac et en créant une nouvelle marque (Edsel), qui sera située entre Ford et Mercury et attaquera Pontiac et Buick. L'histoire d’Edsel est celle d’un plan marketing impeccable élaboré par un grand constructeur, mais qui aboutira à un désastre total. L’aventure ne durera que trois ans.
EDSEL
Gilles Bonnafous
EDSEL
Gilles Bonnafous

Lancée en 1958, la marque offre une large gamme de quatre modèles avec de nombreuses formes de carrosseries comme il est de coutume chez les constructeurs d’outre-Atlantique : ce sont les Citation et Corsair, hauts de gamme basés sur des châssis Mercury, et les plus économiques Pacer et Ranger sur base Ford. Mais la curieuse face avant apparaît lourde et agressive.

De plus, elle porte une calandre verticale, qui sera très décriée et raillée, faisant l’objet de multiples moqueries — elle sera notamment comparée à un collier de cheval et à un sexe féminin. Si cette esthétique différencie la marque, elle choque et dissuade la clientèle.
EDSEL
Gilles Bonnafous
EDSEL
Gilles Bonnafous
Le masque avant de la gamme 1959 est entièrement redessiné. Nettement plus harmonieux, il s’orne d’une calandre adoucie. La gamme est par ailleurs réduite à deux modèles : Ranger et Corsair. Ce dernier, qui est en fait une Pacer rebaptisée, existe en berline normale et hardtop, coupé hardtop et cabriolet.

Pour l’année modèle 1960, la dernière, les Edsel ne sont plus que des Ford, que quelques spécificités dans le design (face avant, capot, feux arrière et chromes sur les flancs) permettent d’identifier. Ne subsistent que la Ranger et le break Villager.
EDSEL
Gilles Bonnafous
EDSEL
Gilles Bonnafous

Les raisons de l’échec sont nombreuses. Outre la difficulté à imposer une nouvelle marque, on retiendra l’esthétique provocante, la mise en concessions rapide des voitures qui a entraîné une production de masse immédiate et amplifié les défauts de fabrication, et le ratage dans le positionnement des prix par rapport aux modèles Mercury (les Citation et Corsair sont plus chères que leurs homologues Mercury !).
EDSEL
Gilles Bonnafous
EDSEL
Gilles Bonnafous
Edsel est aussi arrivé au plus mauvais moment, alors que sévissait la récession de 1958 — qui allait amener les Big Three à lancer les compacts en 1960 — et tandis que plusieurs marques disparaissaient : Packard, Nash et Hudson, sans parler des difficultés de DeSoto qui allait bientôt renoncer (1963).
Edsel 1958
Edsel 1958 D.R.
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