Essai WIESMANN GT

Jean-François Destin le 12/01/2009

Construite à la main à partir de composants BMW, la Wiesmann GT est une voiture de sport à hautes performances (290 km/h), animée d'un V8 de 367 chevaux.

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Présentation

L'esprit d'une Ferrari 250 GT châssis court, la polyvalence d'une Porsche 911 et la fiabilité des composants BMW : tel est le cocktail détonant proposé par les frères Friedhelm et Martin Wiesmann sous la silhouette féline de la GT. Petit poucet de l'industrie automobile sportive mais indépendant, Wiesmann, fondé à la fin des années 80, produit à la main à Dülmen des voitures de sport encore plus exclusives que ses rivales de chez Ferrari ou Aston Martin.

Après le petit roadster que n'aurait pas renié Colin Chapman, idole de la famille Wiesmann, est apparue en 2006 cette Wiesmann GT. Avec ses proportions de proto de course (4,23 m de long pour 1,85 m de large et seulement 1,19 m de haut), elle cultive la différence par son long capot, ses passages de roues musclés, son court habitacle ramassé et ses hanches presque sensuelles. En matériau composite, la carrosserie frappée de la salamandre, effigie de la marque, repose sur un châssis en aluminium. L'écrin à partager à deux mêle sportivité, luxe et raffinement par l'application artisanale du cuir, du chrome et de l'alu, la quasi-totalité des équipements provenant de BMW. Le spécialiste de Munich fournit également le V8 4.8l de 367 chevaux, la boîte automatique 6 rapports avec commande séquentielle, les trains roulants, le système de freinage et toute l'électronique. Au-delà des performances (290 km/h et le 0 à 100 km/h en 4,6s), la Wiesmann GT offre des sensations uniques de pilotage. Un univers d'exception facturé 152.000 €.

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Design extérieur et intérieur

Une « Grand Tourisme » dans toute sa splendeur sculpturale. La GT de Wiesmann ne ressemble à aucune autre sportive du marché. Avec ses mini optiques sertis à la pointe de ses immenses ailes avant et sa calandre à la Jaguar, elle semble prête à dévorer le bitume. Plus singulier encore, l'arrière, avec ses feux saillants incrustés sur des ailes « bodybuildées » et sa poupe renflée concrétise bien la salamandre, emblème choisi pour ses aptitudes à s'accrocher à tous les supports.

Stricte deux places mais avec un coffre assez spacieux accessible par le hayon arrière, la GT Wiesmann propose un habitacle à la carte, au choix du client. Mise à part la commande joystick BMW de la boîte automatique, l'artisan allemand se distingue par de petits accessoires que l'on croirait sortis du musée. La poignée souple de fermeture des portes, la clenche et la tirette chromée de commande des phares en sont quelques exemples.

Entièrement recouvert de cuir beige (l'Alcantara est aussi disponible sans supplément), l'intérieur, très exigu notamment au niveau des jambes, joue la carte sportive. Notamment par son petit volant gainé de cuir, ses palettes et une console ou ont été rassemblés 6 cadrans cerclés de chrome et dotés d'un éclairage orange. Assortis de soutiens latéraux trop serrés, les sièges se révèlent plus flatteurs à l'œil que réellement confortables.

Mécanique, châssis

Pour la production de la GT et du roadster, les frères Wiesmann font appel exclusivement à BMW. Comme Alpina et Morgan, la petite marque de Dülmen est référencée BMW ce qui signifie qu'elle peut acheter tous les composants et équipements nécessaires. A commencer par le V8 de 367 chevaux qui équipait encore récemment le X5.

Jusqu'ici livrée avec la boîte mécanique à 6 rapports, la Wiesmann GT vient même d'hériter de la boîte automatique avec commande séquentielle. Suivra sans doute la boîte à double embrayage. A noter que la GT en version MF5 haut de gamme abrite le V10 5 litres de 507 chevaux des BMW M5 et M6 ! La Wiesmann GT bénéficie d'une bonne répartition des masses due à l'implantation du V8 en arrière du train avant. Associée à des voies larges et à un centre de gravité très bas, elle explique la qualité de la tenue de route et la maniabilité. Les trains roulants proviennent également de BMW avec une double triangulation tout en aluminium. Enfin, la direction et le système de freinage à disques ventilés sortent des fournisseurs BMW. Idem pour la surveillance électronique et notamment le DSC, le contrôle de trajectoire entièrement déconnectable.

Sur la route

Exclusive, la Wiesmann l'est dès les premières minutes d'utilisation. Pour accéder à bord, il faut comme avec une voiture de course enjamber le ponton latéral avant de glisser ses jambes dans l'étroit goulet menant aux pédales. Cependant on arrive à trouver une bonne position de conduite tout en découvrant la médiocre visibilité vers l'arrière. En appuyant sur le bouton frappé « Wiesmann », le V8 se réveille, la boîte en mode automatique montrant sa douceur de fonctionnement. La première bonne surprise vient d'une direction très directe et douce.

La seconde d'un freinage largement dimensionné compte tenu d'un poids plume de 1240 kg. La cadence s'accélérant, on apprécie la maniabilité et un châssis à l'équilibre parfait. La Wiesmann GT rassure et incite d'autant plus à aller taquiner les hauts régimes que nous voici sur le circuit de l'ouest parisien à Dreux. L'occasion de reprendre la boîte en manuel à l'aide des palettes au volant et de solliciter le V8 BMW tonique et omniprésent. Les tours s'enchaînent au rythme des vocalises des échappements spécialement travaillés. La Wiesmann s'accroche comme une salamandre à son mur, le contrôle de trajectoire peu intrusif intervenant très tardivement pour éviter le survirage.

Même sans béquille, la Wiesmann GT reste saine et facile à rattraper en toutes circonstances. Revenue sur la route, elle révèle en revanche ses points faibles. A savoir une insonorisation mal maîtrisée et surtout un confort décevant dû autant aux pneus de 19 pouces qu'à la raideur des suspensions. Enfin tous les cadrans essentiels étant regroupés sur la console centrale, il faut vraiment quitter les yeux de la route pour visualiser sa vitesse d'autant que le compteur se retrouve à droite du compte-tours. Un rappel de la vitesse en digital serait le bienvenu dans la (trop) petite fenêtre installée derrière le volant pour rassembler les témoins d'alerte.

À retenir

Quand on aime, on ne compte pas. Surtout dans la catégorie des sportives de très haut niveau. N'empêche, la Wiesmann fait payer cher son exclusivité et les 400 heures qu'il a fallu aux techniciens de l'usine de Dülmen pour l'assembler. Comparez son prix avec ceux d'une Aston Martin V8 Vantage ou d'une Porsche 911 3.8S, vous serez édifié. Outre sa silhouette atypique digne des plus belles GT des années 60, son atout principal réside dans sa personnalisation à l'infini, la plupart des acheteurs disposant d'un modèle unique. Pour Pierre Henri Mahul, importateur Morgan et Wiesmann à Paris, ces joyaux d'exception font partie des rares automobiles qui resteront insensibles à la crise.
points fortsSilhouette originale et unique, habitacle raffiné et à la carte, comportement routier de très haut niveau, performances et rendement du V8 BMW, douceur et instantanéité des palettes de commande au volant, freinage souverain, capacité du coffre.
points faiblesConfort décevant, insonorisation, habitacle mesuré, vulnérabilité des boucliers en ville, difficulté à visualiser la vitesse en roulant, détails de finition « artisanale », prix.
13.4

20
Les chiffres
Prix 2006 : 152 000 €
Puissance : 367 ch
0 à 100km/h : 4.6s
Conso mixte : 11.7l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 17/20
Sécurité active et passive : 15/20
Confort et vie à bord : 9/20
Budget : 8/20

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Avis des propriétaires

Commentaires

avatar de outdoor74
outdoor74 a dit le 19-01-2009 à 18:10
Wouah ( bis... )
avatar de propulsion
propulsion a dit le 18-01-2009 à 09:27
Belle coupe pr cette sportive, juste un peu trop large pour apprécier les routes de campagne. Mais bon, les acheteurs de ce genre d'autos dorénavant sont calibrés sur la fortune et non le goût de la bonne auto.
avatar de Randomax
Randomax a dit le 16-01-2009 à 20:19
Wouah !