Essai VOLKSWAGEN Golf VII R

Loïc Bailliard le 15/09/2014

Dans un segment des compactes sportives en pleine explosion, la nouvelle Volkswagen Golf R entend bien devenir la nouvelle référence. A-t-elle les moyens de ses ambitions ?

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Appelez-la « Super GTI » !

Mégane RS, Audi S3, Seat Leon Cupra et bientôt Honda Civic Type R : le segment des compactes sportives est en pleine effervescence et les nouveautés s'enchaînent, toutes plus bluffantes les unes que les autres. Ainsi, la dernière Audi S3 a-t-elle marqué un tournant pour le constructeur aux Anneaux, tandis que la Leon Cupra nous a clairement impressionnés. Quant à la Mégane RS Trophy, elle prouve que Renault n'a pas fini d'affûter son scalpel. Face à de telles concurrentes, une simple Golf GTI ne fait pas le poids, aussi agréable soit elle. Non, il était temps pour Volkswagen de dégainer le « R » et dévoiler le réel potentiel septième génération de Golf. Nouvelle plate-forme, nouveau moteur, nouveau look : si le nom reste identique, les changements par rapport à la précédente Volkswagen Golf R sont nombreux et profonds. Le tout avec un seul objectif en tête : devenir la reine des super-GTI.

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Le feu de l'action

Une pression sur le bouton « mode » situé à côté du levier de vitesse et je passe de « confort » à « race ». Aussitôt, la voiture se tend, prête à attaquer. Les grognements de l'échappement s'amplifient, la réponse de l'accélérateur se fait plus vive, la direction s'affermit et, surtout, les suspensions se raidissent. Alors que la moindre aspérité de la route semblait gommée il y a quelques secondes, je ressens désormais les plus petits défauts de cette départementale francilienne. Pour autant, l'ensemble ne peut toujours pas être qualifié de cassant. Quel que soit le mode choisi, la sensation de raffinement dans le maintien de caisse est toujours présente en arrière plan, démontrant la justesse des choix de Volkswagen dans le développement de la Golf R. Ma main se pose sur le beau levier qui commande la boîte manuelle.

En quatrième, sous les 3 000 tr/min, le moteur souffre d'un léger temps de réponse, plus marqué que sur une Seat Leon Cupra 280 annonçant pourtant 20 ch de moins, mais dépourvue, elle, de transmission intégrale. Heureusement, il suffit d'un rétrogradage en troisième pour que le 2.0 TFSI se fasse presque bestial. Il délivre alors une note rauque et rageuse qui évoque les GTI des années 80, tandis que l'aiguille du compte-tours s'envole au-delà des 6 000 tr/min. Car si les 300 ch sont disponibles à partir de 5 500 tr/min, ils restent disponibles jusqu'à 6 200 tr/min.

Montagnes russes

Le paysage se met à défiler en accéléré tandis que les rapports s'enchaînent. Le tachymètre passe d'une vitesse « inavouable » à « franchement déraisonnable » en quelques instants, tandis que se profilent les premiers virages. Une légère courbe abordée à bonne vitesse permet de constater que la plate-forme MQB et les suspensions adaptatives ont gommé le flottement dont souffre un Scirocco R dans les mêmes conditions. Le freinage n'est pas aussi mordant qu'espéré lorsqu'on attaque réellement, mais il reste ajustable et puissant. Cinquième, quatrième, troisième, seconde, la route plonge sur un long virage à droite qui s'élargit. La direction est précise et la Golf R se place sans effort. Je repasse la troisième en sortie de virage pour enchaîner sur un léger gauche dans une cuvette et remonter dans un S avec un changement d'appui au sommet. Une légère pression sur la pédale centrale permet de délester la voiture au milieu de ce « pif-paf », laissant l'arrière enrouler juste ce qu'il faut pour qu'on sente bouger la Golf R, sans jamais craindre pour sa sécurité.

Les quatre roues motrices et le différentiel permettent alors de reprendre plein gaz et de sentir la voiture ajuster sa trajectoire et se catapulter sur l'enchaînement suivant. La manœuvre est jouissive et extrêmement gratifiante, même si je sais bien que ce résultat est davantage dû à l'incroyable efficacité de la voiture qu'à mes talents de pilote ! Car la Golf est rageuse et précise, mais aussi ajustable et très permissive. Le plus impressionnant reste peut-être sa polyvalence. Car en repassant sur le mode confort, je retrouve une Golf bien amortie, plutôt silencieuse et douce, idéale pour l'autoroute ou la ville. Contrairement à la précédente Golf R, elle s'inspire de la GTI pour devenir parfaitement envisageable au quotidien. Le meilleur compliment que l'on puisse faire à la R, c'est qu'elle partage le caractère de sa lointaine cousine, l'Audi S1 : précise si l'on veut, fun lorsqu'on le souhaite, sauvage dans les tours et parfaitement civilisée quant il le faut.

Petites touches

Son style reflète d'ailleurs cette philosophie. Sans la classique teinte bleue qui l'habillait, notre exemplaire d'essai serait presque passé inaperçu. Certes, les regards avisés noteront immédiatement les logos R sur les flancs, la proue et la poupe, les jantes 18 pouces spécifiques ou encore le classique kit carrosserie musclé. Mais la Volkswagen Golf R n'en fait pas trop, et apparaît presque plus discrète que sa devancière. Elle troque d'ailleurs les deux échappement centraux pour des doubles sorties plus classiques. On remarque également les optiques fumées à l'arrière.

C'est dans la pénombre que l'habitacle de la Golf R est le plus agréable à découvrir. Les seuils de portes et les contreportes arborent en effet un liseré bleu lumineux du plus bel effet, qui répondent aux surpiqûres et autres touches bleutées qui ponctuent la cabine. Si les sièges ne sont pas électriques, on arrive aisément à trouver une position de conduite agréable dans ces semi-baquets enveloppants et confortables. Les amateurs de technologie sont également servis avec le système d'infodivertissement piloté par un bel écran tactile ultra-réactif et rapide. Globalement, on est bien à bord de cette Golf, même si elle conserve un peu trop du sérieux de rigueur chez Volkswagen. Ici, la sportivité s'applique par petites touches, sans exubérance. Mais cela colle au caractère de la R.

À retenir

Certes, la Volkswagen Golf R n'a pas tout à fait la précision aux limites qu'offre une Renault Mégane RS Trophy. Mais elle compense cette légère faiblesse par un raffinement et une polyvalence hors du commun dans la catégorie. Et elle ajoute à ça un moteur plus rageur, plus moderne et plus musical que le 2.0 turbo français. Si l'acheteur à la recherche d'un engin pour des sorties circuit le week-end pourra donc légitimement hésiter entre les deux, celui qui souhaite garder toutes ses options ouvertes devrait foncer chez Volkswagen les yeux fermés. Car cette génération de Golf R fera date.
points fortsPolyvalence, qualité de l'amortissement, caractère moteur dans les tours, étagement et maniement de la boîte manuelle, motricité, qualité intérieure.
points faiblesManque de mordant du freinage, tarif, moins précise qu'une Mégane RS aux limites, légère latence à bas-régime.
17.7

20
Les chiffres
Prix 2014 : 48 517 €
Puissance : 300 ch
0 à 100km/h : 5.1s
Conso mixte : 7.1l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 18/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 17/20
Budget : 16/20

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Avis des propriétaires

Commentaires

avatar de jlmiss
jlmiss a dit le 19-09-2014 à 09:54
J'ai eu une Mégane RS Cup Luxe Trophy et j'ai maintenant un Golf R DSG Les deux voitures sont très très bien La Mégane RS est plus "joueuse" et hyper agréable et performante en conduite sportive mais son moteur est quand même un cran au dessous de celui de la Golf R qui est plus vif et plus progressif Côté suspensions léger avantage à la Golf R quand on prend le chassis piloté en option Côté freins léger avantage à la Mégane RS : les siens sont plus endurants Côté motricité il n'y pas photo : la Mégane RS est dépassée avec ses deux roues motrices Côté pratique, finitions et équipements là aussi la Golf est loin devant Dommage que Renault n'ai pas fait une SUPER MEGANE