Essai BMW M4 Coupé

Vincent Desmonts le 10/09/2014

La BMW M4 inaugure un nouveau matricule, mais aussi un moteur 6 cylindres biturbo inédit et une coque allégée. Performances et sensations sont-elles toujours au rendez-vous ?

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La science du compromis

Il faudra s'y faire : puisque désormais les coupés BMW Série 3 se prénomment Série 4, il était logique que le modèle M en étant dérivé soit baptisé… BMW M4 Coupé. Une nouvelle appellation dans la gamme pour un modèle qui, à première vue, ne semble pas bouleversé. Le style reste familier, la puissance équivalente (431 chevaux contre 420 précédemment) et la recette identique : offrir le meilleur compromis entre performances élevées, sensations sportives et utilisation quotidienne, y compris avec des enfants. Pourtant, en réalité, les changements sont profonds, puisque la BMW M4 change d'architecture mécanique et reçoit une nouvelle plateforme « F80 » mettant l'accent sur l'allègement.

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Le beurre et l'argent du beurre ?

Côté moteur, la BMW M3 avait déjà exploré pas mal d'options technologiques : 4 cylindres (E30), 6 cylindres (E36 et E46) et dernièrement V8 (E90). Mais sa remplaçante la M4 innove en recevant un 6 cylindres suralimenté portant le nom de code S55B30. S'il reprend les cotes du N55 équipant les modèles « 35i », il a été profondément remanié. Il combine deux turbocompresseurs, la levée variable des soupapes Valvetronic et le double calage variable de la distribution Vanos.

Ce 3 litres développe ainsi 431 chevaux (11 de plus que la M3 E90) et délivre surtout un couple de 550 Nm dès 1 850 tr/min (contre 400 Nm à 3 900 tr/min pour le V8 qu'il remplace). Pour couronner le tout, la puissance maxi est disponible de 5 500 jusqu'à… 7 300 tr/min, tandis que la zone rouge démarre 300 tr/min plus tard. Bref, sur le papier, ce nouveau moteur a tout pour plaire : du couple en bas, de la puissance en haut, une large plage d'utilisation, et même un système de clapets actifs à l'échappement pour soigner sa signature sonore.

Performances au top, sonorité en sourdine

Pourtant, à l'usage, on ne peut s'empêcher d'être un peu déçu. Sûrement pas par les performances, franchement percutantes : avec la boîte à double embrayage, BMW annonce un 0 à 100 km/h en 4,1 secondes et un kilomètre départ arrêté en seulement 21,9 secondes. Et je peux vous dire que, volant en mains, on ne doute pas une seconde de la pertinence de ces chiffres ! Le « S55 » est plein à tous les régimes et pousse fort quelque soient les circonstances.

Malgré tout, on se rend vite compte que chercher les 7 600 tr/min n'apporte rien de plus : une fois arrivé à 5 500-6 000 tours, le 6 cylindres a déjà quasiment tout donné. Pas de coup de boost supplémentaire à espérer, à peine une légère variation dans la sonorité, essentiellement issue de l'échappement et constituée d'une sorte de bourdonnement pas forcément des plus mélodieux. Paradoxalement, on se consolera avec une consommation bien maîtrisée en usage courant, et un taux de CO2 étonnamment faible vu la puissance, avec seulement 194 g/km ! Et là, d'un coup, une angoisse nous saisit : la BMW M3/M4 aurait-elle perdu son âme dans la course au politiquement correct ?

Du carbone à tous les étages

Côté style, en tous cas, pas de compromission : les gènes M sont bien présents. À l'avant, si la calandre et les optiques sont nouveaux, l'ouverture centrale du bouclier semble tout droit sortie de la précédente M3, tandis que le « power dome », ce renflement sur le capot caractéristique des BMW M3, est toujours là, tout comme les petites prises d'air sur les ailes avant, qui ont simplement été redessinées. Autre signe distinctif : les rétroviseurs au profil spécifique, qui ont inspiré des générations d'amateurs de tuning ! À l'arrière, les ailes renflées accueillent des voies élargies qui assoient la voiture au sol. Le couvercle de malle, réalisé en plastique renforcé à la fibre de carbone sur le coupé M4 (il est en tôle sur la berline M3), intègre élégamment un becquet aérodynamique. Le carbone est d'ailleurs omniprésent, puisqu'on le retrouve également sur le toit (où il contribue à l'abaissement du centre de gravité), sous le capot (sous la forme d'une belle barre anti-rapprochement) et… sous la voiture : l'arbre de transmission est un tube de fibre de carbone, 40 % plus léger que l'élément en acier de l'ancien modèle.

Intérieur chic et sport

L'habitacle est pour sa part à la fois sportif et cossu, particulièrement lorsqu'il s'habille de la sellerie cuir étendue comme sur notre modèle d'essai (une option à 1 600 €). Comme toujours, la position de conduite est très facile à trouver et l'ergonomie ne dépaysera pas les habitués des productions BMW.

La M4 se distingue des autres Série 4 par l'accastillage classique des modèles M : joli volant trois branches et instrumentation spécifique (avec une zone rouge du compte-tours variable suivant la température de l'huile moteur), auxquels s'ajoutent des sièges baquet estampillés d'un logo « ///M » qui – suprême raffinement – est rétro-éclairé de nuit ! Deux adultes s'installeront aisément à l'arrière, tandis que le coffre dispose d'une capacité, correcte, de 445 dm³. Quant à l'équipement de série, il est plutôt complet, et inclut notamment les sièges électriques à mémoires, les phares à LED ou encore l'affichage tête haute.

Moins de poids, plus d'agilité

Mais revenons à nos moutons : la BMW M4 Coupé a-t-elle vraiment vendu son âme au diable ? Heureusement non. Car le downsizing n'a pas que des mauvais côtés ! Un plus petit moteur, c'est aussi moins de poids sur le train avant, donc en théorie une agilité en hausse. Et, au global, entre la multiplication des pièces en carbone, l'adoption d'un moteur moins gros et la plateforme allégée dérivée de la Série 3 F30, BMW annonce un poids en baisse d'environ 80 kg à équipement équivalent par rapport à la M3 Coupé E90. Et cela se sent : la M4 Coupé se montre plus alerte lors des changements d'appui que sa devancière. Nettement mieux amortie, aussi, avec un compromis confort/tenue de route nettement plus convaincant que par le passé. En option, il est possible d'opter pour la suspension pilotée SelectDrive (1 950 €), qui offre trois réglages de fermeté pour s'adapter à tous les usages. De fait, à l'exception de bruits de roulements marqués, la M4 Coupé affrontera les longs trajets sans engendrer de fatigue chez ses occupants.

Fabuleux équilibre

En mode « attaque », on apprécie également le fabuleux équilibre de cette propulsion réglée aux petits oignons : la direction est précise, le train avant incisif, tandis que les dérobades de l'arrière sont prévenantes et faciles à gérer. Le différentiel autobloquant piloté M se révèle alors un allié précieux, combinant motricité excellente et progressivité à la limite. Une limite qu'il est facile d'atteindre vu la générosité en couple du 6 cylindres biturbo ! Heureusement, le mode « relâché » du contrôle de stabilité (baptisé M Dynamic) permet de s'amuser aux abords de cette limite tout en conservant un filet de sécurité. Appréciable sur route ouverte ! Il conviendra cependant de rester prudent : la BMW M4 Coupé conserve un caractère bien trempé, et si son amortissement a progressé, il reste perfectible sur les routes les plus dégradées. Gare aux écarts de conduite !

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À retenir

Nous voilà pleinement rassurés : la BMW M4 Coupé est bien une vraie « M », généreuse en sensations, ludique mais un brin caractérielle ! Sa cure d'allègement et son châssis affûté en font une arme aussi redoutable qu'amusante. Dommage que, côté mécanique, le caractère enjoué et mélodieux des anciens blocs atmosphériques se soit envolé sous l'effet du « downsizing »...
points fortsComportement routier efficace et ludique, performances de haut vol, amortissement en progrès, boîte à double embrayage rapide, polyvalence et confort.
points faiblesCaractère mécanique effacé, quelques à-coups de transmission.
16

20
Les chiffres
Prix 2014 : 85 850 €
Puissance : 431 ch
0 à 100km/h : 4s
Conso mixte : 8l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 18/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 17/20
Budget : 15/20
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Commentaires

avatar de karnager01
karnager01 a dit le 11-09-2014 à 21:22
ils sont marrant les essayurs français, quand il s'agit d'une allemande ils taillent sans cesse mais quand il s'agit d'une française avec moteur bidon ils sortent des expressions moteur tonique, chassis incroyable......c'est sur que quand on conduit chez le meilleur motoriste au monde on sort des excuses. on ne compare pas une bmw et une Peugeot ou Renault il va falloir comprendre plus la bmw vieillit plus elle est incroyable;bande de rigolos essayeurs en guimauve qui bandent sur des c1 ou 508 qui ne ressemblent à rien. une bmw de 10ans est meilleure qu'une francaise de 2ans....je parle en connaissanc de cause avec du vécut