Acheter une LAND ROVER Range Rover (1970 - 1994)

Stéphane Schlesinger le 04/07/2022

Ce 4x4 iconique, précurseur des SUV de luxe européens, voit sa cote grimper continûment, son look étant particulièrement apprécié.

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LAND ROVER Range Rover (1970 - 1994)

Si les frères Wilks, patrons de Rover, ont fait concevoir le Land sorti en 1948 pour disposer d'un véhicule à même de remplacer leur Jeep, c'est encore des États-Unis que viendra l'inspiration donnant naissance à leur second 4x4. Dès les années 1950, la marque anglaise cherche à développer un tout-terrain à vocation plus touristique qu'utilitaire afin d'augmenter ses ventes. Sans succès. Fin 1962, aux USA, sort la Jeep Wagoneer, un engin civilisé et confortable doté de belles aptitudes en hors-piste grâce à ses quatre roues motrices. Suit en 1965 le Ford Bronco, au concept relativement similaire. Cela relance chez Rover, en 1966, les études d'un 4x4 polyvalent. L'ingénieur Gordon Bashford récupère ainsi le châssis du Land, dont il assouplit les suspensions. Il lui greffe le V8 d'origine Buick que Rover a récupéré, et l'accouple à une transmission intégrale permanente. Le tout s'emballe d'une carrosserie civilisée dessinée par Spen King, que David Bache retouchera pour la rendre carrément séduisante.

Le 17 juin 1970, le Range Rover “Suffix A” est présenté à la presse. Celle-ci s'enthousiasme pour cette auto charismatique, chic et aussi à l'aise dans les beaux quartiers que dans la boue. Performant pour un 4x4 (150 km/h en pointe grâce aux 135 ch du 3,5 l), le Range suscite rapidement une liste d'attente, composée notamment de clients plus habitués aux grandes routières. Il rencontre donc un grand succès malgré son prix élevé : 39 500 F en 1972 (soit 40 000 € actuels selon l'Insee). Il évoluera par la suite très lentement, grâce à ses bonnes ventes et à la déconfiture de la British Leyland, propriétaire de Rover. Il reçoit ainsi des modifications mineures en 1972 (“Suffix B”), puis d'autres à la fin de 1973 (montant arrière noir et non plus peint et direction assistée en option par exemple) qui lui valent le surnom de “Suffix C”. Il change encore dans le détail en 1974, quand du tissu remplace le vinyle des sièges.

La décennie 1980 sera à l'opposé : frénétique. En effet, le premier changement significatif intervient en 1981. Outre une direction assistée de série et des vitres électriques, le Range s'équipe de portes arrière. Fin 1982, une boîte auto est disponible en option et une finition luxueuse Vogue débarque, alors qu'en 1983 l'unité manuelle passe de 4 à 5 rapports. En 1985, le tableau de bord est remanié, l'allumage devient électronique, et l'injection fait son apparition (168 ch et consommation en baisse) sur la finition Vogue. En 1986, un turbo-diesel italien VM de 2,4 l (106 ch) s'installe sous le capot, et en fin d'année la calandre adopte des barres horizontales et non plus verticales. En 1988, la Vogue SE embellit son habitacle de sièges en cuir à réglages électriques et d'un toit ouvrant. En 1989, un ABS vient renforcer le freinage, le V8 grimpe à 3,9 l (185 ch), le diesel à 2,5 l (121 ch). En 1990, la suspension est revue (barre antiroulis de série sur les Vogue). En 1992, des coussins pneumatiques pilotés débarquent, et en 1993 une version longue LSE (+ 18 cm) complète la gamme, équipée d'un 4,2 l de 200 ch. Simultanément, le bloc VM est remplacé par un Rover à injection directe, le 200 TDi de 111 ch. En 1994, un nouveau tableau de bord comportant des airbags est installé, et le diesel se renomme 300 TDi en adoptant un intercooler, juste avant l'arrivée d'une nouvelle génération de Range Rover (qui conserve la technique de l'ancien modèle), codée P38. À cette occasion, le Range originel est rebaptisé officiellement Classic, puis disparaît en 1995. Près de 320 000 exemplaires en ont été écoulés, dont plus de 10 000 en France, où la victoire au Paris-Dakar 1979 l'a bien aidé.

Solide par sa structure et nanti d'une carrosserie partiellement fabriquée en aluminium, donc peu sensible à la corrosion, le Range pâtit toutefois d'une qualité de fabrication incertaine qui a précipité nombre d'exemplaires à la casse. De sorte que les vrais beaux numéros sont bien rares, a fortiori parmi les premiers fabriqués. Ce 4x4 iconique, précurseur des SUV de luxe européens, voit sa cote grimper continûment, son look étant particulièrement apprécié. Comptez 17 000 € minimum en bel état pour un Range des années 1980, les “Suffix A” initiaux étant bien plus chers (rien à moins de 60 000 €).

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