Acheter une JENSEN INTERCEPTOR

Stéphane Schlesinger le 02/04/2021

Très puissante et luxueuse, la Jensen Interceptor rivalise efficacement avec les Aston Martin malgré sa technique rustique. Elle est aussi plus facile à vivre et abordable.

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Missile intercontinental

JENSEN INTERCEPTOR

Peut-être est-ce la dénomination la plus alléchante de l'histoire automobile : Interceptor ! Elle désigne à partir de 1966 une Jensen à la ligne charismatique due à Federico Formenti, de chez Touring. Fabriquée par Vignale, elle habille un châssis de C-V8, modèle que l'Interceptor remplace, en en conservant le moteur et la transmission. Ainsi composée, elle rencontre un grand succès. Style italien, V8 Chrysler 6,3 l de 325 ch, finition luxueuse, elle en remontre à l'Aston DB6… Facturée 70 000 F (78 700 € actuels), la Jensen est chère, mais moins que sa rivale (89 500 F).

Dès août 1967, pour une meilleure qualité, le constructeur rapatrie la production en Angleterre et en profite pour modifier sa GT : sièges en cuir Connolly, apparition d'un extracteur d'air sur les montants arrière... Pour sa part, le V8 Chrysler gagne 5 ch, tandis que la boîte auto TorqueFlite est peaufinée. Fin 1968, l'Interceptor adopte une direction assistée puis, en octobre 1969, connaît sa première grosse évolution. Appelée Mk II, elle se distingue par son pare-chocs avant relevé pour satisfaire aux normes américaines.

Dans l'habitacle, la planche, nouvelle, se taille dans du plastique rembourré, plus sûr en cas de choc, alors que sous le capot, le V8 est refroidi par un radiateur plus grand. Mais, en 1971, le moteur chute à 300 ch. Heureusement, en août, sort l'Interceptor SP, pour “Six Pack”, nantie d'un V8 7,2 l qui, gavé par 3 carburateurs Holley, développe quelque 385 ch. La SP se distingue par son capot nervuré. Manque de bol, trop polluante, elle ne peut être vendue aux États-Unis et la production s'arrête en 1973, après 232 unités… En septembre 1971, l'Interceptor entre dans sa troisième série, reprenant les jantes et les freins améliorés de la SP. Dans l'habitacle, la clim est de série, le tableau légèrement remanié et le volant ne compte plus que deux branches.

Normes oblige, Chrysler dépollue ses moteurs, au détriment de la puissance. Pour compenser, l'Interceptor adopte en mars 1973 le bloc de la SP, en le dotant simplement d'un carburateur quadruple corps : il s'en tient à 284 ch. Les ventes chutent, à cause de la crise du pétrole, et Jensen ne pourra plus améliorer l'Interceptor que dans le détail. La Mk IV se contente d'un refroidissement revu, tandis que la Mk V de 1975 enjolive son tableau de bord de placages en ronce de noyer. Acculé, Jensen ferme ses portes fin 1976. Au total, 6 408 Interceptor ont été fabriquées en 10 ans, un succès commercial qui se solde par une faillite : dommage.

Précautions d'achat

Simple techniquement et dotée de mécaniques éprouvées, l'Interceptor est fondamentalement robuste, mais gare à ses soucis de refroidissement et à son électricité parfois fantaisiste. La rouille est aussi un problème (normal vu l'âge), mais l'auto vieillit très correctement. Mieux, nombre de ses éléments sont refabriqués.


La cote

Longtemps restée aux alentours de 50 000 F puis 10 000 €, la cote de l'Interceptor connaît une embellie depuis 2010, surtout pour les phases I : 60 000 €. Les phases II et III sont environ 10 000 € moins chères, ces dernières remontant à 55 000 € avec le moteur 7,2 l, tout comme les IV et V. Les SP dépassent les 60 000 €, tout comme les cabriolets. Des valeurs stables.

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