Acheter une FERRARI Ferrari FF (2011 - 2016)

Stéphane Schlesinger le 08/11/2022

La FF a cassé pas mal de codes chez Ferrari, mais elle a ouvert la voie au Purosangue à la mécanique relativement proche. Boudée par les puristes, elle a atteint une cote plancher. Pourtant, quelle auto !

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Le break de chasse de Maranello

FERRARI Ferrari FF (2011 - 2016)

À l'instar des autres spécialistes de la voiture de luxe, Ferrari s'est demandé depuis longtemps s'il pouvait produire un SUV. Car c'est cette catégorie de véhicules que le marché réclame, surtout en Asie et aux États-Unis, ainsi que Porsche l'a montré avec ses Cayenne et Macan.

Mais, voici une quinzaine d'années, le Rubicon était encore trop large pour les ingénieurs de Maranello. Néanmoins, ceux-ci ont bien examiné les avantages des SUV en matière de praticité et ont fait leur sélection. Le hayon par exemple et la transmission intégrale ont été retenus, mais pas la garde au sol surélevée, ni les portes arrière.

Pour intégrer le premier tout en conciliant une bonne habitabilité pour quatre, Pininfarina a tracé une carrosserie façon break de chasse, un type jamais vu à Maranello. Aussi, la FF (pour “Ferrari Four”) fait-elle sensation quand elle sort début 2011.


Mais le plus intéressant concerne les quatre roues motrices. Franco Cimatti, responsable du développement des avant-projets chez Ferrari, a supervisé un système inédit sur une voiture, destiné à limiter la prise de poids. Jusqu'à 20 % de la puissance est transmise au train avant non pas par un arbre animé par la boîte de transfert, mais par un Power Transfer Unit (PTU). Ce bloc, fixé à l'avant du vilebrequin, en récupère la puissance et la distribue aux roues via un renvoi d'angle, deux vitesses et deux embrayages pilotés, un par côté. Ainsi, sur les quatre premiers rapports de la boîte (après il se désactive, faisant de la FF une propulsion) il peut ajuster en continu l'énergie distribuée aux roues.

Et de l'énergie, il y en a ! En effet, le V12 de 6,3 l, dérivant de celui de l'Enzo, est équipé d'une injection directe et développe 660 ch pour 683 Nm : c'est le plus puissant alors proposé par Ferrari. Il est attelé à une boîte 7 Getrag à double embrayage, elle-même reliée à un différentiel arrière à glissement limité et piloté.

Côté suspension, on découvre une double triangulation avant et un essieu arrière multibras, le tout complété par des amortisseurs magnétiques SCM3 de seconde génération. Un cerveau électronique évolué gère aussi bien la mécanique que les trains roulants en fonction du mode de conduite choisi. Du très haut niveau pour cette 4-places à hayon dépassant les 330 km/h. Elle avale tout de même 15,4 l/100 km, son poids étant très élevé (1 880 kg).

Une fiche technique superlative pour un prix qui l'est tout autant : 261 514 €, soit 288 000 € actuels selon l'Insee. Cela comprend tout de même un cockpit tendu de cuir doté de sièges électriques et d'une clim auto bizone. Par la suite, la FF ne va guère évoluer, recevant simplement le système Apple CarPlay en 2014. Elle est remplacée en 2016 par la GTC4 Lusso qui en est une évolution profonde. 2 291 unités ont été produites, soit un score honorable, mais sans plus.

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Au volant

Ambiance high-tech dans la Ferrari FF, ce qui n'exclut ni le luxe ni l'espace : les places arrière logent aisément deux adultes. À l'avant, on profite d'une parfaite position de conduite. Le V12 sonne merveilleusement, mais moins que dans une 612. Doux et progressif, il garantit des performances stratosphériques quand on atteint les hauts régimes. La boîte à double embrayage garantit des accélérations sans rupture de couple et contribue aux chronos phénoménaux. Le châssis connecte bien le conducteur à la route et la FF peut se montrer joueuse, acceptant gentiment de survirer quand on remet les gaz en appui sur le mouillé et à faible vitesse. Sympa ! On apprécie aussi le bon confort de suspension, mais moins les bruits de roulement un peu trop présents et la finition perfectible. Sport ou voyage, cette 4-places se plie à tous les usages.

Fiabilité

On relève des soucis de PTU, son huile étant parfois contaminée par celle du moteur suite à un problème d'étanchéité. Heureusement il se répare, car son changement revient à plus de 30 000 € ! Quelques défaillances ont aussi affecté la boîte à double embrayage, liées à des soucis de capteur ou d'étanchéité. Elle se répare, elle aussi. Normalement, tout ceci a été résolu. Demeurent quelques ennuis électriques, la batterie détestant rester plus d'une semaine sans être sollicitée ou rechargée.

La cote

De par sa ligne et ses quatre roues motrices, la FF déroute les puristes de Ferrari. Ceci explique peut-être sa cote en chute constante. Actuellement, elle se déniche dès 115 000 € en bel état, avec un peu moins de 100 000 km. Les prix sont d'ailleurs très dépendants du kilométrage et des options, plus que de l'âge. À 140 000 €, typiquement, on s'offre une FF de moins de 40 000 km et bien configurée. À 160 000 €, on en déniche même à moins de 10 000 km. La cote semble stabilisée.

Evolution

- 2011 : La FF est dévoilée en janvier.

- 2014 : Modification du système multimédia, compatible avec Apple CarPlay en mars.

- 2016 : Fin de production.

3 points clés

- Polyvalence inédite pour une Ferrari

- Performances exceptionnelles

- Cote stable

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