Acheter une BENTLEY Continental R (1991 - 2003)

Stéphane Schlesinger le 10/07/2019

Racheté par Rolls-Royce en 1931, Bentley a été mis de côté à partir de 1966. Fini les superbes coupés dotés d'une carrosserie spécifique qu'étaient les Continental !

Valeur à suivre

BENTLEY Continental R (1991 - 2003)

Racheté par Rolls-Royce en 1931, Bentley a été mis de côté à partir de 1966. Fini les superbes coupés dotés d'une carrosserie spécifique qu'étaient les Continental ! La marque au glorieux passé en compétition s'est mise à ne produire autre chose que des Rolls dotées d'une décoration vaguement différente, laissant même à la Flying Lady l'exclusivité d'un coupé chapeautant la gamme, la très discutable Camargue. Heureusement, au début des années 1980, David Plastow, directeur général de Rolls-Royce Motors, décide de raviver les racines sportives de Bentley. Ainsi, sa berline Mulsanne reçoit un turbocompresseur en 1982, qui accroît de 50 % la puissance de son moteur, traditionnellement gardée secrète. Cette Turbo R (pour 'roadholding', tenue de route) n'a pas d'équivalent chez Rolls-Royce, qui préfère s'orienter vers le luxe et le confort. Et c'est sous le blason Bentley qu'apparaît en 1985 le très intéressant concept Projet 90. Un coupé fluide et élégant qui, en 1991, connaîtra une application en série, certes largement modifiée : la Continental R. Le délai de passage à la série a été mis à profit pour réaliser une étonnante étude aérodynamique, réduisant le Cx à 0,37, au bénéfice du rendement mais aussi de la réduction des bruits d'air. Dérivant de la Mulsanne Turbo R, la Continental R inaugure une version à 4 rapports de la boîte auto GM alors utilisée par les marques anglaises. Gigantesque par ses dimensions (5,34 m de long), la Bentley l'est aussi par son prix : 1 654 470 F en 1992, soit 365 200 € actuels. C'est alors l'une des voitures les plus chères du monde. Mais par son luxe exceptionnel, cela semble justifié. Fort de 320 ch, puissance (là encore estimée) somme toute banale déjà à l'époque, son V8 de 6,75 l offre surtout un couple théorique monstrueux de 620 Nm environ, un record pour un modèle de - petite - série. La britannique pointe alors à 233 km/h, atteignant les 100 km/h en 6,6 s, des chiffres très intéressants pour une auto de 2 420 kg !

Grâce à elle, Bentley fait valoir sa différence par rapport à Rolls-Royce, puis la cultive en faisant constamment évoluer son immense coupé. En 1994, les jantes passent à 17 pouces, la puissance du V8 à 360 ch et le couple à 750 Nm, grâce à l'intervention de Cosworth, même si ces données sont, une fois encore, non officielles. Fin 1996, nouvelle hausse, le vénérable V8, culminant désormais à 390 ch, le couple restant à 750 Nm, des chiffres cette fois fournis par le constructeur ! Ceci s'accompagne d'autres évolutions, comme une calandre grillagée et un volant à réglage électrique puis un antipatinage électronique. En 1998, après le rachat de Bentley par BMW, la Continental R adopte les sièges à ceinture intégrée de la 850i. En 1999, elle gagne une version Mulliner, de 426 ch, puis une Le Mans en 2001 avant de terminer sa carrière en 2003, ne subissant entre-temps que de menues modifications. Au total, 1 236 R "de base" seront produites, ce qui en fait une auto assez rare dont les dérivés seront toujours plus exclusifs. La version S, produite à 39 unités uniquement en 1995, et forte de 390 ch environ ; la T, au châssis raccourci de 10 cm et à la puissance accrue (400 puis 426 ch), fabriquée à 321 unités de 1996 à 2003 ; et la SC (pour "Sedanca Coupe"), une S au toit targa, produite à 73 unités de 1998 à 2000. N'oublions pas également le magnifique cabriolet Azure, produit à 1 152 exemplaires de 1995 à 2003.

Aujourd'hui, pour 40 à 50 000 €, on a accès à une R, soit la crème de l'exception des années 1990 pour le prix d'un banal SUV. Une auto extraordinaire de confort et de luxe, qui agrémente ces qualités de performances étonnantes et d'un comportement routier très sûr. Évidemment, les frais d'utilisation sont à l'avenant, entre les pièces parfois ruineuses et la consommation de 20 l/100 km, mais voilà, ces autos ne perdent pas de valeur. Peut-on imaginer monture plus raffinée pour ses loisirs ? À condition, bien sûr, de payer une taxe de 8 000 € sur la carte grise et d'assumer ce que la voiture symbolise...

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