Rétromobile 2007

STUDEBAKER Weasel

Gilles Bonnafous le 23/02/2007

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Paul Emile Victor découvre le Studebaker Weasel, un véhicule de transport chenillé et amphibie…

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Il y a 60 ans, Paul Emile Victor organisait les premières Expéditions Polaires Françaises. Pour construire les premières bases d'études, le célèbre explorateur et son équipe utilisèrent des véhicules chenillés pour se déplacer sur les immenses étendues de l'Antarctique. Un territoire aux températures pouvant tomber jusqu'à -70° et battu par des vents de 200 km/h !

En présentant leurs étonnants engins qui ont survécu à l'impossible, Rétromobile rend hommage à ces hommes qui ont étudié, parfois au prix de leur vie, cet infernal bout du monde.

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, Paul Emile Victor, qui s'est engagé comme soldat dans l'armée américaine, découvre le véhicule de transport chenillé Studebaker. Baptisé Weasel (belette en anglais), il a notamment pour vocation de participer aux opérations de destruction des industries d'eau lourde en Norvège. Le premier est le Weasel T 15 capable de se déplacer sur la neige à 50 km/h. Après diverses modifications, ce dernier, qui reçoit des chenilles Sherman, deviendra le Weasel M 29.

Véhicule terrestre, le Weasel M 29 donne naissance à une version amphibie, le M 29 C, doté d'une coque formant proue à l'avant et de volets rabattables sur les côtés. De nouvelles chenilles enrobées de caoutchouc sont également installées.

Le M 29 C est un engin léger, dont la charge utile est limitée à 500 kilos pour un poids à vide de 2,2 tonnes. Il est motorisé par le six cylindres à soupapes latérales de la Studebaker Champion. Développant 75 ch pour 2,8 litres, ce groupe paisible et béotien est accolé à une boîte vitesses à quatre rapports. Sa vitesse est de 58 km/h sur terre et de 6 km/h sur l'eau. Il emporte quatre personnes à bord, dont le conducteur.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le M 29 C servira notamment dans le Pacifique (dans les îles) et en Birmanie (dans les marécages). De l'ordre de 15 000 exemplaires en seront construits entre 1943 et 1945. L'armée française l'utilisera également pendant la guerre d'Indochine, où son aspect lui vaudra le sobriquet de « Crabe ».

Paul Emile Victor apprend en 1947 que plusieurs centaines de Weasel sont conservés par l'ERGM de Fontainebleau. Stockés à l'extérieur, ces surplus de l'armée américaine sont remplis d'eau, les bouchons de vidange du caisson n'ayant pas été enlevés. Remis en état, ils sont utilisés pour les premières expéditions au Groenland en 1948 et en Terre Adélie en 1949. Une cinquantaine de Weasel sera utilisée pendant trente ans, qui prouveront leur efficacité grâce notamment à leur légèreté. Ils parcourront des centaines de milliers de kilomètres. On imagine aisément à quelles affres pouvaient être confrontés les mécaniciens pour réparer ces engins quand ils tombaient en panne, sur la glace et dans le froid polaire…

A partir de 1967 un second type de véhicule apparaît, le Hotchkiss HB 40, appelé à remplacer le Weasel. Conçu par l'ingénieur Victor Bouffort et construit par Hotchkiss (d'où HB, 40 faisant référence à sa vitesse), ce véhicule est plus performant que le Weasel. Plus rapide eet doté d'une charge utile très supérieure (1500 kilos pour un poids de trois tonnes), il est motorisé par un quatre cylindres Hotchkiss de 3,5 litres développant 115 ch ou 130 ch en version essence et 90 ch en diesel. Il ne sera pourtant que peu utilisé, cinq par les Expéditions Polaires Françaises pour une production totale ne dépassant pas les onze unités.

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