Rétromobile 2007

Compte rendu

Gilles Bonnafous le 20/02/2007

Peugeot célèbre plus d'un siècle d'engagement sportif sur des terrains aussi différents que les 500 Miles d'Indianapolis et les rallyes africains.

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« Peugeot et la compétition », tel est le thème retenu cette année par le constructeur de Sochaux pour Rétromobile. La firme célèbre plus d'un siècle d'engagement sportif dans des domaines et sur des terrains aussi différents que les 500 Miles d'Indianapolis et les rallyes africains. A travers l'Aventure Peugeot, le constructeur expose six voitures d'exception illustrant l'histoire d'un Lion aux crocs particulièrement acérés.

Dans la dernière décennie du XIXe siècle, les premières Peugeot de course sont des voitures de série à peine préparées pour disputer les fameuses courses de ville à ville très en vogue à cette époque. La toute première est la type 7 engagée dans le Paris-Rouen de 1894, qu'elle remporte. Confiée au pilote Koechlin et au mécanicien Rubichon, elle récidive l'année suivante dans le Paris-Bordeaux-Paris.

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Les Peugeot de Grand Prix naissent avec la L 76 de 7,6 litres, qui s'adjuge le GP de l'ACF disputé à Rouen en 1912. Un premier succès qui sera suivi de nombreux autres. Celui qui aura le plus de résonance sera le triomphe remporté en 1913 aux 500 Miles d'Indianapolis. Son pilote, Jules Goux, deviendra un héros national !

Techniquement très moderne, la L 76 est motorisée par un gros quatre cylindres à deux arbres à cames en tête et quatre soupapes par cylindre de 7598 cm3. Avec 148 ch, il permet à la voiture d'atteindre 190 km/h. La Peugeot Indianapolis présentée sur le stand de Rétromobile est une voiture authentique restaurée n'ayant subi que des modifications mineures.

La seconde moitié des années trente voit la création des Peugeot Darl'mat, fruit de la collaboration qui réunit Sochaux, le carrossier Georges Pourtout et le concessionnaire de la rue Malar. Leur superbe carrosserie aérodynamique est dessinée par Georges Paulin, dentiste de son état mais styliste de grand talent à ses heures.

Trois roadsters sont engagés aux 24 Heures du Mans de 1937, qui terminent tous l'épreuve. Ils se classent aux deuxième (Jean Pujol et Marcel Contet), troisième (Charles de Cortanze et Maurice Serre) et cinquième places de leur catégorie (1501 cm3 à deux litres). Les deux premières voitures prennent les septième et huitième places au scratch.

L'année suivante, un même bataillon de trois Darl'mat est aligné au départ de la ronde mancelle. Mais le moteur de 1991 cm3 a cédé la place à une mécanique de 1998 cm3 équipée d'une culasse hémisphérique et de soupapes en tête disposées en V, laquelle annonce le futur quatre cylindres de la 203. Il développe 87 ch. Deux voitures abandonnent, mais celle pilotée par Charles de Cortanze et Marcel Contet remporte sa catégorie, performance accompagnée d'une cinquième place au classement général.

Après la Seconde Guerre mondiale, il faudra attendre le milieu des années soixante pour voir le retour du Lion sur la piste. En 1966 et 1967, les CD de Charles Deutsch, le célèbre aérodynamicien qui a collaboré auparavant avec Panhard et DKW, participent aux 24 Heures du Mans. Motorisées par la mécanique préparée de la 204, elles frappent le regard par leurs fameuses dérives empruntées à l'aviation.

En 1969, la WM porte les initiales de Gérard Welter et Michel Meunier, respectivement styliste et dessinateur projeteur chez Peugeot. Il s'agit d'un coupé réalisé sur une base de 204. Cette P 68 est suivie en 1970 d'une voiture nettement plus développée dont le moteur, qui dérive maintenant de celui de la 304, est disposé transversalement en position centrale arrière.

Mieux profilée, surbaissée et allégée, elle atteint 240 km/h avec 120 ch. Engagée aux 24 Heures du Mans à partir de 1976, la WM, qui évoluera au fil des ans, participera régulièrement à la ronde mancelle jusqu'en 1988, année où elle établit un record de vitesse sur la ligne droite des Hunaudières avec 405 km/h. NLa voiture exposée à Rétromobile date de 1979.

L'engagement majeur de Peugeot au Mans, c'est-à-dire avec l'objectif de gagner, c'est la 905 qui l'incarne. Construite sur un châssis en fibre de carbone conçu en collaboration avec Dassault, la voiture est motorisée par un V10 quarante soupapes de 3,5 litres et 650 ch proche de la Formule 1. Elle s'octroie deux victoires consécutives en 1992 (Warwick-Dalmas-Blundell) et 1993 (Hélary-Bouchut-Brabham), monopolisant même le podium la seconde année. Manière de tirer sa révérence.

A côté de ces six machines exceptionnelles, les clubs de la marque présentent plusieurs voitures sur le même thème de la compétition : le torpédo type 172 Grand Sport de 1926, la 203 Darl'mat à la carrosserie en aluminium, la barquette sport Cales de 1954 à la mécanique de la 203 préparée par Constantin sur un châssis tubulaire, et la 504 qui remporta l'East African Safari, le Rallye du Maroc et le Bandama de Côte d'Ivoire.

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Commentaires

avatar de spider76
spider76 a dit le 24-06-2012 à 17:42
en 1912 , le grand prix de l'ACF s'est déroulé a DIEPPE et non a Rouen . L'association DIEPPE RETRO en fêtera le centenaire du 31 août au 2 septembre 2012 en accueillant des voitures exceptionnelles avec une grosse participation britannique .