Rétromobile 2003

Compte rendu

Gilles Bonnafous le 17/02/2003

Le record du monde de vitesse terrestre fait partie des grands mythes de l'automobile. Des 100 km/h de "La Jamais Contente" en 1899 à mach 1,02 réalisé par Andy Green en 1997, voici un siècle d'une folie consacrée à repousser les limites du possible.

Le record de vitesse absolue sur terre fait partie des grands mythes de l'automobile. Dés l'aube de celle-ci, les hommes ont cherché à repousser les limites du possible. En 1899, la première voiture à dépasser les 100 km/h - cap extraordinaire à l'époque- est une machine électrique. L'exploit revient à "La Jamais Contente" du Belge Camille Jenatzy, dont la carrosserie aérodynamique apparaît comme une sorte d'obus posé sur un châssis. Le mouvement est lancé. Léon Serpollet dépasse les 120 km/h à Nice en 1902, avant que plusieurs pilotes, sur Mors et Gobron Brillé, atteignent en France les 135 km/h.

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Aux Etats-Unis, sur la plage de Daytona, William K. Vanderbilt réussit 148,5 km/h en 1904 au volant d'une Mercedes. Six ans plus tard, toujours à Daytona, le célèbre Barney Oldfield porte le record à près de 211 km/h sur l'impressionnante Blitzen Benz. Après qu'en 1924, René Thomas a atteint, sur Delage, la vitesse de 230,6 km/h à Arpajon, c'est au tour du Britannique Malcolm Campbell d'entrer en lice au volant d'une Sunbeam de 350 ch motorisée par un V12 Manitou aéronautique de 18,3 litres. Il s'adjugera le record à plusieurs reprises, le portant en 1926 à 245 km/h. Mais ne jugeant plus la Sunbeam compétitive, Campbell lance la construction d'une nouvelle machine, le Bluebird. Animée par un moteur d'avion de 450 ch (12 cylindres en V Napier Lion), la voiture est réalisée sur un châssis Vickers par Robin Hood Engineering Works. En 1927, Campbell réussit 281,4 km/h (moyenne des temps sur un kilomètre aller et retour) à Pendine Sands, au Pays de Galles, battant le record établi l'année précédente par Parry Thomas sur la Babs Higham Special.

Cet exploit ne reste pas longtemps inscrit sur les tablettes, puisque la même année, Henry Seagrave pulvérise le record à Daytona Beach, où il atteint près de 328 km/h sur une Sunbeam de 1000 ch. Baptisée " Slug ", la limace, la voiture est motorisée par deux V12 aéronautiques construits par Matabele et développant la cylindrée totale de 45 litres ! Piqué au vif, Malcolm Campbell réagit en boostant le moteur Napier Lion à 875 ch, tandis que la voiture est entièrement recarrossée après être passée au tunnel aérodynamique. En 1928 à Daytona, son Bluebird dépasse les 332 km/h.

Henry Seagrave entend bien reprendre son bien et la compétition bat son plein entre les deux Britanniques. Elle donnera naissance à la magnifique Golden Arrow réalisée sous la responsabilité de Seagrave et dessinée par Jack Irving. Basse (1,15 mètre) et remarquablement profilée, la voiture reçoit un V12 Napier Lion de 23 948 cm3 développant près de 1000 ch. Outre ses deux radiateurs, le monstre est refroidi par de la glace contenue dans un bac. A Daytona Beach, Henry Seagrave porte le record à 372,39 km/h. Malcolm Campbell réplique avec une nouvelle version du Bluebird animé par un Napier de 1450 ch (396 km/h en 1931). En 1933, il installe un moteur Rolls-Royce de 36,5 litres et 2300 ch (438,39 km/h). Campbell ne se repose pas sur ses lauriers et il entend bien être le premier à dépasser le cap symbolique des 300 miles à l'heure. C'est chose faite en 1935, cette fois sur le Lac Salé de Bonneville, dans l'Utah (484,5 km/h). Ayant atteint son objectif, il se consacrera désormais aux records sur l'eau.

Après le retrait de Malcolm Campbell, deux hommes prennent le relais, qui vont s'affronter sur la piste de Bonneville. Sur son Thunderbolt motorisé par deux Rolls-Royce de 73 litres, George Eyston atteint 502 km/h en 1937, puis 556 km/h l'année suivante. Quelques semaines plus tard, John Cobb et son Railton (moteur Napier Lion de 23 litres) conçu par Reid Railton réussissent 563,5 km/h. Mais le record ne tient qu'un jour ! Le lendemain, George Eyston dépasse les 575 km/h… John Cobb l'emportera finalement en 1939 avec 595 km/h, avant d'atteindre 634,27 km/h en 1947.

Bon sang ne saurait mentir. Fils de Malcolm, Donald Campbell poursuit l'épopée du Bluebird, équipé maintenant d'un turbopropulseur Bristol Siddeley Proteus de 4500 ch. En 1964, sur le lac Eyre, en Australie, il établit un nouveau record à 648,588 km/h. Mais la même année, à Bonneville, Craig Breedlove réalise 846,78 km/h sur son Spirit of America. Toutefois, la machine suscite une polémique, car il s'agit d'un véhicule à trois roues (assimilable à la catégorie des motocyclettes !), propulsé de plus par un réacteur et donc dépourvu de transmission.

Le record du monde de vitesse terrestre sera dès lors divisé en deux classes, celle des automobiles dotées de roues motrices et celle des engins propulsés par la seule poussée de leurs réacteurs ou de leurs moteurs de fusées. Mais il est clair que le record absolu ne saurait désormais qu'appartenir à la seconde catégorie. En 1965 à Bonneville, Art Arfons réalise 927,5 km/h sur Green Monster, peu avant que Craig Breedlove ne récupère son record sur Spirit of America Sonic 1 (966,37 km/h). En 1970, Gary Gabelich portera le record à 1001,45 km/h sur Blue Flame, une machine équipée d'un moteur de fusée dérivé du programme spatial américain. Treize ans plus tard, la technique du réacteur reprendra le dessus avec le Thrust II du Britannique Richard Noble (1019,25 km/h). Aujourd'hui, le record appartient à Andy Green, qui, sur Thrust SSC, a atteint mach 1,02 (1227,72 km/h) en 1997 dans le désert du Nevada.

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