Rétromobile 2001

ROLLAND PILAIN C23

Gilles Bonnafous le 09/02/2001

Partagez

réagir

La C23 Rolland-Pilain est née d'une des marques françaises de qualité quelque peu oubliées et qui mérite d'être mieux connue.

Rolland-Pilain est l’une des marques françaises de qualité quelque peu oubliées et qui mérite d’être mieux connue. Tel est le but que poursuit l’association Les Amis de Rolland-Pilain, qui œuvre à faire progresser la notoriété de cette firme attachante et aide les collectionneurs à en restaurer les voitures — plus de 110 Rolland-Pilain ont été retrouvées à ce jour. Présents à Rétromobile, les amis de Rolland-Pilain exposaient une C 23 superbement restaurée.

ROLLAND PILAIN C23 ROLLAND PILAIN C23

Née en 1907 à Tours, d’où est également originaire Delahaye, la marque Rolland-Pilain a produit un peu plus de 5000 voitures jusqu’en 1931. Elle se caractérise par une technique brillante (moteurs culbutés et même à arbre à cames en tête), la qualité de la fabrication et une importante activité consacrée à la compétition.

Haut de gamme, la C 23 a été construite de 1923 à 1927 à 330 exemplaires. Elle est motorisée par un quatre cylindres de deux litres à arbre à cames en tête, qui permettait à la voiture d’atteindre 125 km/h — et même 140 km/h avec une carrosserie allégée. Construite avec sérieux comme toutes les Rolland-Pilain, la C 23 bénéficie d’une excellente qualité de finition, à l’image du tablier moteur en aluminium. Son géniteur n’est autre que l’ingénieur Grillot, qui a également conçu la fameuse machine de course, qui participa notamment aux Grands Prix de l’ACF de 1922 et 1923 (courus à Strasbourg et Tours) et remporta le Grand Prix de Saint-Sébastien en 1923.

Fleuron de la marque, la C 23 illustre le grand tourisme à la française. Concurrente des Bignan, Ballot et autres Delage, elle a participé aux 24 Heures du Mans trois années d’affilée de 1924 à 1926. Elle a également battu des records à Montlhéry.

Vendue neuve en Argentine en septembre 1926, la voiture exposée à Rétromobile — une torpédo à sept places — fut achetée par l’importateur Ford du pays des gauchos. Elle est ensuite devenue la propriété d’un grand collectionneur d’automobiles, Carlos Pires, qui possédait en outre une Mercedes SSK et une Alfa Romeo des années trente. A la mort de ce dernier en 1999, le trésorier de l’association Les Amis de Rolland Pilain acheta la voiture. Et c’est au terme d’un véritable parcours du combattant qu’il finit par la rapatrier dans son pays d’origine.

En parfait état, cette C 23 est l’une des rares Rolland-Pilain à conduite à droite, car les modèles du constructeur tourangeau avaient la particularité d’être construits avec la conduite à gauche — rappelons qu’avant la dernière guerre, la direction des voitures était placée à droite. Elle est l’une des six recensées aujourd’hui : une se trouve en Australie, les cinq autres en France (dont trois en état de marche).

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur Rolland-Pilain, un livre est sorti au second semestre 2000 qui relate l’histoire complète de la marque. Intitulé Rolland-Pilain, la voiture des as, l’as des voitures, il est signé Claude Rouxel et Gilles Blanchet, un gage de sérieux. Après de longues et minutieuses recherches, les auteurs ont écrit un vrai livre d’histoire, exigeant et rigoureux. L’ouvrage est disponible auprès des Editions Page de Garde, 63, rue Victor Hugo, 76320 Caudebec-lès-Elbeuf, tel : 02 35 81 36 21.

Partagez

réagir

Avis des propriétaires

Commentaires

avatar invité
un internaute a dit le 16-11-2007 à 10:01
merci d'avoir parlé de Roland-Pilain, dommage que la RP24 n'ait pas été évoquée dans cet article car je possède le modèle qui a tourné au cinéma dans "un long dimanche de fiançailles", un passage dans "la môme", "les amants du flore" et « les femmes de l?ombre » , ce torpédo n?a pas fait parler de lui à son époque mais de par sa conception, il a su résister au temps et aujourd?hui il est à l?écran.