Mondial de Paris 2004

Compte rendu

Jean-François Destin le 25/09/2004

Aujourd'hui, les SUV sont plébiscité des deux côtés de l'Atlantique et François Le Clec'h, directeur de DaimlerChrysler France fait le point sur ce phénomène en annonçant l'arrivée d'un petit SUV chez Smart.

Premier constructeur à se lancer dans le SUV haut de gamme dès 1997 avec le ML, Mercedes a initié une mode qui a entraîné dans cette nouvelle niche BMW (avec les X5 et X3), plus récemment Porsche (avec le Cayenne) y compris certains constructeurs de 4X4 de franchissement comme Toyota, Mitsubishi ou Nissan qui ont vu dans cette tendance « loisirs » une opportunité de gagner des parts de marché. Aujourd'hui, les SUV sont plébiscité des deux côtés de l'Atlantique et François Le Clec'h, directeur de DaimlerChrysler France fait le point sur ce phénomène en annonçant l'arrivée d'un petit SUV chez Smart.

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Motorlegend : Comment expliquez-vous le succès durable de ces 4X4 tous chemins ?

François Le Clec'h : Pendant de très longues décennies, on a défini des segments automobiles, berlines, breaks, etc.. et on les a rendu immuables. Mais l'évolution des modes de vies aidant, on s'est aperçu que les gens aiment le changement et adhèrent à des formes nouvelles et à une utilisation différente de l'automobile. Avant les SUV, le public a plébiscité les monospaces et les coupé/cabriolets constituent également aujourd'hui une orientation appréciée. Au milieu des années 90, on a donc écouté la clientèle qui souhaitait rouler dans un véhicule à 4 roues motrices mais pas forcément pour aller faire du franchissement pur et dur.

L'un des éléments du succès des SUV, c'est d'abord la différenciation de la carrosserie. Ensuite vient cette impression de sécurité et d'invulnérabilité que procure la position dominante de l'habitacle. Enfin ces véhicules de loisirs permettent à leurs propriétaires de se déplacer dans un environnement "fashion". Chez Mercedes, nous avons en effet été les pionniers mais le succès du ML nous a stupéfié. Sur la France, j'ai été contingenté pendant six ans. On pensait en vendre 1000 par an et nous avons dépassé les 5000. Il en a été de même dans presque tous les pays européens. En 2004, je vais tout juste pouvoir honorer les commandes alors que tout le monde sait que le ML va être remplacé par un nouveau modèle en 2005.

ML : Les ventes le prouvent, les trois quarts des SUV sont achetés plus pour leur "look" décalé que pour leur transmission intégrale. Les femmes notamment ne les utilisent qu'en ville. N'y a t-il pas matière à réflexion ?

F.L.C : Je répondrai dans l'exploitation du groupe DaimlerChrysler. Nous avons dans nos cartons avancés une Smart SUV Forfour. Elle arrivera en 2006 et répondra à la nouvelle attente de la clientèle que vous évoquez. La transmission sera simplifiée mais tout de même à 4 roues motrices. Pour le nouveau M, nous garderons les spécificités qui ont fait sa réussite mais il ne se rapprochera pas, bien au contraire du G, considéré après 25 ans de carrière comme la référence en matière de franchissement.

ML : les 4X4 ont été récemment au cœur d'une polémique initiée entre autres par la Mairie de Paris qui voulait les chasser du centre ville au prétexte d'une pollution liée à une surconsommation d'essence. Sans parler des Bonus/Malus envisagés par le ministère de l'environnement et qui visaient surtout les modèles allemands. Que vous inspirent ces attaques en règle?

F.L.C : Je suis de ceux qui s'étonnent de ce climat et en même temps le combattent. Dans un grand pays producteur d'automobiles comme la France qui génèrent des millions d'emplois, je ne comprends pas la raison de cette attitude. On cherche à culpabiliser l'automobiliste, on le traque sur la route et on s'ingénie à imaginer des Malus. On ferait mieux de donner des Bonus comme en Allemagne où les acheteurs d'une voiture équipée d'un pot catalytique reçoivent une aide financière.
Cette polémique autour des SUV est inacceptable et il est évident qu'elle concernait en premier lieu les modèles allemands. Heureusement la bonne entente franco/allemande a mis un terme à ce qui paraissait à certains comme une forme de protectionnisme.

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