Mondial de Paris 2000

Compte rendu

Fabrice Maze le 30/09/2000

Si les constructeurs français font un réel effort de présence, beaucoup d'animateurs du sport auto font preuve de désinvolture.

Le hall consacré à la compétition et au sport automobile devrait décevoir les plus passionnés. Le plateau est en effet bien maigre et convenu. Certes, les trois marques françaises occupent la majorité de l'espace. Peugeot nous présente une belle et rutilante 206 WRC et ses habituelles formules de promotion. Malheureusement, les futures 206 S 16 2 litres de la Coupe 206 Sprint et la 206 CC, sur la base de la version Coupé, pour la Coupe 206 CC sont toutes les deux absentes. En revanche on note la présence de la Courage C 52 dans sa livrée verte Pescarolo Sport, qui a terminé à la quatrième place des dernières 24 Heures du Mans. Ne comptez pas monter à bord, mais vous pourrez au moins l'approcher, ce qui est déjà une satisfaction compte tenu des règlements draconiens qui empêchent désormais le public de s'approcher des stands.
Sur le stand des 24 Heures du Mans, vous découvrirez une Chrysler Viper (N°52) et la Panoz-Ford LMP1 N°23, mais c'est à peu près tout... Saluons au passage les automobiles Michel Hommel, présentes à la fois dans les halls 5 et 3 avec la Berlinette RS2, évolution de la Berlinette RS, et qui hérite d'un moteur de 195 ch préparé par Danielson.

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Chez Citroën, la couleur dominante est le rouge comme il se doit, et il faut posséder un œil averti pour identifier les différences qui séparent la Xsara T4 WRC, qui vient de remporter le Championnat de France des rallyes aux mains de Philippe Bugalski, des Xsara Kit Car, Groupe N et VTS 16 V. Il en est de même de la grande famille des Saxo, qui sont les actrices incontournables de cinq formules de promotion (pas moins !). A noter l'arrivée en 2001 d'une sixième formule de promotion avec la Saxo T4, et la mise en orbite de la pimpante Saxo Super 1600 équipée d'un moteur 1600 développant 200 CV et destinée aux Championnats de France et du Monde des Rallyes — que l'on peut admirer sur un podium, et même toucher !


Chez Renault, la Clio V6, la Clio Trophy Diesel et une Clio Trophy décorée allègrement par le couturier Jean-Charles de Castelbajac (capot jaune, phares violets, portes rouges, spoiler avant noir et jaune), assurent le casting. Si l'on passe sur la belle maquette plexiglas, annonçant le futur retour de Renault en Formule 1 en 2002, et sur la monoplace Formule Renault 2000, on peut s'arrêter plus longuement sur l'imposante Kangoo 4 X 4 Raid, fruit d'une collaboration entre Renault Sport et Jean-Louis Schlesser. Motorisée par un V6 3,5 litres développant 260 CV, cette sympathique voiture au look de baroudeuse dispose d'une boîte automatique et de deux ponts rigides Nissan. Pour sa première année de compétition, elle s'est classée 6ème au Rallye du Maroc.

Hormis les habituels stands de magazines spécialisés, de modèles réduits, de promotion de circuits et d'initiation au pilotage, signalons la forte présence de la FFSA, qui réalise un réel effort d'information et de promotion pour la Formule France. Si vous êtes amateurs de voitures de collection, vous pourrez admirer deux voitures pie : une 4 CV de 1955 et une R8 de 1967 sur le stand de la Préfecture de Police de Paris, ainsi qu'une Matra Bonnet MB 8S de 1965 sur celui de la Gendarmerie Nationale.

Quant aux marques étrangères, seuls Mercedes-Benz et Ferrari ont fait l'effort d'être présents officiellement dans ce hall consacré à la compétition. Mercedes nous offre une Formule 1 Mclaren Mercedes MP4 15 au nom de Mika Häkkinen et une CLK AMG échappée du Championnat d'Allemagne DTM. Néanmoins, le plus important semble être, compte tenu de la superficie accordée, la boutique, dont les best-sellers sont les porte-clés et le coupe-vent. Ferrari ne présente pas de voitures, mais un espace vente, qui débite à haut régime les casquettes et polos Schumacher. Entre les toilettes et le stand de la Préfecture de Police de Paris, la boutique Prost Grand Prix se rentabilise grâce aux casquettes et aux sacs à roulettes siglés Yahoo.

C'est finalement ailleurs, dans les autres halls, que l'on pourra le mieux satisfaire sa passion pour le sport automobile, avec les voitures de rallyes et les machines de circuit. Mais là non plus, on n'évite pas la déception : Mitsubishi présente une Lancer Evo VI couverte d'autocollants — et qui n'a probablement jamais connu une spéciale —, Subaru son Impreza WRC, une maquette aseptisée traduisant une paranoïa de l'espionnage, et une Forester Turbo sans moteur. Suzuki expose une Ignis sport à la destination incertaine, Toyota une Yaris Cup 2000 insipide, Lada la maquette d'une sport-prototype 110 au destin fantomatique. Mais, rassurez-vous, il existe aussi les vraies, les pures, les baroudeuses, celles qui ont connu le feu du combat : la Hyundaï Accent WRC de l'équipage Eriksson-Mc Rae, la Skoda WRC d'Armin Schwarz, une Felicia kit-car et la Seat WRC de Giraudet-Lukander. Ford, plus ludique, nous propose de monter à bord d'une Ford Focus WRC et de la piloter grâce à un simulateur de conduite.

Une certitude : les 24 Heures du Mans reviennent sur le devant de la scène. Audi leur fait la part belle en exposant la R8 de l'équipage Biel-Kristensen-Pirro marquée des stigmates de la victoire. Cadillac présente la Northstar LMP N°1 et une superbe Chevrolet Corvette jaune, Chrysler la Reynard rouge 2KQ Mopar N°5, au volant de laquelle Dalmas a abandonné au second tour, ainsi que la Viper N°51 — ces deux dernières appartiennent au Team Oreca. Porsche, dont l'ombre plane sur le circuit sarthois, se contente d'une discrète 911 GT3 Cup. Quant aux Formule 1, il faut les débusquer… Vous admirerez tout de même la Williams-BMW FW22 N°9 de Ralf Schumacher et Button au premier étage du stand du constructeur munichois, et, plus étonnant, vous pourrez contempler en toute quiétude une Prost-Peugeot APO3 sur le stand Peugeot du hall 1. Quoi d'autre ? Savez-vous que l'une des couleurs disponibles de la nouvelle Beetle RSI est baptisée " bleu Gordini " ?

A l'issue de cette visite, on peut s'interroger sur la place que les marques souhaitent donner, dans ce type de manifestation, à leur participation au sport automobile. Si les constructeurs français jouent le jeu sur leur sol national, il est décevant que les acteurs principaux du Championnat du Monde des Rallyes comme Mitsubishi, Subaru et Ford ne fassent pas l'effort d'être présents dans le hall dédié à la compétition. Avec la disparition prochaine du Salon de la Voiture de Course, les constructeurs impliqués dans le sport auto au niveau international ne seraient-ils plus capables que de nous offrir une participation par télévision interposée ?

Ils semblent oublier que les passionnés ont des sens, qui ne sont comblés que si l'on peut monter à bord d'une voiture, éprouver ses vertèbres dans un siège baquet, caresser les leviers de vitesses, humer cet indéfinissable parfum d'huile et d'essence qui flotte autour du moteur, et plus encore, écouter les sons rauques de ces extraordinaires bêtes de course. Comme la plupart des officionados ne peuvent se déplacer sur les rallyes internationaux, les constructeurs pourraient au moins leur offrir l'exposition de ces voitures qui les font tant rêver…

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