Saga De Tomaso

Quatrième grande marque italienne de GT à côté de Ferrari, Maserati et Lamborghini, ou firme marginale à l’image d’Iso avec laquelle elle partage le statut d’italo-américaine ? A chacun de se faire son opinion.

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DE TOMASO Vallelunga

Gilles Bonnafous le 20/03/2006

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De Tomaso dévoile son premier modèle de production en octobre 1963 lors du salon de Turin. C’est à cette occasion que le grand public découvre la marque, qui, jusqu’à présent, ne s’était signalée au regard des spécialistes que par des machines de course plutôt marginales. La voiture est baptisée Vallelunga, du nom du célèbre circuit automobile situé près de Rome. Modèle de production ? Tout est relatif s’agissant de la fabrication artisanale d’une voiture d’exception.

Avec l’implantation centrale arrière de son moteur, la Vallelunga a pour caractéristique son châssis à poutre centrale. Adoptée il y a longtemps par Ferdinand Porsche et Hans Ledwinka sur ses Tatra, cette technique a également été mise en œuvre par Colin Chapman pour sa Lotus Elan et par Jean Rédélé sur la berlinette Alpine. Alejando De Tomaso la reprendra sur la Mangusta et plus tard sur la Guara.
DE TOMASO
D.R.
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La première Vallelunga est un spider, celui exposé sur le stand De Tomaso à Turin et qui présente quelques airs de ressemblance avec la Porsche RSK. Mais la voiture définitive sera un coupé. A l’origine, Alessandro De Tomaso avait prévu de le construire en aluminium. Les premières voitures sont ainsi fabriquées par la carrosserie Fissore. Sur cette version initiale, toute la partie arrière du véhicule bascule d’un seul bloc pour faire apparaître le moteur. L’Italo-Argentin confie ensuite la fabrication de la Vallelunga à Ghia, où elle reçoit une carrosserie en fibre de verre. Elle est alors dotée à l’arrière d’une bulle à la manière de la Matra Djet.

Sous le capot de la Vallelunga, on découvre un moteur assez modeste placé en position longitudinale, celui de la Ford Cortina. Il s’agit d’un 1500 cm3 à arbre à cames latéral développant 104 ch, qui peut toutefois être porté à 135 ch. D’origine Volkswagen, la boîte de vitesses est modifiée pour recevoir cinq rapports (non synchronisés). La transformation est réalisée chez De Tomaso avec des pignons Hewland — cette transmission apparaît ainsi très proche de celle des monoplaces De Tomaso de F2 et F3 de l’époque. La voiture est équipée de freins Campagnolo.
Alejandro De Tomaso teste le premier prototype de la Vallelunga
Alejandro De Tomaso teste le premier prototype de la Vallelunga D.R.
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Fabriquée à la main, la Vallelunga reçoit un habitacle à l’équipement rustique et à la finition approximative. Et à l’instar de nombreuses voitures de ce type, elle emprunte, pour des raisons de coût, divers composants à des voitures de grande série : sa direction est celle de la Renault 4, les feux arrière ceux de la Fiat 850, etc.

Extrêmement légère et maniable, la Vallelunga possédait un réel potentiel pour réussir en compétition — bien que son châssis présentât aux yeux de certains essayeurs un manque de rigidité. Tel ne sera pas le cas et son palmarès se résumera à une victoire de classe dans le championnat italien des GT. Fabriquée en nombre insuffisant, elle ne pourra être homologuée par la FIA en voiture de production.
Les premiers tests de la Vallelunga barchetta en compétition
Les premiers tests de la Vallelunga barchetta en compétition D.R.
Le châsis de la Vallelunga
Le châsis de la Vallelunga D.R.
Selon les sources, la Vallelunga a été fabriquée au total à 52 ou 56 exemplaires, dont l’un acquis par le colonel Ronnie Hoare, propriétaire de Maranello Concessionnaires, l’importateur Ferrari en Angleterre.

Première copie artisanale d’un constructeur débutant, la Vallelunga manquait de finition et de fiabilité. En fait, la voiture était insuffisamment développée et elle ne pouvait prétendre à une carrière commerciale de grande ampleur. La postérité de ses qualités techniques et dynamiques sera assurée par la Mangusta et la Pantera.
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