Saga Alpina

Au pays du tuning, les préparateurs ne manquent pas. Mais un seul est officiellement reconnu en tant que constructeur à part entière. Les raisons d'une telle singularité se trouvent dans les livres d'Histoire…

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ALPINA B7

Vincent Desmonts le 01/06/2003

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Cela peut paraître difficile à concevoir, mais il est des gens pour trouver qu'une BMW Série 7 n'en offre pas assez. Pas assez de performances, pas assez de luxe… Pas assez d'exclusivité aussi. Pensez donc : dans les beaux quartiers, les 735i, 745i et autres 730d se multiplient plus vite que les succursales de Fauchon !

Au moins, en investissant dans une Alpina B7, le client exigeant aura toutes les chances de ne jamais croiser la même voiture, que ce soit à Monaco, à Gstaad ou sur l'avenue Foch. Déjà parce que son tarif (90 000€) la place hors de portée d'une bonne partie des bourses de la planète, même si la B7 reste nettement moins chère qu'une 760i (118 000€). Et puis surtout parce qu'avec une production annuelle de 850 voitures, dont une bonne partie de B3 et B10, Alpina reste un constructeur des plus marginaux. La B7 restera donc un objet d'une grande exclusivité. Une caractéristique tellement prisée par la jet-set…
ALPINA
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Pour Alpina, la B7 est avant tout une Série 7 en jogging, la sportive qui fait défaut à la gamme. Associer la sportivité à une limousine de plus de cinq mètres frisant les deux tonnes peut paraître surprenant. Mais la démarche du préparateur ne manque pas d'une certaine logique. Par exemple, plutôt que de partir de la 760i, dont le V12 6 litres de 445 ch possède a priori une belle marge d'évolution, les ingénieurs d'Alpina ont choisi comme base la 745i à moteur V8. Un bloc moins lourd, permettant de conserver une répartition des masses homogène au profit d'un comportement routier plus équilibré. De plus, d'un point de vue technologique, le V8 n'a rien à envier au V12 : Valvetronic (levée variable des soupapes), double Vanos, intervalles de vidange de 40 000 km… Il ne lui manque que l'injection directe pour faire jeu égal avec son prestigieux grand frère.

Partant de cette excellente base, les motoristes Alpina ont opté pour une technique nouvelle pour eux : le compresseur. Le turbo, ils connaissent bien : dès 1978, les B7 berline et coupé disposaient de six cylindres suralimentés. Le compresseur, c'est plutôt la spécialité de Mercedes et des constructeurs américains. Son avantage par rapport au turbo : la turbine étant entraînée par le vilebrequin (par l'intermédiaire d'une courroie), le couple arrive dès les plus bas régimes, sans aucun temps de réponse.
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Sur la B7, qui reste avant tout une limousine, l'intérêt du compresseur est évident : générer puissance et - surtout - couple importants dès les plus bas régimes. De fait, la puissance atteint 470 ch (+ 29%) et le couple culmine à 650 Nm, soit une augmentation de 41% ! La concurrence ? A moins de taper dans la limousine super luxe à plus de 300 000€ (la Maybach, pour ne pas la nommer), elle se résume à la S55 AMG (500 ch et 700 Nm)… qui coûte 133 000€. Grâce à son "petit" moteur, l'Alpina B7 conserve un poids "raisonnable" : 1 950 kg annoncés. Conjugué à la boîte automatique à six rapports (additionnée ici du mode séquentiel " Switch Tronic "), ce rapport poids/puissance - digne d'une BMW Z8 - assure à la B7 des performances hors du commun. Aux dires d'Alpina, cette limousine bardée de cuir et de bois accélère de 0 à 100 km/h en 5,5 s et atteint 290 km/h en vitesse de pointe. Voici assurément le plus véloce des boudoirs !
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Pour faire face à ces performances explosives, le châssis a bien évidemment été retravaillé. La suspension est raffermie, les freins sont énormes (avec des disques de 370 mm!) et les roues gigantesques : 295/30 en 21 pouces à l'arrière ! De quoi s'inquiéter pour le confort de roulement : Alpina devra travailler dur pour parfaire les réglages de suspension d'ici aux premières livraisons de B7, en décembre 2003.

Sur un plan esthétique, inutile d'épiloguer une énième fois sur le style de la BMW Série 7 : les goûts et les couleurs. Fidèle à ses habitudes, Alpina n'a que discrètement retouché les lignes, ajoutant le traditionnel spoiler de bouclier, ainsi qu'un peu gracieux aileron posé sur la malle. Des appendices aérodynamiques loin d'être inutiles pour assurer la stabilité d'un engin tel que la B7 lorsqu'elle part explorer ses vitesses les plus élevées. A l'intérieur, le volant quatre branches BMW laisse place à un trois branches Alpina d'allure plus sportive, tandis que les décorations bois sont en érable. La sellerie cuir à liserés bleus et verts, signature traditionnelle du préparateur, est bien là.

La B7, limousine ultime, combinant à merveille confort, luxe et sportivité ? Le smoking enfin réconcilié avec les chaussures de sport ? Il faudra attendre la fin de l'année pour savoir si l'Alpina B7 tient vraiment ses promesses.
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Commentaires

avatar de frenchiezpower
frenchiezpower a dit le 20-10-2017 à 11:48
un collector