Le Rallye Monte-Carlo

Epreuve prestigieuse et parmi les plus sélectives au monde, le Rallye Monte-Carlo est riche d’une histoire presque centenaire faite de gloire, mais aussi de vicissitudes où se mêlent triomphes et scandales.

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Histoire : Les grandes heures du Rallye

Gilles Bonnafous le 02/01/2008

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La période de l’entre-deux-guerres du rallye Monte-Carlo est marquée par les quatre victoires Hotchkiss, auxquels on ajoutera les succès de la marque du « Juste milieu » dans l’immédiat après-guerre en 1949 et 1950. Mercedes se fait remarquer en 1952 en remportant le challenge des marques nouvellement créé à l’initiative de Charles Faroux, avec Rudy Caracciola, Herman Lang et Karl Kling. Signalons pour la petite histoire qu’une Mercedes diesel sera engagée en 1959.

Un an auparavant, le rallye a été marqué par la première victoire d’une voiture populaire, une Dauphine, dont les exploits des 4 CV en 1949 apparaissent comme le signe avant-coureur. Après l’intermède des berlines de classe moyenne, Citroën DS en 1959 et Mercedes 220 SE en 1960, les petites cylindrées à traction avant vont prendre le pouvoir : Panhard en 1961, puis Saab 96 et BMC Mini.
DS en 1964
DS en 1964 Citroën
Monte-Carlo 1968, Elford Stone 911 T Rallye 2L
Monte-Carlo 1968, Elford Stone 911 T Rallye 2L Porsche
En 1960, les carences de l’organisation engendrent une grande confusion. Plusieurs concurrents en sont victimes, dont la Volvo de Barbier et Margo auxquels est refusé le départ de l’épreuve de classement au motif d’une pénalisation imaginaire. En 1963, le rallye voit pour la première fois la participation des puissantes Ford Falcon américaines. Imbattable dans les épreuves spéciales, le champion de Suède de courses sur glace Bo Ljunfeldt a toutefois perdu la course dans un embouteillage lors du parcours de concentration. Les traction avant trustent les sept premières places. Menée de main de maître par Erik Carlsson, la petite Saab 96 fête sa deuxième victoire consécutive, tandis que l’agile Morris Cooper d’Aaltonen pointe son nez à la troisième place derrière la DS de Pauli Toivonen.

Après leur démonstration de l’année précédente, les Ford Falcon Futura, équipées du moteur de 4,7 litres de l’AC Cobra, sont données grandissimes favorites en 1964. Pourtant, la surpuissante américaine de Ljungfeld devra s’incliner devant Paddy Hopkirk/Henry Liddon et leur Morris Cooper S 1071 cm3, qui brille par ses qualités dynamiques, tenue de route et maniabilité. En 1965, Timo Makinen impose à nouveau la Mini dans l’une des plus terribles tempêtes que connut le rallye : 273 partants, 35 à l’arrivée. La Mini 1275 cm3 a battu les Porsche dans les 2/3 des spéciales…
Porsche 911 au RMC 1978
Porsche 911 au RMC 1978 Porsche
DS en 1966
DS en 1966 Citroën

L’année suivante, les trois premières places reviennent à la géniale petite anglaise (Makinen vainqueur). Mais les Mini seront déclassées pour cause de phares non conformes. Un scandale ! La DS 21 de Pauli Toivonen, cinquième, se retrouve vainqueur du rallye. La Mini revient malgré tout en 1967, où elle l’emporte avec Rauno Aaltonen.

Changement de cap avec l’époque qui suit. Elle sera celle des puissantes et agiles GT à moteur en porte-à-faux arrière (Porche 911 et berlinette Alpine) ou à moteur central arrière (Lancia Stratos). Le Monte-Carlo 1965 a vu la première apparition de la 911 dans une compétition. Elle a terminé à la cinquième place. Quelques années plus tard, la voiture se couvrira de gloire en remportant trois succès consécutifs. En 1968, Vic Elford et David Stone gagnent sur une 911 T, tandis que Björn Waldegaard-Lars Helmer et Larrousse-Gélin s’adjugent les deux premières places en 1969 au volant d’une 911 S 2,3 litres de 240 ch. Waldegaard et Helmer récidiveront l’année suivante. Avec un ultime succès en 1978 (Jean-Pierre Nicolas sur une Carrera RS), la 911 aura triomphé à quatre reprises en principauté.
Berlinette Alpine
Berlinette Alpine Renault
Audi Quattro
Audi Quattro Audi
Le Monte-Carlo 1973 est la première épreuve du nouveau championnat du monde des rallyes qui vient d’être créé pour les marques. Les constructeurs présents sont nombreux : Alpine, Alfa Romeo, BMW, Fiat, Ford, Lancia, Opel et Toyota. L’Alpine de Jean-Claude Andruet l’emporte avec le premier succès obtenu par Dieppe en 1971. Signalons qu’en 1974, le rallye n’aura pas lieu pour cause de crise pétrolière.

Les années 80 sont celles des monstrueuses Groupe B, notamment à transmission intégrale — Audi Quattro, Peugeot 206 Turbo 16 et Lancia S4. La première s’impose en 1984 avec Walter Röhrl, la deuxième l’année suivante (Ari Vatanen), grande saison de la 205 T16, la troisième en 1986 avec Henri Toivonen.

Place au Groupe A après la suppression des Groupe B par la FISA. Lancia et sa Delta se taillent la part du lion au cours de cette période qui débute en 1987. Elles y partagent les lauriers avec Toyota vainqueur en 1991 (Celica de Carlos Sainz), 1993 (Celica de Didier Auriol) et 1998 (Corolla de Sainz), ainsi qu’avec Mitsubishi (trois victoires de Tommi Mäkinen sur la Lancer) et Subaru (trois succès de l’Impreza). Ces dernières années ont été marquées par la domination des Citroën Xsara et de la C4 pilotées par le champion du monde Sébastien Loeb.
Audi Quattro
Audi Quattro Audi
205 T16 en 1985
205 T16 en 1985 Peugeot

Si l’on fait le bilan des marques victorieuses sur près d’un siècle d’histoire, Lancia arrive largement en tête, dont les treize succès s’échelonnent de 1954 à 1992. La firme turinoise précède de loin trois marques à six victoires : Hotchkiss (1932 à 34, 1939, 1949 et 1950), Renault en comptant Alpine et Citroën (DS en 1959 et 1966, Xsara de 2003 à 2005 et C4 en 2007).

S’agissant des pilotes, Walter Röhrl a remporté quatre victoires sur quatre voitures différentes. Un exploit inégalé. Le même score est à mettre au crédit de Jean Trévoux sur Hotchkiss et Delahaye, Sandro Munari sur Lancia, Tommi Mäkinen (trois sur Mitsubishi, une sur Subaru) et Sébastien Loeb sur Citroën. Suivent, avec trois victoires, Didier Auriol et Carlos Sainz.
205 T16 Evo 2 en 1986
205 T16 Evo 2 en 1986 Peugeot
Loeb sur C4 WRC en 2007
Loeb sur C4 WRC en 2007 Citroën
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Commentaires

avatar de pito
pito a dit le 13-01-2012 à 19:03
tres heureux de decouvrir jf piot au volant de la ds 322 je ne possede pas de photo de son passage chez citroen
avatar invité
un internaute a dit le 05-01-2008 à 09:03
Un commentaire décalé mais portant bien sur le sujet: Dans les années 70, on pouvait voir en 1° partie au cinéma un documentaire remarquable sur le Monte Carlo, les séquences de glisse ayant été découpées en accord avec la bande sonore, un concerto pour deux violons (de qui ??). Si un membre de votre rédaction a des relations adéquates, il serait intéressant d'exhumer ce "chef d'oeuvre" et de le mettre sur la toile.