Le Rallye Monte-Carlo

Epreuve prestigieuse et parmi les plus sélectives au monde, le Rallye Monte-Carlo est riche d’une histoire presque centenaire faite de gloire, mais aussi de vicissitudes où se mêlent triomphes et scandales.

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Histoire : Lancia au Monte-Carlo

Gilles Bonnafous le 21/12/2007

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Recordman des titres de champion du monde des rallyes, Lancia détient également le record absolu des victoires au rallye Monte-Carlo. Comptant pas moins de treize succès en principauté, la marque s’est fait de l’épreuve monégasque une véritable spécialité — avec le Tour de Corse. Un triomphe obtenu sur quatre décennies avec des modèles aussi différents que l’Aurelia B20, la Fulvia HF, la Stratos ou la Delta dans ses diverses évolutions.

La première victoire Lancia au Monte-Carlo est à mettre au crédit du Monégasque Louis Chiron et de son coéquipier C. Basadonna sur une Aurelia B20 2500 GT Da Corsa. C’était en 1954. Mais un litige survint car la voiture était une B20 de deuxième série motorisée par un V6 de 2,5 litres de troisième série. Contestée, la victoire ne sera confirmée qu’après plusieurs mois.

Vedette de la fin des années soixante et du début de la décennie 70, la Fulvia HF 1,6 litre s’adjuge le rallye en 1972. Elle est pilotée par l’étoile montante de Lancia, Sandro Munari associé à Mario Mannucci.
Fulvia HF au Monte-Carlo
Fulvia HF au Monte-Carlo Lancia
Munari sur Fulvia HF au MC 1967
Munari sur Fulvia HF au MC 1967 Lancia
Une dizaine d’années plus tard, la Stratos va à quatre reprises faire briller les couleurs de la firme turinoise sur le rocher. La voiture débute en 1972 au Tour de Corse, où Sandro Munari fait sensation avant d’abandonner. Le virtuose pilote italien devra attendre trois ans pour s’imposer en principauté. Homologuée en Groupe 4 en 1974 avec le moteur Dino de 230 ch ou de 270 ch à 24 soupapes, la Stratos s’adjuge le titre mondial en fin de saison. Mais toujours pas de succès au Monte-Carlo. Ce dernier viendra finalement l’année suivante grâce à Munari au volant d’une voiture de la Squadra Corse Lancia et de son sponsor Alitalia.

En 1976, le règlement n’autorisant qu’un seul type de pneu, l’équipe choisit, après une série de reconnaissances, le Pirelli P7. Trois Stratos d’usine sont engagées, dotées du moteur 24 soupapes de 270 ch obtenus à 8500 tr/mn. Elles sont confiées aux équipages Munari/Maiga, Waldegaard/Thorzelius et Pinto/Bernacchini. S’y ajoute la Stratos de 230 ch alignée par Chardonnet et pilotée par Darniche et Mahé. Lancia s’adjuge les trois premières places, Munari régnant en maître tout au long de la course devant Waldegaard et Darniche.

L’année suivante, l’écurie Lancia lève le pied pour ne participer qu’aux principales épreuves. Munari remporte sa troisième victoire consécutive au Monte-Carlo. Quant à Chardonnet et Bernard Darniche, ils disputent le championnat d’Europe des conducteurs, qu’ils remporteront.
Stratos au Monte-Carlo
Stratos au Monte-Carlo Lancia
Stratos au Monte-Carlo 1976
Stratos au Monte-Carlo 1976 Lancia

Mais cette année sera la dernière de l’épopée Stratos. Car en 1978, Fiat annonce le retrait de la compétition de la voiture pour laisser la place à la Fiat 131 Abarth. Pourtant, sans Munari, ni le soutien officiel de Lancia, la Stratos va continuer de s’illustrer. Le dernier coup d’éclat de cette exceptionnelle machine sera la victoire de Darniche au Monte-Carlo de 1979 sur une voiture préparée par Chardonnet. Après que l’épreuve aura été dominée par Waldegaard et Mikkola sur Ford, Darniche s’imposera la dernière nuit pour gagner avec six secondes d’avance sur Waldegaard.

L’ère de la Stratos passée, la 037 de rallye est mise à l’étude pour le Groupe B. Dérivée de la Montecarlo de course et motorisée par le deux litres Fiat 16 soupapes compressé par un Volumex (305 ch), elle est présentée à la presse peu avant le salon de Turin de 1982. Après une première saison ratée, la voiture brille en 1983. Au Monte-Carlo, elle bat l’Audi Quattro malgré le handicap de ses deux roues motrices, les deux premières places revenant à Walter Röhrl/Geistdorfer et Alen/Kivimaki.
Delta S4
Delta S4 Lancia
Delta S4
Delta S4 Lancia
Après l’intermède de la 037 Rally, commence le règne de la Delta. Avec six victoires en principauté de 1986 à 1990, ainsi qu’en 1992, il demeurera inégalé. Traction intégrale inspirée de la 205 Turbo 16, la Delta S4 reçoit un quatre cylindres 16 soupapes de 1,7 litre entièrement nouveau. Turbocompressé, il conjugue un Volumex et un turbo KKK. Surpuissante (450 ch) et très compacte, elle débute fort. Après une première victoire au RAC 1985 obtenue de suite après son homologation, elle s’impose l’année suivante au Monte-Carlo aux mains de Toivonen et Cresto. Les deux hommes se tueront ensuite au Tour de Corse, une tragédie qui entraînera la condamnation des Groupe B par la FISA.

Place au Groupe A avec la Delta 4WD, dont le moteur développera jusqu’à 260 ch. Homologuée en janvier 1987 et pilotée par Massimo Biasion, elle remporte aussitôt le Monte-Carlo, comme elle le fera dans la majorité des épreuves de la saison écrasée par sa supériorité. En 1988, l’Intégrale succède à la 4WD. Mais en attendant son homologation, c’est la 4WD qui gagne le Monte-Carlo 1988 avec Bruno Saby et J.-F. Fauchille. L’Intégrale fera de même en 1989 avec Biasion et Siviero. Le même équipage triomphera la saison suivante au volant de l’Intégrale 16V (près de 350 ch), apportant à la Delta sa cinquième victoire consécutive sur le rocher. Et ce malgré la rude opposition de Toyota et de Carlos Sainz, qui s’imposeront en 1991. Avec l’Intégrale 16V Evoluzione de 1992, Didier Auriol et Bernard Occelli offriront à Lancia son dernier sacre en principauté.
Stratos au Monte-Carlo 1976
Stratos au Monte-Carlo 1976 Lancia
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Commentaires

avatar de LUTTIAU
LUTTIAU a dit le 11-01-2008 à 16:35
Il est utile de rappeler un tel palmares avec cette marque prestigieuse Lancia. C'est avant tout une aventure humaine avec des hommes de qualité. Compliment pour votre initiative