Vente Artcurial du 9 février 2008

La respectable maison Artcurial organisait une belle vente en marge de Rétromobile. L’inoxydable commissaire-priseur Hervé Poulain était bien sûr le maître de cérémonie.

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Derby L8: vedette de la collection Veniard

Serge Bellu le 17/03/2008

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Ce qui caractérise la collection de Pierre Veniard, c’est qu’elle a été établie par un collectionneur avisé qui a su s’attarder sur des automobiles d’une époque habituellement délaissée et qui s’est intéressé à des marques très marginales.

Dans un milieu trop régi par les tentations de la spéculation, trop coincé dans les convenances, il est toujours passionnant de découvrir des approches plus iconoclastes.

Les voitures présentées par Pierre Veniard sont peu nombreuses, mais on retiendra d’emblée son insolite Derby L8 carrossée en roadster par la maison Duval. Il s’agit d’une automobile rarissime puisque ce modèle L8 ne fut produit qu’en onze exemplaires, celui de la vente, étant le seul exemplaire survivant connu.

D.R. / Artcurial

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Conçue par l’ingénieur Étienne Lepicard, la Derby L8 était une voiture singulière, s’agissant d’une traction avant bénéficiant de roues avant indépendantes. Des caractéristiques exceptionnelles dans la France des années 1930. Le modèle fut présenté au Salon de l’Automobile de Paris en 1933, soit l’année précédant le lancement de la « Traction Avant » Citroën.

Sur le plan de la motorisation, la Derby L8 se démarque aussi des habitudes françaises puisqu’elle est propulsée par un moteur huit cylindres en V de deux litres. Pour acquérir un peu de notoriété, Derby participe à plusieurs épreuves prestigieuses, au rallye de Monte Carlo et aux 24 Heures du Mans, mais le succès n’arrivera pas…

La marque Derby, fondée en 1921, avait été reprise par un actionnaire britannique en 1930 et elle s’était distinguée dès l’année suivante en comptant parmi les pionnières de la traction avant, l’ingénieur Jean-Albert Grégoire ayant été l’un des précurseurs de cette technologie dès 1927.

D.R. / Artcurial

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La signature du carrossier n’est pas très connue non plus. Charles Duval fait partie de ces petits carrossiers qui tissèrent des liens privilégiés avec plusieurs constructeurs. Son activité n’a duré qu’une dizaine d’années, entre la fin des années 1920 et le Front Populaire. Amilcar, Tracta, Licorne et surtout Chenard & Walcker comptent parmi les partenaires habituels de Duval.

Cette maison ne s’est jamais distinguée par une créativité débordante, mais elle s’inscrit dans la lignée des firmes honnêtes, conventionnelles, proposant des travaux à des tarifs raisonnables. En cela, Duval se démarquait des carrossiers plus célèbres, les Saoutchik, Chapron, ou Figoni qui s’exprimaient sur des châssis beaucoup plus coûteux ce qui entraînait une débauche naturelle de luxe.

Duval jouait sur le registre de la sobriété avec des lignes simples et dépouillées et une finition plutôt austère.

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