Essai TOYOTA GR86 2.4 234 ch

Walid Bouarab le 30/06/2022

Le temps passe et l'arrivée de modèles aussi jouissifs que la Toyota GR86 nous rappelle que nous avançons inexorablement vers un futur automobile bien moins démonstratif. Prenons donc le temps de savourer cette japonaise défiant toute logique actuelle : moteur plus gros, aucune hybridation et comportement toujours aussi spectaculaire. Un oiseau rare.

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Merci Toyota !

Toyota récolte, de la plus belle des manières, les fruits de son lourd travail dans l'hybridation. En marche depuis 25 ans, cette technologie lui permet aujourd'hui d'afficher des émissions de CO2 moyennes suffisamment basses pour autoriser la commercialisation d'authentiques sportives à l'heure où la concurrence déserte les lieux. Après le retour de l'emblématique Supra et la surprise qu'a été la remarquable GR Yaris, la bannière Gazoo Racing accueille désormais la seconde génération de la GR86 (précédemment nommée GT86). Un petit coupé compact à propulsion, motorisé par un bloc atmosphérique allié à une boîte mécanique (une transmission automatique est disponible). Sur le papier, voilà de quoi ravir les puristes. D'autant que les ingénieurs maison se sont échinés à améliorer une recette déjà savoureuse en rehaussant les ingrédients les plus fades de la précédente génération.

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Recette relevée

À commencer par le moteur. Si la GR86 conserve un 4-cylindres à plat, celui-ci a été entièrement revu. Son réalésage lui procure désormais une cylindrée de 2,4 l (2,0 l auparavant). Surtout, son couple, gros point faible de la GT86, est désormais disponible à un régime nettement plus bas : on passe ainsi de 205 Nm disponible à partir de 6 400 tr/mn à 250 Nm dès 3 700 tr/mn. Il n'est donc plus de sérieusement cravacher le moteur pour en tirer le potentiel. Plus réactif, ce nouveau bloc élimine également un trou à l'accélération assez sensible sur le précédent. Voilà qui transfigure complètement le comportement mécanique de cette GR86. Les accélérations sont plus franches (0 à 100 km/h en 6,3 s contre 7,6 s) et les reprises plus toniques. La sonorité évolue également dans le bon sens, dorénavant très présente car relayée via les haut-parleurs. Heureusement, plutôt bien calibré, ce gimmick n'est pas trop pénible à l'usage. Pour le reste, la GR86 conserve la même plateforme, ce qui lui permet de contenir son poids. Car si elle doit composer avec des équipements de sécurité supplémentaires, l'utilisation généreuse d'aluminium pour le toit, les ailes ou le capot contrebalance cette dotation. De quoi rester sous les 1 300 kg tout en bénéficiant d'une rigidité accrue de 50 %. Une belle performance, qui fait de la GR86 une réelle sportive, réactive, communicative et joueuse. Solidement motorisée, reposant sur un châssis simple et efficace (le train arrière profite d'un différentiel à glissement limité), la japonaise dispose de commandes très bien calibrées et faites pour la conduite dynamique. Qu'il s'agisse de sa direction, directe et offrant beaucoup de ressenti, de son levier de vitesse au maniement ferme et aux débattements courts ou de sa pédale de frein rassurante, le petit coupé met très vite en confiance. Nettement plus communicative que sa grande sœur la GR Supra, il enroule les courbes avec une certaine aisance sans jamais faillir question stabilité. Et lorsque la route se fait encore plus tortueuse, l'auto révèle tout son savoir-faire. Précise et prévisible, stable sur les gros freinages en entrée de virage, facile à placer et profitant d'une bonne motricité (notre modèle est équipé de Michelin Pilot Sport 4 dédiés), elle incarne la quintessence du plaisir automobile. Une philosophie que ne l'on retrouve qu'à bord d'une Mazda MX-5, ou une Alpine A110 (10 000 € plus chère après malus).

Joueuse mais docile

Quelques tours sur le circuit espagnol de Monteblanco près de Séville nous ont également permis de pousser la GR86 dans ses retranchements. Les grandes lignes droites et les longues phases d'accélération ne font plus peur à la japonaise, décidément transfigurée par son nouveau moteur. Un terrain de jeu qui permet également de tester le mode Track, lequel retarde (voire annule) les interventions de l'ESP. Freinage suffisamment endurant et train avant aux réactions parfaites nous dévoilent un engin vraiment bien né. Le train arrière que l'on trouvait stable à l'approche des épingles, se révèle dans ce mode très prompt à décrocher à la moindre accélération franche. Un véritable comportement survireur de petite propulsion comme on les aime. Pour autant, la Toyota reste plutôt facile à dompter, fidèle et obéissante aux injonctions du conducteur. En ville, tout en restant une pure sportive, elle se montre facile à vivre pour un usage quotidien. Les commandes conservent une certaine douceur et la souplesse du moteur permet d'évoluer avec fluidité. Seul l'amortissement, franchement ferme, heurtera les amateurs de confort. Mais c'est la philosophie du modèle.

Malus assassin

Côté habitacle, la GR86 a également fait de sérieux progrès. La présentation, bien que classique, est nettement plus moderne. Surtout la qualité de fabrication, sans impressionner, s'avère beaucoup plus satisfaisante. Surtout, la GR86 a gardé une ergonomie évidente, permettant au conducteur de se focaliser aisément sur son pilotage. Rationnel et terriblement efficace. On passera sur les places arrière, anecdotiques. Elles serviront plutôt à accueillir un surplus de bagages, le coffre étroit n'étant pas d'une grande aide. Mais qu'importe ? L'intérêt du modèle est ailleurs, même s'il subit déjà les affres de la politique environnementale : ses 200 g de CO2/km lui valent un malus de plus de 16 000 € (limité à 50 % du prix du véhicule). Si son tarif de départ de 33 900 € (unique finition disponible en France) la plaçait comme une redoutable concurrente, à l'évidence, cette taxe n'arrangera pas sa carrière, qui restera confidentielle sur notre marché. Dommage, car la GR86 est un oiseau rare de l'industrie automobile.

À retenir

quoteAvec cette GR86, Toyota démontre brillamment son savoir-faire en matière de sportivité. Ce coupé japonais se place d'emblée comme l'une des voitures les plus excitantes du moment. Son seul défaut : être arrivé à une mauvaise période.
points fortsConduite communicative, comportement joueur, moteur à la hauteur
points faiblesMalus
15.7

20
Les chiffres
Prix 2022 : 33900 €
Puissance : 234 ch
0 à 100km/h : 6.3s
Conso mixte : 9.5 l/100 km
Emission de CO2 : 200 g/km
Notre avis
Note de coeur : 17/20
Agrément de conduite : 17/20
Sécurité active et passive : 15/20
Confort et vie à bord : 9/20
Budget : 12/20

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Commentaires

avatar de SOUDUN
SOUDUN a dit le 03-07-2022 à 10:21
Merci pour ce compte-rendu d'essai, mais de grâce, corrigez la trajectoire ... de l'orthographe !