Essai TOYOTA GR Supra 3.0 MT

Walid Bouarab le 21/07/2022

Une pédale et un levier de vitesse en plus. Il n'en fallait pas plus pour épicer la recette, un rien fade, d'une Toyota Supra pourtant riche en ingrédients. Avec cette version à transmission manuelle, la japonaise revient dans la course avec, en sus, des améliorations techniques attendues de longue date. La sportive qu'on attendait tous ?

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Levier de négociation

Si le retour, en grande pompe, de la Supra a réveillé quelques émotions chez les afficionados, ce modèle en a laissé plus d'un sur sa faim. Passons encore sur la base technique et les nombreux éléments mécaniques partagés avec le BMW Z4. Une synergie qui n'empêchait pas la japonaise d'être, sur le papier, une excellente sportive. Mais dès sa sortie, sa direction isolant beaucoup trop de la route, son freinage pas à la hauteur et son amortissement que l'on aurait aimé plus verrouillé déçoivent. Surtout, les réels amateurs de cette sportive mythique ont toujours réclamé ardemment l'introduction d'une boîte manuelle. Une solution rapidement écartée par Toyota lors du lancement de la Supra, celle-ci étant motorisée par un bloc (six-en ligne 3.0 turbo) n'existant tout simplement pas avec une telle transmission, même chez BMW.

C'est dire le labeur dont il a fallu faire preuve pour pouvoir mettre en place une telle machinerie. Adapter une boîte manuelle existante, installer un embrayage costaud et, détail qui a son importance, redessiner entièrement la console centrale pour pouvoir accueillir un levier qui n'ira pas butter sur les commandes au passage de la troisième. Les ingénieurs ont ainsi doté la Supra d'un levier plutôt court, mais d'un pommeau lourd (200 g), pour créer l'inertie aidant au passage des rapports. Malin.

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Bien rond, et tombant parfaitement sous la main, ce pommeau plonge directement dans une ambiance inédite à bord de cette GR Supra. C'est d'autant plus le cas lorsque l'on tâte l'inédite pédale de gauche, à la course longue et étonnamment ferme. Mais Toyota n'a pas fait que répondre aux desiderata des amateurs de boîte manuelle. La firme japonaise a également entendu les critiques formulées à l'égard de sa sportive de manière générale et s'est attelée à améliorer ses points faibles. A commencer par un recalibrage de la direction pour offrir plus de feeling, un nouvel amortissement censé mieux contrôler les mouvements verticaux du train arrière et un système de freinage plus costaud. Ludique, un système de talon-pointe automatisé est intégré, permettant d'ajuster le régime moteur lors des rétrogradages notamment, et d'éviter ainsi un blocage intempestif des roues. Un gadget pour certains, qu'ils pourront déconnecter via le menu de l'écran central.

Concernant ces améliorations, elles seront également introduites sur les versions à boîte automatique dès cette année. Mais cette Supra boîte manuelle garde pour elle un pack « Lightweight », lui permettant d'économiser 16 kg. Un « gain » de poids obtenu par un équipement tout simplement moins riche : système audio de base, sièges en tissu, absence de réglages électriques et de soutien lombaire...

Mais assez parlé technique, place à la pratique. Notre essai s'est exclusivement déroulé sur la piste espagnole de Monteblanco, non loin de Séville. Deux sessions de trois tours chacune c'est peu, mais déjà suffisant pour se faire une idée. La première, étant évidemment les passages de rapport, plutôt efficaces, de cette transmission. Le levier n'accroche pas trop et les verrouillages sont fermes. Preuve que l'ergonomie est une réflexion capitale dans le développement d'une voiture : ce levier ne trouve pas ici une position très naturelle, et bien que tombant bien sous la main, il doit cohabiter sur une console centrale initialement pensée sans sa présence. Le coude bute parfois sur la partie arrière de l'accoudoir. Passé ce léger désagrément, on en vient rapidement à apprécier la balade, rythmée aux changements - rapides - des rapports. Le six-en-ligne 3.0 de 340 ch épate toujours pas son souffle inépuisable, encore mieux exploité avec cette nouvelle transmission mécanique. Cette Supra 3.0 MT nous est également apparue plus communicative de par sa direction. Mais pour le reste, difficile de se faire une idée sur l'amortissement ou le freinage, cet essai s'étant déroulé sur la surface très lisse d'un circuit et sur une courte période. On salue toutefois la démarche de Toyota qui a, de manière pertinente, apporté les améliorations nécessaires à une Supra en demi-teinte. Et si le regain d'intérêt pour les vrais amateurs de conduite est bien là, Toyota vient aussi de lancer la nouvelle génération du GR86. Un coupé plus petit, plus modeste, moins puissant, mais autrement plus démonstratif. Probablement la plus grosse rivale de la Supra à ce jour.

À retenir

quoteToyota fait mentir les rabat-joie du plaisir mécanique et ravit les amateurs de conduite. Avec une gamme GR hautement convaincante, le spécialiste de l'hybridation démontre aussi un savoir-faire réel en termes de sportivité. Et cette Supra manuelle profite amplement des modifications apportées. Même si on les aurait aimées plus franches pour certaines.
points fortsTransmission agréable à manipuler, direction plus communicative, souffle du moteur
points faiblesIntégration du levier imparfaite, améliorations techniques timides
13.9

20
Les chiffres
Prix 2022 : 68 100 €
Puissance : 340 ch
0 à 100km/h : 4.6s
Conso mixte : 8.8 l/100 km
Emission de CO2 : 198 g/km
Notre avis
Note de coeur : 14/20
Agrément de conduite : 16/20
Sécurité active et passive : 13/20
Confort et vie à bord : 11/20
Budget : 11/20

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