Essai SUBARU WRX STI Legend Edition

Stéphane Schlesinger le 04/02/2019

Alors qu'elle continue sa carrière sur d'autres continents, la Subaru WRX STI S vient de quitter l'Europe. Juste avant, elle a bénéficié d'une série spéciale exaltant ses qualités, la Legend Edition. Un authentique collector ?

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Le monde perdu

Sans tambours ni trompettes, la digne héritière d'une icône des rallyes vient de se faire sepuku. La Subaru WRX STI. Il faut dire que son constructeur s'est retiré en 2008 du WRC, qu'il a pourtant gagné trois fois, de 1995 à 1997, alors que trois pilotes ont raflé le titre au volant de la japonaise, en 1995, 2001 et 2003. Pour autant, la Subaru de course est restée au catalogue, bénéficiant au contraire de plusieurs refontes. Et ce, sans jamais déroger à son esprit initial : l'attaque totale. La 5ème génération d'Impreza, dévoilée en 2015 à Los Angeles, n'ayant pas été déclinée en WRX, la dernière à arborer ce blason est la précédente, la 4ème. Elle l'a reçu en 2014, perdant d'ailleurs à ce moment l'appellation Impreza, histoire de décorréler sa carrière de celle dont elle dérive. Après l'avoir restylée en 2017, Subaru annonçait début 2018 la fin de la carrière européenne de la WRX, car elle n'allait plus être compatible avec les nouvelles normes antipollution.

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Bouquet final

A cette occasion, il lui dédiait une série limitée dénommée en France Legend Edition et limitée à 60 exemplaires. Vous allez me dire, pourquoi l'essayer maintenant alors qu'elle n'est plus au catalogue ? Pour le plaisir !

Cette Legend Edition se distingue de la STI S de base par ses jantes de 19 pouces, ses étriers peints en jaune, sa sellerie cuir-Alcantara ou encore des accessoires de carrosseries, tels les jupes latérales et la lame de bouclier avant. Mécaniquement, en revanche, elle ne change pas, conservant le boxer 2,5 l développant 300 ch, soit une puissance spécifique désormais banale de 122 ch/l. On aurait aimé voir débarquer le 325 ch de la S208 vendue au Japon, mais vu le faible potentiel commercial, Subaru a dû estimer que ce ne serait pas rentable de financer son homologation.

La fameuse transmission intégrale symétrique et paramétrable DCCD est bien entendu toujours là, qui s'accompagne d'une boîte manuelle à 6 rapports. Tout ceci compose un ensemble moteur-boîte qui, faute d'évolutions, commence à accuser le poids des ans. Extérieurement, la Subaru joue l'exubérance, ce qu'on ne saurait lui reprocher en cette époque imprégnée de politiquement correct. Dans l'habitacle, si l'assemblage est impeccable, les matériaux semblent plutôt ordinaires, mais là n'est pas la clé de la WRX. Plus important, le baquet maintient bien et la position de conduite, un peu haute initialement, se révèle très adaptée à la longue. Pourtant, en usage courant, la Subaru manque d'agrément. Suspension très inconfortable, moteur souple mais apathique sous les 3 000 tr/mn, engendrant un manque de reprise gênant, même à 120 km/h sur autoroute... Pire, la direction n'est même pas très informative, alors que la consommation moyenne tombe difficilement sous les 12 l/100 km.

Vive le sport !

La messe est-elle dite ? Que non pas ! Qu'on emmène la WRX sur une petite route sinueuse et bosselée, car là elle révèle son vrai potentiel : celui d'une voiture de course. Déjà, à mesure que la vitesse augmente, l'amortissement gagne en confort, permettant à l'auto de ne pas se laisser déstabiliser par les bosses. Ensuite, à partir de 4 000 tr/mn, le moteur se montre explosif de puissance, poussant jusqu'à plus de 6 500 tr/mn. Enfin, et surtout, une fois qu'on a appris à faire confiance au train avant, la Subaru passe très vite en virage. Si elle sous-vire légèrement à la limite, il suffit de soulager l'accélérateur pour stopper le phénomène et sentir la poupe pivoter et permettre de réaccélérer très tôt et très fort. Impressionnant, tout comme le freinage. On peut, en jouant de la molette centrale, jouer sur la répartition du couple, en favorisant l'arrière. A ce moment, attention, la voiture peut se montrer très survireuse à l'accélération : il faut savoir ce que l'on fait. Seul défaut dans ce contexte : la boîte manquant de guidage dans le passage 2-3.

En somme, voici une sportive à l'ancienne, sans compromis, joueuse et gratifiante si on sait s'y prendre et quelque peu vicieuse si on y va comme un bourrin. Tous les ingrédients d'un vrai collector...

À retenir

quoteDéplaisante au quotidien mais très gratifiante et ultra-efficace si on sait s'y prendre, la Legend Edition est une sportive à l'ancienne. Sacrifiée en Europe sur l'autel des normes antipollution, elle consomme en effet beaucoup, son moteur se montrant de surcroît creux sous les 3 000 tr/mn. Elle se passe aussi de boîte séquentielle, mais tous ces manques d'évolution renforcent son charme. Entrée dans la légende, cette WRX est donc un authentique collector.
points fortsEfficacité exceptionnelle, transmission DCCD largement paramétrable, conduite encore « analogique », caractère, comportement agile, performances, freinage, rareté.
points faiblesMoteur creux, suspension très ferme à basse vitesse, commande de boîte manquant de guidage, direction peu informative, consommation élevée.
15.1

20
Les chiffres
Prix 2018 : 47990 €
Puissance : 300 ch
0 à 100km/h : 5.2s
Conso mixte : 10.4 l/100 km
Emission de CO2 : 242 g/km
Notre avis
Note de coeur : 16/20
Agrément de conduite
  • Accélération
  • Reprises
  • Direction
  • Agilité du châssis
  • Position de conduite
  • Commande de boîte
  • Etagement de la boîte
:
14/20
Sécurité active et passive
  • Adhérence
  • Freinage
  • Equipements de
    sécurité
:
19/20
Confort et vie à bord
  • Habitabilité
  • Volume du coffre
  • Visibilité
  • Espaces de rangement
  • Confort de suspension
  • Confort des sièges
  • Insonorisation
  • Qualité (matériaux, assemblage, finitions)
:
14/20
Budget
  • Rapport prix/prestations
  • Tarif des options
  • Consommation
:
12/20

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Commentaires

avatar de jd075235
jd075235 a dit le 11-02-2019 à 02:11
Je conduis le plus souvent possible ma Lancia Fulvia Coupé 1,3 S de 1974. En lisant votre essai de la Subaru j'ai l'impression de lire ce que je voudrai dire de ma Lancia. Inconfortable, direction dure (non assistée), etc.... Bien sûr elle n'a pas 300 cv mais 90 mais quel plaisir dès qu'une petite route sinueuse et peu encombrée se présente. Quel plaisir en comparaison de l'ordinateur à roulettes de ma compagne bourré de gadgets. d'électronique à tout va, d'alarmes pour tout et pour rien et pesant 1750 kgs. Alors croyez moi, au volant de ma petite Lancia de 900 "petits kgs, sans vitres électriques, sans phares ou essuies-glaces automatiques, JE SUIS HEUR-REUX !!!!