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Essai PORSCHE Boxster Spyder (987)

Jean-François Destin le 16/05/2010

Rappelant le Spyder 550, première voiture de course de son histoire, Porsche enrichit sa gamme Boxster d'une version Spyder allégée équipée du Flat-six 3.4l de 320 ch. Détonant !

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Présentation

Depuis les années 50 et le mythique Spyder 550 à moins de 600 kg, Porsche s'est toujours servi du banc de la compétition pour offrir à ses pilotes comme à ses clients le meilleur rapport poids/puissance. Un item bien oublié aujourd'hui. Avec le Spyder Boxster en vente depuis février, Porsche redémontre aujourd'hui les vertus de la légèreté. Même s'il s'agit plus de faire vibrer les amateurs de sensations sportives que de répondre aux préoccupations environnementales, la démarche est à la fois pertinente, ludique et très rentable pour le constructeur.

Déjà contenu, le poids du Porsche Boxster descend à 1275 kg par l'utilisation d'aluminium pour les portières et le capot arrière, l'allègement des jantes, l'absence de tout équipement superflu en base et surtout, en lieu et place de la capote électrique, par un léger et astucieux couvre-chef manuel en deux parties. Pour éviter qu'il s'envole et se déchire, il est préférable d'oublier les 267 km/h possibles pour privilégier le 0 à 100 km/h en 5,1 secondes. Des performances liées au potentiel du Boxer 3.4l dont la puissance a été augmentée à 320 chevaux (10 de plus que le Boxster S). Châssis abaissé de 20 mm, suspension sport revisitée, présence d'un différentiel arrière autobloquant : le Spyder Boxster se veut plus vif, plus tranchant et plus maniable. Un comportement à la mesure d'une silhouette rendue méchante par le double bossage du capot arrière monobloc. Un modèle incomparable dont le prix démarre à 64.741 €.

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Design extérieur et intérieur

Comment transformer le caractère et le "look" d'un cabriolet sans retouches majeures ? Porsche vient de répondre avec un Spyder qui se différencie du cabriolet Boxster par la forme de son capot arrière et l'installation d'une capote basique extra-plate faisant descendre la hauteur de 1.29,5m à 1.23m. En fait tout vient du double bossage rappelant le capot du Spyder 550 de 1953. Peints en rouge, deux solides anneaux font saillie de chaque côté de ce capot pour accrocher les haubans de la capote. Une capote à la fois plate, étirée vers l'arrière et dépourvue de toute assistance électrique pour gagner du poids. Mission réussie au niveau esthétique même si cette capote et la protection anti-intempérie distincte nécessitent un apprentissage manuel pour les installer ou les ôter. Porsche fournit une notice de 9 pages avec dessins explicatifs à l'appui ! C'est compliqué la première fois puis ensuite facile à condition d'être méthodique et patient. Reste qu'en cas d'orage soudain, le propriétaire risque de reprendre le volant trempé jusqu'aux os.

L'habitacle de cette version Spyder d'une fonctionnalité sportive au top est quasiment identique à celui du Boxster. Les différences sont liées au programme d'allègement. On note entre autres l'absence de seuil de porte (on a droit seulement à l'inscription noire –Porsche Spyder-) à un volant sans aucune fonction (ici en Alcantara optionnel), à des sièges baquets à structure mince mais d'une ergonomie parfaite et à des languettes rouges (peu pratiques) en guise de clenches.

Châssis et moteur

Légèreté, efficacité et plaisir de conduite à l'état pur : tels sont les objectifs recherchés et atteints par Porsche grâce à 80 kg gagnés sur les jantes, les portières, le capot arrière, les sièges, la capote (6 kg seulement) et un équipement basique excluant de série la climatisation. Les ingénieurs sont également intervenus sur ce Boxster Spyder en abaissant le châssis de 20 mm et en installant des suspensions sport à partir de ressorts rigides et courts, de barres stabilisatrices avant et arrière et d'amortisseurs plus fermes. S'ajoute un différentiel à glissement limité d'origine.

Le moteur de ce Spyder est le six cylindres à plat 3.4l à injection directe de 320 chevaux déjà monté sur le Cayman. Pour jouer le jeu du poids réduit, il faut se contenter de la boite mécanique à 6 rapports (dont la commande est rendue quasi parfaite grâce à un réducteur de course optionnel à 574 €). Porsche propose quand même en option (+2960,10 €) la fameuse boite PDK à double embrayage. Elle favorise à peine le 0 à 100 km/h (5s contre 5,1s), un peu plus la consommation (9,3l contre 9,7l) mais remonte le poids de 25 kilos. A noter que Porsche propose en option un système d'échappement sport dont la musicalité est à la mesure du supplément (+ 1925,56 € !)

Sur la route

Dans une Porsche, le pilote fait corps avec sa machine. Et plus encore aux commandes de ce Spyder peaufiné pour accroître les sensations sportives. La précision de la direction, la commande de boite à course ultra courte (en option), le freinage impressionnant de puissance et de progressivité et le boxer de 320 chevaux permettent une conduite sportive de très haut niveau. En termes d'efficacité comme de sécurité active. Les 80 kilos gagnés ne se sentent pas d'emblée mais contribuent à accroître la maniabilité d'un Boxster déjà exemplaire à ce sujet. Cette magie perpétrée par Porsche au travers des gammes 911 et Boxster tient surtout à un flat-six plat unique sur le marché. D'une vitalité extrême à haut régime, il est capable d'accepter de tourner à moins de 1500 tours en 6ème et de relancer la voiture sans rechigner.

Mais avec ce Spyder insolite à bien des égards, il s'agit aussi de porter un jugement sur cette inédite capote en deux parties. Ne revenons pas sur sa manipulation et son rangement sous le capot arrière. Attardons nous plutôt sur ces différentes configurations avec ou sans la protection. Porsche indique que le Spyder est fait pour rouler à ciel ouvert. Le couvre chef en deux parties n'est qu'accessoire. Plutôt que de reprendre l'idée du tonneau-cover cher aux Anglais d'avant guerre, la capote ancrée au haut du pare brise, sur les entourages d'arceaux de sécurité et aux deux anneaux du capot arrière protège du soleil ou de la pluie mais pas des courants d'air supérieurs par rapport à la configuration entièrement découverte. D'ailleurs, l'air qui s'engouffre en roulant fait comprendre qu'il est recommandé de ne pas dépasser 200 km/h. Avec la capote et la protection anti-intempéries assortie d'une lunette en plastique, les courants d'air ne rentrent plus mais le volume sonore devient vite intenable. Une incitation à de nouveau tout enlever dès le premier rayon de soleil.

À retenir

Tout en capitalisant sur un passé prestigieux, Porsche réussit l'exploit d'élargir sa gamme Boxster par le haut sans se ruiner. Le Spyder constitue une véritable icône alors qu'il reprend 95% des composants du Boxster et se débarrasse de tous les équipements de confort superflus. Une bonne affaire pour le constructeur et également pour l'acheteur qui moyennant 7000 € de plus (par rapport au prix du Boxster S 3.4l S 310 ch) s'offre un jouet unique ne perdant pas de sa valeur. Moins polyvalent qu'un roadster Audi TT RS, plus contraignant à utiliser par mauvais temps et plus exposé au vandalisme, le Spyder exige un parking fermé en raison de la vulnérabilité de sa capote. Bien qu'aucun chiffre précis n'ait été avancé, il devrait s'en construire entre 1000 et 2000 exemplaires par an, la filiale française espérant en vendre une quarantaine en 2010.
points fortsDesign très réussi, allègement conséquent, potentiel dynamique encore accru, moteur sublime, consommation raisonnable (12 l en moyenne), pilotage d'une précision chirurgicale.
points faiblesMontage et démontage faussement compliqués de la capote mais réclamant du doigté et du temps. Environnement très bruyant capote fermée, vitesse limitée capote en place, prix des options et entre autres de la boite PDK.
16.5

20
Les chiffres
Prix 2010 : 74 548 €
Puissance : 320 ch
0 à 100km/h : 5.1s
Conso mixte : 9.7l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 18/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 14/20
Budget : 13/20

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Commentaires

avatar de polobranco
polobranco a dit le 09-04-2012 à 20:23
Dommage que cette petite merveille n'ait été disponible en concession de mars 2010 à septembre 2011. J'ai du me résoudre à en commander un d'occasion, origine France, (5600kms) dont je prends livraison samedi prochain chez Porsche Montpellier. Il fera la paire dans mon garage avec La Caterham "le prisonnier", à l'esprit encore plus radical (115cv/540kgs).
avatar de pcsm
pcsm a dit le 11-12-2011 à 18:14
c'est le retour de l'esprit porsche et du postulat chapman combiner legereté et efficacité voiture precise et efficace joueuse sur circuit une future icone