Essai PEUGEOT 308 GTi 263 ch FAP

Vincent Desmonts le 18/03/2019

La 308 GTi a reçu un filtre à particules pour se conformer aux nouvelles normes. Une simple formalité ? Pas tout à fait : elle a perdu quelques chevaux et un peu de sa superbe au passage...

Sous tutelle

L'année 2018 aura été compliquée pour les constructeurs en Europe. La faute au basculement vers le nouveau protocole d'homologation WLTP, qui a poussé certains modèles vers une retraite prématurée, tandis que des marques ont dû carrément temporairement retirer des gammes entières de leurs catalogues. Chez PSA, on avait plutôt bien anticipé le changement, si bien qu'au 1er septembre 2018, tous les modèles étaient dûment réhomologués. Mais certains ont du subir de menues modifications techniques pour y parvenir, comme l'adoption d'un catalyseur SCR pour les diesels ou, pour certains modèles à essence, d'un filtre à particules. La Peugeot 308 GTi appartient à cette seconde catégorie et, dans son cas, la mise aux normes n'a pas été totalement indolore, puisque sa puissance est passée de 270 à 263 ch. Sept canassons de perdus, donc, et si Peugeot annonce un couple maxi en hausse de 10 Nm, à 340 Nm, c'est à un régime légèrement plus élevé que dans le passé (2 100 tr/min au lieu de 1 900). La fiche technique révisée indique par ailleurs une masse en nette hausse (1 315 kg contre 1 205 auparavant), mais il s'agit là essentiellement d'un jeu d'écriture lié au protocole WLTP, qui oblige à prendre en compte l'équipement réel du modèle : finie la triche qui consistait à annoncer le poids d'une version dépouillée non commercialisée !

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Une mécanique plus rustre

Sur le papier, les changements sont donc mineurs. Peugeot annonce d'ailleurs des performances inchangées, avec un 0 à 100 km/h en 6 s tout rond et une vitesse de pointe de 250 km/h. Volant en mains, cependant, on décèle bien quelques différences. Le 1.6 THP (désormais baptisé « PureTech ») a perdu un peu de son punch à très bas régime : en dessous de 2 000 tr/min, c'est un peu mou, si bien que l'on se surprend à rétrograder plus fréquemment qu'auparavant. Ce moteur est également un peu moins doux en usage urbain, où l'on déplore quelques à-coups et un certain manque de progressivité des commandes au pied (accélérateur, embrayage). Certaines choses, en revanche, ne changent pas : les performances sont toujours très solides, avec des accélérations vives et des reprises efficaces pour peu que l'on soit au-dessus des 2 000 tr/min. Le pédalier est idéalement conformé pou effectuer le talon-pointe. La sobriété impressionne toujours autant au vu des chronos proposés : lors de notre essai, la 308 GTi s'est contentée de 8,3 l/100 km en moyenne ! Enfin, le caractère mécanique reste effacé, avec une sonorité quelconque. Et fuyez le mode « Sport », qui ne fait qu'ajouter une bande-son synthétique à faire saigner les tympans !

Un châssis toujours efficace, mais...

Les ingénieurs de Peugeot Sport n'ont pas retouché le châssis, qui reste une valeur sûre. La Lionne donne toujours un réel sentiment de légèreté, avec un train avant qui répond au doigt et à l'œil aux moindres impulsions du volant. Le différentiel autobloquant, livré en série, aide quant à lui à digérer la puissance, tout en limitant les effets de couple dans la direction. Le freinage, confié à l'avant à d'énormes disques bimatière de 380 mm pincés par des étriers à quatre pistons, impressionne par son efficacité et son endurance. En revanche, je n'ai hélas pas retrouvé la remarquable finesse d'amortissement des versions essayées en présentation au Portugal ou en Espagne : les suspensions digèrent moins bien les bosses, engendrant des aléas dans la tenue de cap et des pertes ponctuelles de motricité. Pour le reste, la 308 GTi conserve malgré tout une belle polyvalence, avec un confort plus que correct, une insonorisation soignée et des sièges qui maintiennent bien le corps. L'ergonomie particulière du poste de conduite, avec son petit volant et l'instrumentation (peu lisible) en position haute ne réclame pas de délai d'adaptation. En revanche, il reste pénible de devoir systématiquement repasser par l'écran tactile central pour régler la climatisation. Enfin, l'équipement est complet, même si la 308 GTi ne peut curieusement pas recevoir le régulateur adaptatif ou le freinage d'urgence automatique. En revanche, elle propose désormais une troisième teinte « Coupe Franche » : le blanc/noir (1 800 €), qui vient s'ajouter au bleu/noir et au rouge/noir.

À retenir

Hélas, la Peugeot 308 GTi a perdu un peu plus qu'une poignée de chevaux en s'adaptant aux nouvelles normes : elle a également un peu régressé en agrément mécanique. Heureusement, les performances ne sont pas affectées, tandis que le châssis reste d'un très bon niveau... même si l'amortissement nous a paru moins convaincant que lors des précédents essais. Le tarif reste en revanche élevé pour la catégorie, même si ses émissions de CO2 plutôt contenues valent à la Peugeot un malus relativement digeste : 1 373 €.
points fortsPolyvalence, performances élevées, freinage puissant et endurant, présentation toujours dans le coup, équipement complet.
points faiblesAgrément mécanique en retrait, tarif élevé, sonorité moteur quelconque.
15.8

20
Les chiffres
Prix 2018 : 38 900 €
Puissance : 263 ch
0 à 100km/h : 6s
Conso mixte : 6.5l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 17/20
Sécurité active et passive : 19/20
Confort et vie à bord : 17/20
Budget : 15/20

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