Essai CITROEN DS4

Jean-François Destin le 23/05/2011

La Citroën DS4 arbore sous une belle silhouette de coupé 4 portes un tempérament dynamique propre à concurrencer les rivales "Premium" allemandes.

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Présentation

Alors que la DS3 est perçue comme une simple variante ludique de la C3, la Citroën DS4 prend ses distances avec la C4. Citroën a même fait très fort en sacrifiant presque tout au design. A commencer par l'accès à l'arrière et cette impression d'avoir le plafond sur la tête en s'installant à bord. La marque a voulu proposer une berline aux allures de coupé surélevé allant même jusqu'à dissimuler les clenches des portes arrière. Un pare-brise panoramique mordant sur le pavillon ne rassurera pas complètement les claustrophobes d'autant que les vitres arrière sont fixes ! Ces inconvénients tiennent à des dimensions franchement rognées par rapport à celles, généreuses, de la C4. Une réduction dictée par l'harmonie de la carrosserie parait-il mais selon nous pour contenir aussi le poids et le prix de revient.

Le résultat dépasse en tous cas toutes les attentes. La Citroën DS4 est de loin la plus séduisante compacte du marché. La mise en scène du double chevron s'insérant à la pointe du capot, l'original travail de sculpture sur les passages de roues, l'arrière bien emballé au dessus du diffuseur chromé confirment l'inspiration du centre de style Citroën. Au diapason, l'habitacle se révèle très soigné et assorti de notes sportives. Côtés moteurs, Citroën mise sur le diesel (110 et 160 chevaux) mais profite aussi de ses accord avec BMW pour proposer en essence une performante version THP 200 chevaux (235 km/h et 7,9 secondes au 0 à 100 km/h). Une cavalerie que le train avant a du mal à canaliser à rythme soutenu. Cette faiblesse ne remet pas en cause la rigueur du châssis assurant confort et comportement dynamique. Les prix oscillent de 21.300 à 29.800 €.

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Design extérieur et intérieur

C'est peu dire que la Citroën DS4 se distingue du paysage automobile traditionnel. Surélevée sans être haute sur pattes, dissimulant habilement ses portes arrière, elle aguiche avec classe et élégance mais sans ostentation. A l'avant, l'énorme calandre semble s'inspirer du "single frame" d'Audi, la réinterprétation chromée du double chevron faisant la différence. L'arrière très profilé avec son becquet dans le prolongement de l'arche de toit intègre un subtil dessin de feux. Un jonc chromé reliant les deux échappements assure une touche élégante à l'œil. A noter aussi le modelé du bouclier arrière. De profil se remarque l'innovant pli reprenant le galbe des passages de roues pour venir s'insérer à la pointe du dessin des feux. Les flancs, travaillés à l'emboutissage créent des jeux de lumière et une ceinture chromée entoure les vitres latérales teintées. Notre THP 200 était également équipée de magnifiques jantes de 19 pouces facturées seulement 500 € en option.

Recevant un traitement réellement haut de gamme avec une sellerie cuir "pleine fleur" intégrale (+2000 €), l'habitacle fait référence dans la catégorie par son ergonomie, sa finition et son raffinement du détail. Le chrome est omniprésent (autour des buses de ventilation, sur le volant aplati à sa base et sur la console centrale) et le pédalier est évidemment en aluminium troué. Les sièges avant en tous points satisfaisants ont droit à une confection à la main évoquant les maillons d'un bracelet montre. Etriqué et d'accès difficile, l'arrière manque de place aux jambes et l'embarquement d'un 5ème passager sera problématique. La capacité du coffre transformable atteint 359 dm3 mais le seuil de chargement est bien trop élevé. Quant au pare-brise panoramique étendu très haut sur le pavillon il partagera les avis car il génère autant d'avantages que d'inconvénients.

Châssis et moteur

Atypique dans sa présentation, la Citroën DS4 se veut différente sur la route pour intéresser les clients à la recherche de partis-pris forts. On verra plus loin les raisons de ce choix qui a nécessité la réunion de composants réservés d'ordinaire à des modèles de catégorie supérieure. Citons une suspension pseudo Mac Pherson à l'avant, un train arrière à traverse déformable et un ensemble ressorts/amortisseurs/barres anti-roulis raffermi. Si on ajoute comme sur notre THP 200 des jantes de 19 pouces équipées de pneus de 225/40, on comprend pourquoi la DS4 reste scotchée au sol en toutes circonstances. La direction bénéficie d'une assistance électro-hydraulique finement paramétrée et le freinage de disques de grand diamètre (340 mm à l'avant et 280 mm à l'arrière). L'arsenal électronique d'assistance à la conduite affiche complet avec le répartiteur de freinage, le contrôle de traction adaptatif et un ESP discret et jamais intrusif durant notre essai.

Les moteurs de la Citroën DS4 sont tous connus. Le gros des ventes se fera à partir des motorisations diesel filtre à particules de 110 ou 160 chevaux répondant à la norme EuroV. En essence, le client aura le choix entre le VTI maison de 120 chevaux et le 1600 cm3 THP en 155 et surtout 200 chevaux (la motorisation que nous avons pu tester). Elaboré en coopération avec BMW, le THP illustre le "downsizing" exigé par la réduction de la consommation et des rejets polluants. Il réunit un turbo "Twin-Scroll", une injection directe, le calage variable de l'arbre à cames, la levée variable des soupapes et une pompe à huile pilotée. Une technologie de pointe expliquant sa souplesse, sa pêche au dessus de 4000 tours et un bruit agréable dû à un clapet spécial sur la tubulure d'admission. Les performances se passent de commentaires : 235 km/h en pointe et un 0 à 100 km/h en 7,9 secondes. Le bilan énergétique aussi avec 9 litres réels aux cent et 149 grammes de CO2 seulement à l'échappement.

Sur la route

En se glissant derrière le volant de la Citroën DS4, on fait deux découvertes. La première concerne la qualité perçue et réelle de l'habitacle jamais offerte à ce niveau par Citroën, la deuxième cette impression d'avoir le pavillon sur la tête sans pour autant bénéficier vraiment d'une posture en hauteur comme l'affirme Citroën. Ce manque d'espace explique la présence d'un pare-brise panoramique montant très haut sur le toit pour apporter un peu de clarté. Fort heureusement, deux occultants amovibles peuvent ramener le pare-brise à une dimension normale pour combattre par beau temps la chaleur et l'éblouissement. Au demeurant, ils redescendent tout seul au moindre coup de frein sec. Au volant, le potentiel dynamique de la Citroën DS4 THP 200 s'exprime immédiatement. La sportivité a présidé à toutes les validations des techniciens. Qu'il s'agisse de la direction d'une grande précision, du freinage très suffisant aux allures rapides et surtout d'un moteur BMW/PSA réactif et tonique à haut régime.

Mais le plus bluffant concerne les réglages des trains roulants et la docilité du châssis. Alors que notre Citroën DS4 était équipée de roues de 19 pouces souvent préjudiciables au confort, elle s'est révélée très bien suspendue, agile et résistante aux phénomènes de roulis sans chahuter les occupants. Du beau travail. En revanche, à l'attaque des lacets montagneux autour de Montserrat, la DS4 a montré ses limites. Il faut moduler les accélérations en virage pour éviter les effets de couple dans le train avant et composer avec une commande de boite accrocheuse et peu rapide. La conduite devient heurtée et décevante alors qu'au même rythme et sur le même terrain une Golf GTI avec sa boite à double embrayage (non disponible chez Citroën) imposerait sa motricité, son efficacité et son aisance. Il faut néanmoins tempérer cette faiblesse car la majorité des acheteurs ne taquineront pas les limites d'une Citroën DS4 au final atypique mais très attachante.

À retenir

Avec 90.000 DS3 vendues en 13 mois dont 1/3 en finition supérieure "Sport Chic", Citroën a magistralement réussi l'introduction de sa nouvelle ligne DS (Distinctive Serie), 58% des acheteurs n'ayant jamais acheté une Citroën auparavant. Qu'en sera-t-il, fin mai, avec la DS4 qui, cette fois, entend s'attaquer à des icônes de l'industrie étrangère comme la Golf GTI, l'Audi A3 Sportback et l'Alfa Giulietta ? l'avenir le dira. Pour la marque aux chevrons qui estime ce deuxième pari plus risqué que le premier, il fallait cette fois proposer un produit décalé, innovant, bien construit et séduisant tout en restant dans une tranche de prix égale ou légèrement inférieure à celle de la concurrence. Bien aidée par une image de marque Citroën en hausse constante, la DS4 devrait se tailler la part du lion. Et ce, sans jeu de mots, même si elle risque de prendre aussi des clients à Peugeot. Les témoins de notre essai à Barcelone et ses alentours en témoignent, sa silhouette fait l'unanimité et son dynamisme, ses qualités routières et son confort entretiendront le bouche à oreille. Sans parler du soin apporté à sa finition et à son lot d'équipements. La DS4 apparaît comme une petite DS5 (le troisième volet de la saga) qui vient d'être présentée au Salon de Shanghai et confirme la pertinence de Citroën quant aux moyens détournés pour retrouver le vrai haut de gamme d'antan.
points fortsDesign très inspiré, finition de l'habitacle, agrément moteur, comportement routier, confort étonnant, direction, freinage.
points faiblesQuelques effets de couple dans le train avant (200 ch), commande de boite, accès à l'arrière, habitabilité arrière, vitres arrière fixes, seuil d'accès du coffre, visibilité, rayon de braquage, cadrans trop encastrés et illisibles par beau temps.
13.9

20
Les chiffres
Prix 2011 : 34 700 €
Puissance : 200 ch
0 à 100km/h : 7.9s
Conso mixte : 6.4l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 14/20
Sécurité active et passive : 16/20
Confort et vie à bord : 13/20
Budget : 13/20

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Avis des propriétaires

Commentaires

avatar de phil017
phil017 a dit le 25-05-2011 à 17:34
Je vous trouve bien indulgent...Affirmer que "la Citroën DS4 est de loin la plus séduisante compacte du marché" est faire beaucoup d'honneur à un style clinquant et surchargé en chrome qui veut "en donner pour son argent" (et impressionner les Chinois?) avec un avant un peu torturé et un style de coupé/crossover haut sur pattes un peu bizarre. Et les vitres AR non-ouvrantes avec absence d'aération interne sont difficilement acceptables, même pour un "coupé 4 portes" (baptisé ainsi parce qu'il n'a pas de poignées de portes AR- voir Alfa Romeo sur le même sujet). On est assez loin de la rigueur élégante de la Golf ou du style sensuel de la Giulietta (par ailleurs, pour cette dernière, je doute que les trains roulants très performants car basés sur une plateforme 100% nouvelle, aient beaucoup à envier à la DS4, contrairement à votre affirmation un peu gratuite)
avatar de Leqc
Leqc a dit le 25-05-2011 à 12:18
Comparant la DS4 (avec ses plastiques durs qui voudraient se faire passer pour de l'alu, l'accès difficile à l'arrière avec ses glaces fixes d'un autre âge, son petit coffre, boîte accrocheuse et peu rapide etc) et une véritable premium allemande comme l'Audi RS3 (aux 4 places confortables et d'accès aisé, sa fintion exemplaire et son très grand coffre, sa tenue de route 4 roues motrices extra-ordinaire en tout temps, etc...) DS4 la plus performante - « La sportivité a présidé à toutes les validations des techniciens »!?! dixit l'auteur de l'essai (avec le moteur BMW 200 ch, cavalerie que le train avant a du mal à canaliser ): 235 km/h et 7,9 sec o à 100 km/h Audi RS3 (4 roues motrices, tenue de route au top en toute circonstance, boîte de vitesse: un régal): 340 ch (450 Nm de 1600 à 5300 tr/min) et 0 à 100 km/h en 4,6 sec et vitesse bridée électroniquement à 250 km/h, débridé 315 km/h. Les performences se passent sans commentaire...