Essai ALFA ROMEO Giulietta QV 235ch

David Lamboley le 23/06/2011

La nouvelle Giulietta Quadrifoglio Verde fait revivre une griffe mythique. Elle se veut sportive, certes, mais aussi éco-responsable. Voyons si ce cocktail n'est pas trop vert…

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Présentation

Le nouveau fer de lance de la gamme Giulietta se distingue par un look plus sportif. La présence de quelques appendices supplémentaires n'altèrent en rien une ligne superbe, musclée, différenciante, en un mot très latine. Les puristes de la marque, eux, remarqueront sans coup férir le fameux trèfle à quatre feuilles ornant les ailes avant. Synonyme de sportivité, cette appellation s'est pourtant quelque peu émoussée avec le temps et se veut désormais aussi éco-responsable. L'Alfa Romeo Giulietta Quadrifoglio Verde millésime 2011 dispose en série du pack Sport avec pédalier en aluminium, sièges en cuir et tissu et touches d'aluminium ci et là.

Concernant les équipements remarquables, notons le système DNA, qui permet de personnaliser la voiture selon trois modes. On peut par exemple modifier les paramètres de réactivité de la mécanique, avec un effet overboost augmentant le couple maximum. Pour le reste, nous avons affaire à une berline familiale plutôt spacieuse et confortable, mais à 32 500 euros, elle n'est pas donnée… Car sous le capot, le downsizing a frappé à nouveau, avec toujours pour objectif d'abaisser les consommations. Plus de 6 cylindres atmosphérique au programme, mais un 4 cylindres « vert » de 1750 cm3. Disposant d'une injection directe et d'un turbocompresseur, il développe 235 ch se veut plus économique à la pompe que les regrettés V6 de la marque. Seul hic, ce trèfle-là n'offre pas un châssis très sportif. Les Alfistes, plus que les autres, regretterons ce manque de dynamisme par rapport à la concurrence.

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Design extérieur et intérieur

C'est avec une relative discrétion que cette Alfa Romeo Giulietta musclée affirme son tempérament. Le châssis rabaissé de 10 mm, les jantes de 17 pouces, voire 18 en option, ainsi que les jupes latérales permettent toutefois de la distinguer des autres Giulietta plus sages. L'ajout de gros logotypes en plastique un peu kitsch sur les ailes avant -nous parlons bien sur du trèfle à quatre feuilles- permet finalement d'en avoir le coeur net : nous avons bien affaire à la version haut-de-gamme Quadrifoglio Verde. Pour le reste, c'est-à-dire la ligne générale, avouons que cette robe sculpturale, ces surfaces tantôt concaves, tantôt élancées, la calandre en écusson, l'absence de poignée apparente à l'arrière ou les optiques rappelant les Maserati en font une berline compacte remarquable et différenciante, à l'image d'une autre Italienne du même tonneau, la Lancia Delta.

Ce design fort, on le retrouve également à l'intérieur, avec des notes sportives très affirmées : les sièges, la planche de bord, le bloc d'instruments et les cadrans ronds forment un ensemble moderne et dynamique, mais peut-être un peu « too much ». On se demande finalement comment cet ensemble sera perçu dans quelques années… Enfin, en termes de qualité des matériaux, ce n'est pas encore ça. Rien de catastrophique, mais certains plastiques sont indignes d'une berline haut-de-gamme ou se définissant comme telle. Même chez Volkswagen, c'est beaucoup mieux…

Mécanique, châssis

Basée sur une plate-forme annoncée comme nouvelle (bien que proche de celle de la Delta), l'Alfa Romeo Giulietta tente de marier le confort et la sportivité, contrairement à son ancêtre la 147 GTA, plutôt brute de décoffrage mais tellement enivrante avec son V6 3.2 litres atmosphérique de 250 ch. Aujourd'hui, l'électronique est mise à contribution pour gagner en homogénéité à travers le sélecteur DNA. Il s'agit d'un système permettant de modifier les paramètres de fonctionnement du moteur, de la direction, du différentiel électronique Q2 et du contrôle de stabilité.

Côté moteur, le downsizing est spectaculaire si on le rapporte à la puissance. Avec une cylindrée fort réduite (1742 cm3), mais avec l'aide d'une injection directe, d'un déphaseur d'arbres à cames à l'admission et à l'échappement, sans oublier un turbocompresseur, les motoristes tirent 235 ch et 340 Nm tout en limitant la casse en termes de consommation. Mais avouons que les 10,8 litres aux cent kilomètres revendiqués en conso urbaine ne font pas bonne figure pour une auto qui se veut « verte ». Cependant, la consommation mixte reste sous la barre des 8 litres sur le papier, et plutôt 10-11 litres « dans la vraie vie » et en conduisant de façon normale. Bref, passer du 6 au 4 cylindres permet, c'est vrai, de gagner en conso et en rejets polluants, et ainsi de respecter les normes européennes de plus en plus contraignantes. Pour le reste, c'est-à-dire les sensations, nous sommes loin du plaisir procuré par un V6 3.2 litres atmosphérique…

Sur la route

Il faudra se faire une raison : le downsizing n'a pas que du bon, même lorsqu'il est griffé Quadrifoglio Verde. Certes, ce 1750 cm3 a du répondant et permet de bonnes relances et des accélérations plutôt vives. Le 0 à 100 km/h revendiqué en 6,8 secondes (soit un dixième de mieux que la Volkswagen Golf GTI 210 ch) en atteste. Mais les montées en régimes assez laborieuses, l'effet turbo lissé et les régimes de rotation dignes d'un moteur diesel démontrent que la raison et le plaisir ne sont pas toujours compatibles. Sorti de son contexte, c'est-à-dire en oubliant le modèle qu'il tracte et le logo mythique qui s'y rattache, ce bloc est pourtant tout à fait recommandable. A bord d'une berline sportive, il l'est beaucoup moins…

Ce manque de panache n'est pas la seule ombre au tableau. Car côté châssis, là aussi, nous avons un peu de mal à avaler la pilule Quadrifoglio Verde. Certes, la plus puissante des Giulietta est une auto plutôt saine, confortable et sans histoires à vitesse raisonnable. Mais lorsque le rythme se fait plus pressant, le comportement se dégrade et le trèfle s'étiole : suspension mal accordée, mollesse en compression, lourdeur du train avant, motricité aléatoire en relance en courbes… Ah, mais où avions nous donc la tête ? Pourquoi forcer la Giulietta Quadrifoglio Verde à endosser un rôle qu'elle ne tient apparemment pas à jouer ? Non, la sportivité n'est pas son fort, et on se demande même s'il n'y a pas usurpation d'identité…

À retenir

Par rapport à la génération précédente, autrement dit l'Alfa 147, les progrès en homogénéité sont sensibles. Mais cette Giulietta Quadrifoglio Verde se devait d'en offrir plus à tous les passionnés de la marque. Avec un tel niveau de puissance et lorsqu'on utilise une telle appellation, la sportivité doit être au rendez-vous. Là, clairement, ce n'est pas le cas. Il nous reste à apprécier le style, le confort et tous les aspects familiaux de cette jolie berline atypique…
points fortsStyle, confort, équipement
points faiblesSportivité absente, moteur sans panache, châssis dépassé en conduite sportive
13.7

20
Les chiffres
Prix 2011 : 32 500 €
Puissance : 235 ch
0 à 100km/h : 6.8s
Conso mixte : 7.6l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 13/20
Sécurité active et passive : 17/20
Confort et vie à bord : 13/20
Budget : 13/20
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Avis des propriétaires

Commentaires

avatar de bautzen
bautzen a dit le 08-02-2013 à 05:01
Le V6 était le meilleur, mais cette QV est belle, merci Roméo.
avatar de DOMCOUD
DOMCOUD a dit le 20-07-2012 à 22:19
D'accord avec l'ensemble des contradicteurs; Une alfa n'est pas une auto ordinaire, au delà d'un déficit éventuel de performance, à justifier d'ailleurs, rouler en giuletta, c'est rouler différent, c'est faire perdurer l'originalité, c'est disposer d'un "beau" véhicule, charmeur et séduisant et puis quelle singularité, une carrosserie blanche avec des sièges en cuir rouge!!!!!!!!!
avatar de phil017
phil017 a dit le 26-12-2011 à 08:56
...en retombant après quelques mois sur ce passionnant article, dont je n'avais pas vu la video: passons sur les "Mama Mia!", "Chè bella machina!!" et autres contorsions du rédacteur qui s'est à l'évidence raté sa vocation comique incontestable pour trouver un successeur au talentueux Aldo Malchionne, mais posons juste une question, avec la recul du temps, puisque le reproche fait à la QV ("forcément ça énerve les Alfistes") est d'avoir abandonné le V6 Alfa: où sont les compactes premium sportives de nouvelle génération avec des 6 cylindres? Chez BMW (série 1 et 3)? Chez Citroën (Future DS4 Sport)? Chez Mercedes (future série A?) Chez Audi (future A3)? Enervant tout ça!
avatar de Gaudin
Gaudin a dit le 30-06-2011 à 10:38
Bonjour, Qu'est-ce qu'une voiture ? Un engin de transport ou un objet de sport ? Souvent un mélange des deux et le compromis satisfait imparfaitement le conducteur, sauf s'il répond à son voeu. Pour transporter 5 personnes, dans de bonnes conditions de sécurité tout en me faisant plaisir j'ai utilisé une Laguna 3 GT (205 CV). Voulant la donner à mon fils, j'ai craint qu'il ne voit en elle que le coté ludique. Je l'ai échangée contre une mazout...plus
avatar de Racoon
Racoon a dit le 30-06-2011 à 00:14
J'ai eu l'occasion d'essayer cette Giulietta dans plusieurs versions, dont cette Quadrifoglio. Je rejoins l'avis de dlambo : le compte n'y est pas. C'est clair, ça pousse, ça roule vite, le châssis est plutôt bien équilibré et amorti. Mais l'électronique bride le plaisir, le moteur est atone et au final le caractère absent. Il n'y a pas si longtemps, j'avais une 147 1.6 TS, pourtant bien modeste avec ses 120 petits chevaux. Mais elle dégageait quelque chose, et pas seulement sur le plan esthétique. Le moteur avait du caractère (zone rouge à 7 000 tr/min), une sonorité plaisante, la direction incisive était une merveille de clarté et l'équilibre franchement agile, sans ESP castrateur ni DNA 100% marketing. L'amortissement n'était pas parfait, la commande de boîte était pourrie, l'habitabilité très moyenne (notamment côté coffre), certains détails de finition étaient moyens. Mais je lui pardonnais, car elle avait du caractère. Un caractère qui fait cruellement défaut à la Giulietta.