Essai ALFA ROMEO Giulietta QV 240ch

Vincent Desmonts le 24/11/2014

La Giulietta Quadrifoglio Verde reçoit le moteur et la boîte à double embrayage de la sportive Alfa 4C. Suffisant pour redonner du charisme à cette GTI transalpine ?

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Cœur vraiment sportif ?

Le segment des compactes sportives est en pleine effervescence, avec une Volkswagen Golf GTI rajeunie, une Seat Leon Cupra plus affûtée que jamais et, plus récemment, une Renault Mégane R.S. qui a fait l'actualité en décrochant un nouveau chrono record sur le circuit du Nurburgring. Du coup, on avait fini par oublier qu'Alfa Romeo proposait, lui aussi, sa GTI : la Giulietta Quadrifoglio Verde. Un trèfle à quatre feuilles qui porta longtemps bonheur en compétition à la firme au Biscione, mais qui n'a pas vraiment servi de talisman pour la gamme actuelle. En effet, les MiTo et Giulietta QV se font bien rares sur nos routes. C'est pourquoi elles ont toutes deux bénéficié cette année d'évolutions techniques. Sur la Giulietta, cela se traduit avant tout par l'adoption du moteur 1 750 turbo apparu sur la très radicale Alfa 4C. Évolution du groupe motopropulseur précédent, ce 1 750 TBi bénéficie désormais d'un bloc en aluminium, qui permet de gagner 22 kilos, et d'un turbocompresseur revu. Le gain en termes de puissance est modeste : la Giulietta Quadrifoglio Verde passe de 235 à 240 ch, tandis que son couple maxi reste inchangé, à 340 Nm (et seulement 300 lorsque le sélecteur de mode de conduite DNA est réglé sur les modes « Natural » ou « All weather »). L'autre changement, c'est le remplacement de la boîte manuelle à 6 rapports par la transmission à double embrayage à sec Alfa TCT. Outre un mode automatique, celle-ci offre une anecdotique fonction « launch control » !

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Plus de caractère...

Dès les premiers tours de roue, ce n'est pas la poignée de chevaux supplémentaires (à peu près indécelable) que l'on note, mais le changement du caractère mécanique. Moins linéaire que par le passé, le 1 750 TBi est désormais plus vivant. Il gratifie le conducteur d'un grognement qui, s'il n'est pas des plus mélodieux, a au moins le mérite de rappeler que ce n'est pas encore un moteur électrique qui officie sous le capot. Officiellement, le nouveau bloc a permis de gagner quasiment une seconde pleine sur le 0 à 100 km/h (6 s contre 6,8), un chiffre qui paraît cependant assez optimiste. Hélas, le constructeur italien s'est également avisé de raffermir les suspensions, qui ont perdu leur moelleux et trépident désormais à basse vitesse. Dommage pour la polyvalence ! D'autant plus que la boîte TCT, même si elle est loin d'être parfaite (elle souffre de quelques à-coups, hésite souvent entre deux rapports, réagit parfois à contretemps), a le mérite de rendre plus supportables les embouteillages et la conduite quotidienne en ville. Et il faut reconnaître que c'est dans ce rôle de compacte stylée et dynamique plus que réellement sportive que la Giulietta Quadrifoglio Verde est le plus à l'aise. Car s'il vous prend l'envie de hausser le rythme sur une petite route de campagne, vous risquez d'être déçu. D'abord par la direction électrique qui offre une assez bonne précision mais informe mal sur le niveau de grip disponible. Ensuite, par la motricité facilement mise à mal par l'énergie du 1 750 TBi nouvelle formule. Enfin, par l'amortissement mal maîtrisé, qui autorise des mouvements de caisse trop importants. Les rivales directes, que ce soit la Seat Leon Cupra 265 ch ou la Volkswagen Golf GTI 220 ch, sont nettement plus rigoureuses, incitant le conducteur à profiter de leur châssis mieux réglé.

...mais à quel prix !

Voilà donc une occasion manquée pour Alfa Romeo de proposer une compacte sportive digne de l'héritage de la marque ! Heureusement, la Giulietta QV pourra compter sur d'autres arguments que ses performances pures ou l'efficacité de son châssis pour séduire. D'abord, elle reste l'une des plus élégantes de sa catégorie, avec sa belle calandre chromée, ses formes opulentes et son postérieur rebondi. Elle se distingue des autres versions par ses trèfles sur les ailes, ses coques de rétroviseurs façon aluminium, des optiques avant à fond sombre, des étriers de freins rouges, ou encore des jantes en alliage de 17 ou 18 pouces (comme sur notre modèle d'essai). Dans l'habitacle, si la présentation pèche par quelques matériaux d'une qualité douteuse, on apprécie l'ergonomie de l'écran tactile désormais de série. La Giulietta reste cependant peu spacieuse pour la catégorie : les places arrière sont guère accueillantes pour des personnes de grande taille, tandis que le coffre offre un volume, assez moyen, de 350 dm³. Enfin l'équipement n'est pas très généreux, puisqu'il faudra mettre la main au portefeuille pour enrichir la dotation de base des phares bi-xénon (1 000 €), de la sellerie cuir intégrale (750 €) ou du système audio Bose (700 €). Pire : la fonction de navigation avec cartographie pour toute l'Europe est facturée 1 000 € ! Sans parler de la superbe peinture perlée triple couche Rouge 8C, proposée la bagatelle de... 2 500 €. Prix catalogue d'une Giulietta QV équipée comme la « notre » : 41 500 €. Une belle somme pour une auto certes élégante, mais loin d'être parfaite.

À retenir

Avec son moteur remanié, l'Alfa Romeo Giulietta Quadrifoglio Verde a gagné en personnalité, ce dont personne ne se plaindra. Dommage qu'elle n'ait pas progressé dans le même temps en rigueur de comportement ! Car au tarif auquel la belle Italienne s'affiche, on peut se permettre d'être exigeant...
points fortsStyle, ambiance intérieure, caractère mécanique plus affirmé, sonorité pas déplaisante, écran tactile bien conçu.
points faiblesChâssis peu sportif, tarif élevé, options chères et trop nombreuses, boîte un peu trop lente, suspensions fermes à basse vitesse, habitabilité moyenne, finition perfectible.
13.3

20
Les chiffres
Prix 2014 : 34 400 €
Puissance : 240 ch
0 à 100km/h : 6s
Conso mixte : 7l/100
Notre avis
Agrément de conduite : 13/20
Sécurité active et passive : 15/20
Confort et vie à bord : 12/20
Budget : 9/20
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Avis des propriétaires

Commentaires

avatar de steeves
steeves a dit le 30-11-2014 à 07:40
c'est dommage ,mais Alfa Roméo a perdu son âme ,malgré une carrosserie réussie le comportement routier n'est pas a la hauteur des attentes des Alfistes et la Guilietta ne peut pas se comparer a ses concurrentes européennes ,je n'ai pas encore essayé la version que vous avez testé mais votre analyse est exactement ce que je pense de la version actuelle ,Alfa qui rêve de devenir la BMW italienne en est encore très loin à mon humble avis !